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Bebo appartient à Cuba

Ramon Emilio Valdés Amaro appartient à Cuba • Même durant les décennies où il vécut loin de nous, d'abord en Suède, puis en Espagne, il n’a pas cessé d'être des nôtres ni de promouvoir la musique cubaine.

RAMON Emilio Valdés Amaro appartient à Cuba. Même durant les décennies où il vécut loin de nous, d'abord en Suède, puis en Espagne, il n’a pas cessé d'être des nôtres ni de promouvoir la musique cubaine. Cent ans après sa naissance, le 9 octobre 1918 à Quivican, dans la province actuelle de Mayabeque, Bebo Valdés nous appartient et son souvenir restera profondément ancré dans notre mémoire.

Il ne peut en être autrement pour celui qui a joué un rôle de premier plan dans la cristallisation du style orchestral avec lequel la musique vernaculaire a atteint sa plus pure expression vers le milieu du siècle dernier et, en même temps, a apporté des valeurs substantielles au développement de l’improvisation cubaine, la variante la plus imaginative et attachante de la cubanisation du jazz.

Entre Damaso Pérez Prado, Chico O'Farrill et Armando Romeu, et le génie d'électron libre et unique de Benny Moré qui, sans avoir fait d’études musicales créa son big band cubain dans les années 50, Bebo constitue une source dans laquelle il faudra sans cesse puiser pour nous hisser vers les sommets atteints par notre musique insulaire et sa projection continentale dans les années 1950.

La marque de Bebo fut l'orchestre Sabor de Cuba, avec lequel il se produisit au cabaret Tropicana, en alternance avec la formation d'Armando Romeu, entre 1949 et 1957, et il enregistra des sessions mémorables et il accompagna plusieurs personnalités cubaines et étrangères, dont Rita Montaner et Nat King Cole.

En 1952, il créa le rythme batanga, dont les approches rénovatrices n'ont pas été déchiffrées par l'industrie du disque et du spectacle, mais dont les traces constituent d’ores et déjà une référence pour de nombreux musiciens dans l'évolution du jazz cubain et de la timba. D'ailleurs, les premiers enregistrements de ce nouveau rythme mettaient en vedette Benny Moré, qui revenait tout juste du Mexique et n'avait pas encore créé sa Banda Gigante.

Il se rendit au Mexique en 1960, où il travailla pendant un certain temps avec le Chilien Lucho Gatica, qu'il avait connu à La Havane. Puis il s'installa en Europe.

Il quitta sa famille et en fonda une nouvelle en Suède. Il n'avait jamais compris les changements qui avaient eu lieu dans son pays natal.

Mais même à l'époque où il gagnait sa vie dans les restaurants et les boîtes suédoises, il ne cessa de penser à la musique en termes cubains.

Au point qu'à 76 ans, comme quelqu'un l'a dit, il s'est réinventé lorsqu'il a été invité à enregistrer à New York.

C'est le Bebo qui enregistre, sur des airs du jazz latino, des albums comme Bebo rides again, et des films comme Calle 54, sa fabuleuse union avec le chanteur de flamenco Diego el Cigala et celui des retrouvailles avec son fils Chucho Valdés, dans l'album Juntos para siempre.

Mais je souscris à ce qu'a affirmé la chercheuse Rosa Marquetti : « Ce serait une erreur capitale que de réduire l'importance de Bebo Valdés dans la musique cubaine au boom international qui a marqué sa renaissance avec l'album «Lágrimas negras». Quoi qu'il en soit, la reconnaissance mondiale acquise au cours de la dernière décennie du XXe siècle a été l'aboutissement mérité d'une carrière de plus d’un siècle et plus dans la musique cubaine. Bebo occupe une place de choix parmi les meilleurs directeurs de groupes, compositeurs et pianistes, et il fut l'un des arrangeurs les plus créatifs de l'histoire de notre musique. »

C'est le Bebo dont j'aimerais qu'on se souvienne à l'occasion de son centenaire, et qui, sans aucun doute, au-delà de l'anecdote, nous appartient en toute légitimité.


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