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Benalla au Sénat : 'Il s'est bien payé notre fiole', raconte un parlementaire PS

Jérôme Durain, sénateur PS, revient ce 30 septembre sur l'audition d'Alexandre Benalla par le Sénat dans "L'Est républicain", et dénonce la "très grosse pression politique" qu'ont subi les parlementaires.

Alors que la commission d'enquête sénatoriale doit achever ce mardi 2 octobre ses auditions dans l'affaire Benalla, Jérôme Durain est un parlementaire presque satisfait. Le sénateur et président du groupe PS à la Région Bourgogne Franche-Comté revient dans un entretien accordé à L'Est républicain, sur l'audition très suivie de l'ancien chargé de mission à l'Élysée devant les sénateurs. S'il se félicite du travail réalisé par la commission, l'élu l'admet toutefois : "Alexandre Benalla s'est bien payé notre fiole".

Pour Jérôme Durain, l'audition du mercredi 19 septembre et plus globalement la commission d'enquête sénatoriale ont constitué une séquence importante. "Le rôle du Parlement a été revalorisé, sans doute plus au Sénat qu'à l'Assemblée", estime-t-il, affirmant que "notre démocratie a besoin de contre-pouvoirs".

"Nous avons été la cible d'une très grosse pression politique"

Des contre-pouvoirs qui paraissent élémentaires à tous, sauf aux membres du gouvernement et de la majorité. Ainsi, lors de la semaine précédant l'audition tant attendue, la commission avait fait l'objet d'un véritable tir groupé de la part de l'exécutif. Quand ce n'était pas le délégué général de LREM Christophe Castaner qui mettait en garde contre de potentielles "ambitions politiques" de la commission, c'est la ministre de la Justice en personne Nicole Belloubet qui défendait le choix d'Alexandre Benalla de refuser dans un premier temps de se rendre au Sénat, pointant un risque "d'immixtion du pouvoir exécutif dans une procédure judiciaire". Des propos qui avaient fait bondir le professeur de droit public à Paris I Sorbonne Paul Cassia, qui dénonçait auprès de Marianne "une instrumentalisation de la séparation des pouvoirs" de la part de la garde des Sceaux. Les sénateurs LREM avaient également boycotté la séance.

Au final, selon le sénateur Jérôme Durain, ces attaques, tout comme le coup de fil d'Emmanuel Macron au patron du Sénat Gérard Larcher - "du jamais vu" - ont eu le mérite de relancer l'intérêt des Français pour le feuilleton Benalla. "Nous avons été la cible d'une très grosse pression politique et nous avons subi un procès en illégitimité", rappelle-t-il, avant d'ajouter : "C'était maladroit de leur part et contre-productif".

"Jupiter et sa communication ont tout fait à l'envers"

"Il n'y aurait jamais dû avoir d'affaire Benalla. C'était une dérive individuelle, une sorte d'aventure personnelle. C'est le fait que ce dérapage ait pu trouver un tel appui, un tel soutien, et être toléré aussi longtemps par le président qui l'a érigé en affaire", estime encore le sénateur. Et de conclure, lapidaire : "Jupiter et sa communication ont tout raté et fait à l'envers".

"Le selfie a été pour nous un excellent retour en bouche"

L'élu reconnait toutefois qu'Alexandre Benalla a un peu trop bien maitrisé sa communication, y compris devant les parlementaires. Dans sa région, raconte-t-il, les gens "ont été bluffés par le talent du type et son aplomb". "On peut dire 'chapeau l'artiste !', il s'est bien payé notre fiole. On s'est un peu fait balader par un mec malin" , concède Jérôme Durain.

Heureusement pour l'opposition, de nouvelles révélations sont venues fragiliser encore un peu plus la défense de Benalla, notamment son selfie surréaliste en compagnie d'une serveuse pendant la campagne, sur lequel il pose son révolver à la main. Un cliché réalisé alors qu'il ne possédait pas d'autorisation de port d'arme en dehors du QG d'En Marche!.

"Alexandre Benalla finirait aux Grandes Gueules ou à la téléréalité que ça ne m'étonnerait pas"

"Ce selfie a été pour nous un excellent retour en bouche. Il a révélé tout ce que nous avions pressenti durant son audition et qu'il avait alors réfuté avec habileté et maîtrise", se réjouit Jérome Durain, qui n'a pas de mots assez durs pour qualifier l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron. "Alexandre Benalla finirait aux Grandes Gueules (une émission de RMC) ou à la téléréalité que ça ne m'étonnerait pas ".


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