Dogan Presse Agence France | Actualite | Politique | Journal
 


'Macron finira comme Matteo Renzi'

Pour le président du mouvement gaulliste Union des jeunes pour le progrès (UJP), Ferréol Delmas, la volonté d'Emmanuel Macron de rassembler droite et gauche le condamne, comme son alter ego italien Matteo Renzi, à enchaîner les coups de com' sans résultats.

Matteo Renzi était surnommé Il Rottamatore (« Le démolisseur »), en référence à sa volonté d’envoyer la vieille classe dirigeante italienne à la casse. L’ancien président du Conseil italien avait démarré son mandat en 2014 en trombe. Plein de fougue, de jeunesse, il arrivait après les nombreuses affaires de Sylvio Berlusconi, et devait réformer son pays en profondeur. Comme le rappelle Les Echos, l’Italie « n'avait pas connu depuis l'irruption de l'entrepreneur milanais un tel vent d'optimisme et d'espoir ». Ce dernier avait promis une réforme par mois pour sortir Italie de l'immobilisme. Libéralisation du marché du travail, simplification de la justice et de l'administration publique, modernisation de l'école, réforme institutionnelle voilà le programme de Matteo Renzi. Ne laissant personne indifférent, il était loué pour ses qualités de volontarisme, de pragmatisme et d'opportunisme pour mener à bien les réformes. Il vantait « l'Italie qui gagne et repart » et n’hésitait pas à utiliser un certain franc parler pour arriver à ses fins.


D'un point de vue purement politique, il était issu de la gauche mais s'attaquait avec virulence aux marqueurs de son camp afin de séduire la droite, qui est rapidement revenue dans le giron berlusconien. Macron serait-il le Renzi français ? La ressemblance entre les deux hommes est frappante : volonté de dépasser les clivages, goût immodéré pour la com’, volontarisme européen... D’ailleurs, le second ne tarit pas d’éloge sur le premier. « Macron a très bien commencé» dit le « démolisseur ». Il a effectivement bien commencé, mais le tournant que prend son quinquennat, un an après les présidentielles peut laisser penser qu’il est en voie de devenir notre Matteo Renzi national. Décrié pour son absence de sensibilité, le président du Conseil italien avait, en effet, enchainé les effets de com’ faisant apparaître de biens timides résultats. Celui qui devait réformer la botte européenne a « envoyé son pays dans le mur », comme le souligne le journaliste Dominique Dunglas.

Aujourd’hui l’Italie n’est plus qu’un chaos politique. Après une cuisante défaite lors du référendum sur les institutions, les dernières élections placent les deux formations populistes en tête avec plus de 70 pourcents des suffrages. Si la France n’est pas l’Italie, et si le mode de scrutin est bien différent dans notre pays, empêchant à priori l’instabilité parlementaire, la politique macronienne peut avoir très rapidement un effet boomerang. Brouiller les cartes, piétiner les corps intermédiaires, jouer la France des villes contre la France rurale et périurbaine ne peut que troubler les consciences. Déjà la violence de l’extrême-gauche dans les rues de Paris d’une part, le réveil des mouvements identitaires de l’autre peuvent poser question pour les quatre années à venir du quinquennat.

Tous les présidents finissent impopulaires, c’est le lot du pouvoir. « Gouverner, c’est mécontenter » disait Anatole France, « aucun roi de France n’aurait été réélu au bout de sept ans » disait également Valéry Giscard d’Estaing. Macron n’y coupera pas. En voulant rassembler droite et gauche dans un grand parti central, le Président de la République prend ainsi le risque de laisser la place aux populismes le jour où le château de cartes s’écroulera. Chercher à affaiblir les partis traditionnels est dangereux sur le long terme. Si le pari semble plus ou moins réussir pour l’instant, que se passera-t-il si « Jupiter » tombe lui aussi à son tour ? Quelle sera l’alternative si ce n’est des partis radicaux, ces derniers n’hésitant déjà pas à faire la « fête à Macron ». En outre, la mise en place de la proportionnelle lors des prochaines élections législatives n’est qu’un moyen supplémentaire dans la tentative d’étouffer les formations politiques classiques.

Il peut sembler difficile de rester chez les Républicains quand le président reprend une grande part du programme de François Fillon. Il peut sembler difficile de rester fidèle à sa famille politique quand l’exécutif vante « les racines de la France » et loue l’héritage chrétien. Mais face aux sirènes de La République en Marche, la droite doit rester soudée, en n’oubliant pas qu’à l’image du feu RPR, elle doit défendre la France des oubliées.


:

Photos de l'article

Video de l'article

Articles similaires

 

France

Politique

Economie

Jeunesse

Culture

Technologie

Cinema Guichet

  • Un Profil pour deux

    Un Profil pour deux

    vu 856 fois
    Comédie, Romance (1 h 40 min)
    Sortie le 12 avril 2017
    Réalisateur : St&eacut
  • Boule & Bill 2

    Boule & Bill 2

    vu 952 fois
    Comédie (1 h 20)
    Sortie le 12 avril 2017
    Réalisateur : Pascal Bourdiaux
  • Fast & Furious 8

    Fast & Furious 8

    vu 1561 fois
    Action, Thriller (2 h 16)
    Sortie le 12 avril 2017
    Réalisateur : F. Gary Gray

Valence ville

Drome

SPORT

Sante

Vidéos les plus vues

Monde

LE TOP 6 DES ARTICLES