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Belgique, Allemagne, Pays-Bas... Le mouvement des 'gilets jaunes' s'étend à l'étranger

De Sofia à Bruxelles en passant par Berlin, le mouvement de protestation français a essaimé par-delà des frontières. Avec toutefois des spécificités propres à chaque pays.

Alors que les images de l'Arc de triomphe pris d'assaut par plusieurs dizaines de manifestants, samedi, sont relayées par de nombreux médias à travers le monde, le mouvement des «gilets jaunes» fait-il des émules à l'international? Alors que le gouvernement français peine, pour l'heure, à organiser une concertation efficace avec ce mouvement populaire et multiforme, le phénomène fait «tache d'huile» dans plusieurs capitales européennes, dont Bruxelles, Amsterdam et Sofia. Le Figaro fait le point.

L'évolution du mouvement des «gilets jaunes» est particulièrement suivie en Belgique. Vendredi, entre 200 et 300 manifestants en gilets jaunes ont convergé vers les institutions européennes installées à Bruxelles. C'est la première fois que le phénomène se produisait hors de la région francophone de Wallonie. Les manifestants réclamaient la fin du «carnage social» et la démission du premier ministre Charles Michel.

Comme en France depuis plusieurs semaines, des violences ont eu lieu en marge du cortège. Deux véhicules de police ont été incendiés lors d'incidents pendant lesquels la police a fait usage de canons à eau pour disperser des manifestants qui lançaient des projectiles. Une soixantaine de personnes ont été interpellées parce qu'elles transportaient des objets interdits, comme des cutters, des fumigènes ou des bombes lacrymogènes.

«Le peuple c'est nous, Charles Michel, t'es fini», scandaient certains manifestants à l'adresse du premier ministre libéral en Belgique. Comme en France, l'appel à manifester a été lancé via les réseaux sociaux, sans meneur revendiqué. Charles Michel a dénoncé sur Twitter des «violences inadmissibles à #Bruxelles. Les casseurs et les pilleurs devront être sanctionnés». En Wallonie, les «gilets jaunes» ont plusieurs fois été débordés par des casseurs la semaine dernière et la police a procédé à des arrestations par dizaines.

Localement, comme en France, de nombreux blocages ont été organisés, notamment un barrage filtrant installé depuis une semaine à Courcelles, dans la région de Charleroi. Dès le 16 novembre, plusieurs dépôts de carburants ont également été bloqués, entraînant au bout de quelques jours des pénuries de carburant dans plusieurs centaines de stations-service. L'une d'entre elle a négocié avec les «gilets jaunes» et accepté de vendre l'essence à prix coûtant pendant deux semaines, rapportait RTL Belgique.

Aux Pays-Bas, environ 120 «gilets jaunes» ont paisiblement manifesté samedi devant le parlement à La Haye. Une cinquantaine de personnes ont également défilé à Maastricht, bloquant l'autoroute A2. Le responsable de l'action a été arrêté, selon le quotidien De Telegraaf . Ces manifestants souhaitaient alerter sur leurs difficultés à boucler leurs fins de mois.

À La Haye, le mouvement semble prendre de l'ampleur ces derniers jours. Sur leur page Facebook, ils étaient environ 12.000 membres ce lundi, contre seulement 2000 la semaine dernière.

● La contestation contre la cherté de l'essence s'étend en Bulgarie

De son côté, la Bulgarie était à son tour gagnée par le phénomène des «gilets jaunes», dès le 11 novembre, même s'il reste, pour l'heure, très mesuré. Dans un premier temps, des milliers de Bulgares ont manifesté sans gilets jaunes - mais avec un vêtement bleu - dans plusieurs villes du pays pour protester contre la flamber du prix des carburants et l'augmentation des taxes, à compter de 2019, sur les véhicules les plus vieux et les plus polluants dans un contexte de mécontentement dû au faible niveau de vie dans ce pays le plus pauvre de l'Union européenne.

Le 19 novembre, ils étaient plusieurs milliers - avec parfois le fameux gilet jaune sur les épaules - à bloquer les principaux axes routiers et les postes-frontières entre la Bulgarie et la Turquie et entre la Bulgarie et la Grèce. Depuis, de nombreux automobilistes mécontents bloquent régulièrement la circulation à Sofia, la capitale, en scandant «mafia» et «démission». Une manifestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Sofia le 29 novembre dernier.

● L'extrême droite allemande a ses «gilets jaunes»

En Allemagne, l'extrême droite s'est trouvé un nouvel uniforme. Pour la première fois, trois de ses organisations, dont Pegida, ont appelé samedi dernier à un «rassemblement en gilets jaunes» devant la porte de Brandebourg, à Berlin, pour protester contre le Pacte des Nations unies «pour des migrations sûres, ordonnées et régulières», qui avait été approuvé la veille par le Bundestag et doit être adopté, les 10 et 11 décembre, à Marrakech. Environ un millier de personnes ont répondu à cet appel aux revendications loin de celles des «gilets jaunes» français.

Pourquoi porter un gilet jaune? Un manifestant cité par Le Monde l'affirme: «Notre combat rejoint celui des “gilets jaunes” français. Ici, nous voulons nous débarrasser de Merkel. En France, ils veulent que Macron démissionne, mais au fond, notre objectif est le même: redonner le pouvoir aux peuples européens, en finir avec ces politiques inconséquentes qui donnent tous les droits aux étrangers alors que les Européens de souche, eux, sont traités comme des citoyens de seconde zone».

Mais outre-Rhin, d'autres formations politiques considèrent le combat des «gilets jaunes» français comme légitime. C'est notamment le cas de Die Linke (gauche radicale). La co-présidente du groupe au Bundestag, Sahra Wagenknecht, a déclaré le 29 novembre dernier au parlement que leur lutte était «absolument justifiée».

Des «gilets rouges» au Burkina Faso

Hors des frontières européennes, tout dernièrement, c'était au tour du Burkina Faso de se révolter, le 29 novembre dernier, contre la hausse de 12% du prix des carburants depuis le 9 novembre, dans ce pays parmi les plus pauvres de la planète. Si les manifestants n'étaient pas vêtus de gilets jaunes - et ne se revendiquent pas de ce mouvement - ils arboraient des vêtements de couleur rouge. Répondant à l'appel de la Coalition nationale contre la vie chère, ils scandaient «Non à la hausse des hydrocarbures», «Non à la paupérisation des citoyens», ou encore «Pain et liberté pour le peuple» dans les rues de Ouagadougou.


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