Gilets jaunes : les vérités du patron de Total
 


Gilets jaunes : les vérités du patron de Total

Le PDG du groupe pétrolier Total, Patrick Pouyanné, rejette l’idée de puiser dans ses 12 milliards d’euros de bénéfices pour faire baisser le prix des carburants.

Les images s’entrechoquent. D’un côté, celle de milliers de Gilets jaunes descendus dans la rue pour, au départ, crier leur colère face à la hausse du prix des carburants. Et, de l’autre, une multinationale pétrolière française, surfant sur la hausse des cours du pétrole ce qui lui permet d’engranger 13,6 milliards de dollars – environ 12 milliards d’euros – de bénéfices. À la tête du plus gros distributeur de carburant en France, Patrick Pouyanné, PDG du groupe Total, est revenu dimanche sur la crise des Gilets jaunes, lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. Morceaux choisis.

Prix des carburants

Patrick Pouyanné a, en quelque sorte, plaidé non coupable sur la flambée récente des prix à la pompe. « Nous ne gagnons qu’un centime par litre vendu, ce n’est pas beaucoup, ce n’est pas ça qui fait les 13 milliards de bénéfices de Total. » Et de préciser : « Sur 1,50 euro payé à la pompe, le baril représente 50 centimes environ, la distribution 10 centimes et le reste ce sont les taxes. »

Pour éviter les trop fortes hausses de prix, le PDG défend l’idée d’un retour à une taxation des carburants évoluant en fonction des cours du baril, comme feu la TIPP flottante. « C’est une voie que le gouvernement devrait suivre, cela pourrait être une façon d’amortir le choc (NDLR : en cas de remontée des cours) », souligne-t-il.

Et peut-on imaginer que Total puise dans ses confortables profits pour faire baisser le prix à la pompe ? La réponse est évidemment non. Cependant, Patrick Pouyanné estime avoir déjà agi sur le prix des carburants en créant, il y a quelque temps, le réseau Total Access, beaucoup moins cher que ses traditionnelles stations-service. « Ce réseau a été le premier à répercuter les baisses du prix du pétrole en novembre-décembre », estime-t-il.
Les rémunérations des grands patrons

Alors que le gouvernement souhaite imposer aux dirigeants de grandes entreprises françaises de payer leurs impôts en France, Patrick Pouyanné, n’y voit aucun problème. « Je suis très bien payé », indique-t-il, avant de préciser qu’il « paye bien évidemment tous » ses impôts en France.

« Je soutiens l’initiative du président, tout patron d’entreprise cotée en France doit être domicilié fiscalement en France. D’ailleurs, la grande majorité des patrons français sont dans ce cas-là. »

Patrick Pouyanné annonce être imposé à hauteur de 43 % sur ses 3,8 millions d’euros annuels de revenus. Il indique par ailleurs qu’en moyenne les salariés de total en France gagnent 65 000 à 70 000 euros par an, soit 60 fois moins que lui.
L’huile de palme de la discorde

Les députés ont supprimé mi-décembre l’avantage fiscal dont pouvaient bénéficier les biocarburants à base d’huile de palme, ce qui menacerait la viabilité de la bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), selon Total.

La contestation de l’utilisation de l’huile de palme pour produire des biocarburants « relève de la guerre de religion […] C’est comme le gaz de schiste », estime Patrick Pouyanné, qui assure que seulement 1 % de l’huile de palme mondiale sert aux biocarburants, contre 80 % à un usage alimentaire et 19 % pour la cosmétique.

« Ce combat, je le mènerai jusqu’au bout, y compris avec les parlementaires », a-t-il ajouté et d’indiquer qu’il « y a quand même 1000 emplois directs et indirects sur le bassin de Marseille ».


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