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Le débat du PS hanté par le quinquennat Hollande

Ce mercredi soir, les quatre candidats à la direction du PS débattaient sur LCI et RTL pour éclairer les électeurs socialistes sur la ligne qu’ils défendent. Avec toujours au centre de leurs querelles, le rapport au dernier mandat socialiste et à la majorité actuelle.

Le PS avait promis des thématiques de fond pour repenser la future ligne du parti, affaibli depuis l’échec des élections de 2017, dans le débat télévisé diffusé ce mercredi soir. Mais les vieux démons des quatre candidats à la direction du PS ont pris le pas sur une bonne partie des discussions. Rapport au quinquennat Hollande, qui les a tend divisé pendant cinq ans, à la majorité présidentielle actuelle… l’heure était à défendre ses choix personnels, quitte à appuyer sur les failles du voisin. Si l’ex-ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a insisté sur la nécessité de se « tourner vers l’avenir », il n’a pas manqué de rappeler dès son introduction sa « fidélité à Lionel Jospin, à François Hollande » et à défendre les mesures passées à chaque début d’intervention. Première interpellation de l’eurodéputé Emmanuel Maurel qui lui rappellera que le bilan du quinquennat, qui a « déçu », est au cœur des échanges avec les militants. Il est temps, selon lui, de « tourner la page du quinquennat et des querelles » avec un « PS décomplexé ». Quant à lui, l’ancien Vallsiste Luc Carvounas, dans l’offensive tout au long du débat, se montrera agacer du rappel à son compagnonnage avec l’ex-premier ministre, renvoyant la balle à ceux qui ont un passé commun avec François Hollande (Stéphane Le Foll et Olivier Faure) et Jean-Luc Mélenchon (Emmanuel Maurel). « J’ai été loyal. Mais je n’ai pas de regrets car à chaque fois j’ai sonné l’alerte » en interne, a appuyé le président du groupe Nouvelle gauche à l’assemblée Olivier Faure, le moins à l’aise dans l’exercice. Le débat sur les effets du CICE a cristallisé à lui tout seul les divisions : quand les « deux jumeaux » du Hollandisme, selon la formule de Luc Carvounas, ont appelé à un inventaire « objectif » sur cette question, les deux autres ont rappelé le cas de Carrefour, qui a bénéficié de cette mesure.

La question de la position du PS vis-à-vis de la majorité présidentielle, depuis l’élection d’Emmanuel Macron, a elle-aussi montré quelques crispations. Si Emmanuel Maurel vante une « opposition frontale » à un homme qui est « aussi la créature (d’un PS) qui s’en mord les doigts », il s’écharpera avec un Stéphane Le Foll qui refuse cette idée, fidèle à sa conception d’une opposition « constructive » : « Le problème c’est de trouver des adjectifs. Quand on parle de la droite, on est dans l’opposition, point barre », lui répond l’eurodéputé. Luc Carvounas intervient, à l’adresse du Hollandais : « Sur le vote de confiance, tout était dans le discours d’Edouard Philippe. On aurait dû voter contre ! » Car, l'intéressé s’était abstenu, dans une « ambiance à couper au couteau » au sein du groupe socialiste, rappelle Olivier Faure. « Désolé Stéphane et Olivier mais la synthèse molle, on a vu où ça nous a mené », lâche Luc Carvounas. Stéphane Le Foll souffle. Le premier se verra rappeler ses fluctuations d’opinions, par Emmanuel Maurel, qui se dit, lui, « sincère » : « Sincère, c’est aussi reconnaître qu’on s’est trompés », lui répond le premier agacé.

Vient la question des alliances. Si Luc Carvounas défend une « gauche arc-en-ciel », évoquant son expérience sur le terrain local, Emmanuel Maurel a réaffirmé qu’il laisse la porte ouverte à Jean-Luc Mélenchon car « ce qui est de gauche ne (lui est) pas étranger ». Olivier Faure rappelle surtout que « la question se pose à Jean-Luc Mélenchon, qui dit qu’il veut (les) remplacer ». Cette même gauche se retrouvera probablement dans la rue le 22 mars. Quand Emmanuel Maurel y voit le moyen pour la gauche de défendre des valeurs communes pour la fonction publique, Stéphane Le Foll, réfractaire en général à l’idée que le PS batte le pavé, se verra obliger de répondre à l’interpellation de son concurrent : « Oui, je peux aller manifester... si c’est unitaire. »

Audrey Loussouarn


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