Dogan Presse Agence France | Actualite | Politique | Journal
 


Turquie : appel pour les avocats emprisonnés

Lundi 10 septembre commencera au Tribunal d’Istanbul le procès des 21 avocats turcs emprisonnés depuis 350 jours. Le comité de liberté pour les avocats emprisonnés en Turquie lance un appel international afin que leurs confrères viennent les soutenir par leur présence durant cette audience.

Ils sont avocats en Turquie et détenus depuis 350 jours pour avoir défendu les valeurs de justice et de droit de l’Homme inhérente à leur serment. Le procès débutera le 10 septembre à la 37e Cour pénale d’Istanbul en Turquie.
Ils sont 21 à être incarcérés pour avoir accepté comme clients des personnes accusées de terrorisme alors que ce terme sert désormais à museler toute forme d’opposition au gouvernement d’Ankara. Depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, les prisons se remplissent de dissidents et notamment d’avocats, de journalistes, d’enseignants, de politiques ou de musiciens. La Turquie est devenue un pays où les droits de l’Hommes sont particulièrement mis en péril. La situation des magistrats et des avocats turcs est sans aucun doute l’une des pires au monde.

Membres de l’Association des juristes progressistes (Çağdas Hukukçular Derneği – ÇHD) et du Bureau de droit pour le peuple (Harkın Hukuk Bürosu - HHB), ces vingt et un avocats sont les avocats du peuple. Coupable de défendre les victimes des répressions, leur cause est celle des pauvres, des opprimés, des droits et des libertés. Leurs locaux ont été perquisitionnés. Ils ont été menacés par le gouvernement turc. Arrêtés avec l’usage de la force, emprisonnés dans sept prisons différentes et torturés pour avoir fait leur métier, ils sont assimilés à la cause de leur client.

Jusqu’au 5 septembre, date à laquelle le Tribunal pénal d’Istanbul est revenu sur sa décision, dix-sept avocats ne pouvaient pas comparaître en personne devant les juges. En effet, la Cour avait décidé d’utiliser le système de video conférence SEGBIS prétextant un manque de moyen financier pour assurer le transports des prisonniers ainsi que des difficultés à assurer un service de sécurité efficace. Les avocats avaient alors commencé une grève de la faim afin de protester contre cette décision. En solidarité avec leurs avocats, les détenus de la prison de Şakran s’étaient également mis en grève de la faim. Cette première bataille a été gagnée puisqu’ils pourront tous être présents physiquement à leur procès. Mais dans un pays où l’indépendance de la justice est en danger, ces 21 avocats turcs ont besoin du soutien de leurs pairs.

Mobilisation des confrères internationaux
Le Barreau de Paris et la Conférence des bâtonniers se sont déjà mobilisés pour leurs confrères turcs. Lors  de la visite officielle du président Turc Recep Tayyip Erdoğan en France, dans un communiqué du 4 janvier 2018, le Barreau de Paris avait demandé la libération des avocats emprisonnés, constatant que « la situation des avocats turcs et des magistrats n’a cessé de s’aggraver depuis un an, victimes d’une purge de grande ampleur au mépris de toutes les conventions internationaliste des droits les plus élémentaires ».
Le président de la Conférence des bâtonniers avait quant à lui adressé une lettre ouverte au président français, Emmanuel Macron, dans laquelle il exprimait l’inquiétude des « avocats représentés par les 163 barreaux de la Conférence des bâtonniers » face à la situation des avocats en Turquie « et face à la situation de la Justice en général, au regard de l’incarcération de pus de 2500 magistrats ».

Selçuk Kozağaçlı, président du ÇHD, reconnu au niveau international comme avocat défenseur des droits de l’homme avait reçu en 2016 le « Prix de la conférence des avocats du Bureau de Paris ». Arrêté en novembre 2017, il est poursuivi pour appartenance à une organisation terroriste. L’Observatoire international des avocats en danger (OAID) avait fermement condamné son arrestation et s’est mobilisé en sa faveur appelant les autorités turques à respecter les principes de base relatifs au rôle du barreau, adoptés en 1990 par les Nations Unies à la Havane.

Le Comité de liberté pour les avocats emprisonnés en Turquie appelle à une solidarité internationale afin de les soutenir durant l’audience du 10 septembre à Istanbul. Seule cette solidarité leur permettra d’avoir un procès équitable et de rétablir la justice dans un pays qui n’est plus un État de droit et qui bafoue les libertés fondamentales.

Béatrice Taupin
Dogan Presse Agence
www.doganpresseagence.com


:

Photos de l'article

Video de l'article

Articles similaires

 

France

Politique

Economie

Jeunesse

Culture

Technologie

Cinema Guichet

Valence ville

Drome

SPORT

Sante

Vidéos les plus vues

Monde

LE TOP 6 DES ARTICLES


siber güvenlik