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Les médicaments anti-Alzheimer ne sont plus remboursés depuis ce mercredi

Les 4 médicaments existants ne sont plus pris en charge en raison de leur manque d’efficacité. Une décision qui fait débat.

Ils étaient dans le viseur des autorités sanitaires depuis plus de dix ans, ont échappé au déremboursement sous la gouvernance de l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine avant finalement d’être pris dans les filets d’Agnès Buzyn. Depuis mercredi 1er août, les quatre médicaments dits anti-Alzheimer (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) et leurs génériques ne sont plus remboursés par l’Assurance maladie.

Une décision annoncée fin mai par l’actuelle ministre de la Santé et actée par un arrêté publié le 1er juin au Journal officiel. Avec à la clé une économie pour la Sécurité sociale: en 2015, le montant du remboursement pour ces médicaments s’élevait à 90,3 millions d’euros. Agnès Buzyn a toutefois pris soin de préciser qu’il ne s’agissait pas d’un « sujet financier ». « C’est une décision purement médicale, avait-elle affirmé à l’antenne d’Europe 1 le 1er juin. Ces médicaments ont été évalués deux fois par la Haute Autorité de santé, et dans les deux cas les experts ont conclu qu’ils sont plus nocifs pour les patients que bénéfiques.»

Au moment de l‘arrivée des médicaments en France en 1997, ils représentaient un immense espoir pour les malades

Comment ces médicaments ainsi désavoués par la ministre de la Santé ont-ils pu obtenir le feu vert de l’Agence du médicament quelques années plus tôt? Rappelons-nous qu’au moment de leur arrivée en France en 1997, ils représentaient un immense espoir pour les malades, qui ne disposaient alors d’aucune solution pour faire face à cette maladie qui ronge la mémoire de quelque 800.000 personnes en France. Ces molécules n’avaient évidemment pas la prétention de guérir - aucun traitement ne s’est encore montré capable de le faire - mais simplement de ralentir l’évolution des symptômes.

Quelques années après leur commercialisation, des doutes concernant leur efficacité ont commencé à émerger. En 2011, après plusieurs années de recul, la Haute Autorité de santé (HAS), organisme public indépendant chargé d’évaluer les produits de santé, réexamine leur balance bénéfice/risque. Elle conclut alors que leurs effets sont «au mieux modestes», qu’il existe un risque d’effets indésirables liés aux médicaments eux-mêmes ainsi qu’aux interactions avec d’autres traitements. Les experts de la HAS évoquent notamment des troubles digestifs, cardio-vasculaires ou neuropsychiatriques.

Première conséquence: le taux de remboursement passe alors de 65 à 15 %. Les patients en ALD (affection longue durée) restent, eux, pris en charge à 100 %. En 2016, la HAS revient à la charge et se montre encore plus sévère en affirmant que ces médicaments «n’ont plus de place dans la stratégie thérapeutique». Une recommandation que n’avait pas souhaité suivre Marisol Touraine. C’est donc Agnès Buzyn, passée par la présidence de la HAS, qui a finalement sauté le pas.

Une décision mal reçue par les familles
Une décision mal reçue par les familles, mais aussi par certains professionnels de santé. «Certes, le niveau d’efficacité de ces médicaments est faible, mais il existe, souligne Serge Bakchine, professeur de neurologie au CHU de Reims et coauteur, aux côtés de près de 200 médecins, d’une tribune publiée dans Le Figaro demandant le maintien du remboursement. Quant à leur dangerosité, il y a un saut énorme entre ce qui est relevé dans la littérature scientifique et l’analyse qui en est faite. C’est une mesure non justifiée qui ne repose sur aucun argument tangible», assure-t-il. Déterminées à faire entendre leur voix, l’association France Alzheimer et plusieurs sociétés savantes ont saisi le Conseil d’État le 27 juillet afin de faire annuler cette décision.

Mais, selon la HAS, mieux vaut désormais concentrer les efforts sur une prise en charge non médicamenteuse (orthophonie, stimulation cognitive…) et sur le soutien aux aidants familiaux. La ministre l’a d’ailleurs promis, «tout l’argent qui va être économisé sera intégralement réorienté vers l’accompagnement des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer. Il n’y aura aucune économie faite sur les malades, mais ce qui compte, c’est que les malades soient bien accompagnés».

Cécile Thibert


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