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Hambourg : lourde sentence pour Musa Aşoğlu

L’ultime audience d’un procès qui a duré plus d’un an a eu lieu le 6 février 2019 à 12 heures au Tribunal de Grande Instance de Hambourg en Allemagne. La sentence est tombée : 6 ans et neuf mois de détention pour Musa Aşoğlu, révolutionnaire turc emprisonné depuis le 2 décembre 2016.

Le Tribunal de Grande Instance de Hambourg en Allemagne a mis fin au procès de Musa Aşoğlu en décidant d’une lourde peine de six ans et neuf mois d’emprisonnement. Le magistrat a annoncé sa décision lors d’une audience qui n’aura duré que quarante minutes et sans que Musa Aşoğlu ait pu prendre la parole.

La sentence a été justifiée en les termes suivants : « nous comprenons pourquoi vous avez participé à des actions contre les violations des droits de l’homme et des injustices en Turquie. En revanche, utiliser des armes seul dans cette lutte, que ce soit en Europe ou en Turquie, ne peut pas être considéré comme une démarche démocratique. Vous auriez pu nous le dire et discuter de votre idéologie et de vos idéaux d’une manière normale, humainement et politiquement. Cela aurait eu pour effet de réduire votre peine. Mais vous nous avez insulté. Vous avez insulté le procureur et nous-mêmes. Vous nous avez fait perdre notre temps et vous nous empêchez d’offrir un peu plus de justice dans le monde. »

Le magistrat a continué ainsi : « Vous avez abordé le sujet de cette façon :  vous dites que les impérialistes ont tué 50 mille personnes et qu’il est évident que le DHKP-C a puni une douzaine de personnes environ. Cependant, on ne peut pas réduire la vie des gens à un nombre. Votre organisation est fondée sur le meurtre de vies humaines. Vous cherchez à construire un mouvement marxiste-léniniste basé sur la violence. Vous forcez ces personnes à adopter un système où ils peuvent se forcer à être heureux. Nous vous demandons donc ce que vous faites aux gens qui n’ont pas ces idées ? La liberté de pensée existe-t-elle ? Nous jugeons vos huit années. De 2009 à 2016. Au cours de votre enfance, vous avez connu et subi de nombreuses violations des Droits de l’homme en Turquie et nous pensons qu’il est naturel que votre idéologie prenne cette tournure. En conséquence, nous réduisons un peu votre peine pour cela. Nous pensons que vous êtes un membre haut placé de cette organisation, et que vous en êtes le responsable pour l’Europe. »

« Condamnez-moi et qu’on n’en parle plus »
Pour sa défense à l’audience précédente, Musa Aşoğlu avait souligné que le nombre d’années d’emprisonnement encouru n’était pas significatif, qu’il serait jugé parce qu’il était un révolutionnaire mais qu’il n’abandonnerait ni sa lutte révolutionnaire, ni la défense de la vérité. Il avait également dénoncé un procès politique en expliquant : « vos tribunaux traitent des dossiers DHKP-C standardisés dans lesquelles les règles de base du droit ne sont plus en vigueur avec des peines allant de quatre à dix ans de prison. Les preuves d’inculpation ne sont même plus nécessaires. »
Il avait également précisé : « le procureur affirme que les violations des droits humains en Turquie sont des cas isolés mais pour moi, la torture et la politique de disparition forcée était déjà systématique bien avant Erdogan et toujours selon moi, ce régime porte pour nom le fascisme. Vous n’êtes pas obligés de partager mon analyse politique de ce régime mais vous ne pouvez pas le qualifier de démocratique. »
Concernant des conditions d’isolement extrêmes dont Musa Aşoğlu a fait l’objet durant ses 26 mois d’incarcération, il avait expliqué : « le procureur précise qu’il ne s’opposera pas à une réduction de peine au vu des conditions de détention difficiles dans lesquelles j’ai été maintenu. Le régime d’isolement n’était nullement une mesure préventive mais un acte de vengeance. » Enfin, il a conclu en disant : « je ne veux pas de votre compassion. Mettez-moi au trou 26 mois de plus s’il le faut. Condamnez-moi et qu’on n’en parle plus. »

Le 6 février 2019, la Cour du Tribunal de Grande Instance de Hambourg a condamné Musa Aşoğlu à six ans et neuf mois de détention en se basant sur de simples présomptions, sur des hypothèses, et en se reposant également sur l’Article 129b.

À la fin de la procédure, la salle a scandé des slogans tels que « Musa Aşoğlu est notre honneur ». À la sortie du tribunal, des conférences de presse ont été faites par l’avocate de Musa Aşoğlu, Fatma Sayın, le Comité de liberté de Musa Aşoğlu, ainsi que diverses institutions.

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