Assurance chômage: Les négociations reprennent, le patronat envoie une lettre aux syndicats
 


Assurance chômage: Les négociations reprennent, le patronat envoie une lettre aux syndicats

Le gouvernement réclame entre 3 et 3,9 milliards d’euros d'économies sur trois ans à l'assurance-chômage

Un accord sur la réforme de l'assurance chômage se dessine alors que les difficiles discussions reprennent ce jeudi. Le patronat a envoyé une lettre aux syndicats de travailleurs mercredi soir, présentant leur projet d’accord global. De quoi relancer les discussions, qui étaient suspendues depuis deux semaines.

Dans ce texte, le patronat aborde les deux points durs : d’une part la diminution des contrats précaires (CDD de moins d'un mois), dont le nombre a explosé depuis 20 ans. De l’autre les conditions d’indemnisation des chômeurs pour inciter au retour à l’emploi et réaliser les économies demandées par le gouvernement (entre 3 et 3,9 milliards d’euros sur trois ans).

Les patrons irrités par le bonus-malus

Sur le premier point, le patronat propose ainsi de revoir les règles des « CDD d’usage », des CDD très flexibles sans limitation de renouvellement et sans versement de l’indemnité de fin de contrat. Ils sont largement utilisés notamment dans l’hôtellerie-restauration, le spectacle, les services à la personne l’événementiel, etc. Parmi les autres pistes mises sur la table, le patronat répond notamment à une demande de la CFDT sur l’accès pour les CDD de moins de trois mois à la couverture complémentaire santé mise en place dans leur entreprise. Il souhaite également renforcer leur compte personnel de formation (CPF).

Avec ces propositions, le patronat espère convaincre les syndicats de renoncer à l’idée d'appliquer un «bonus-malus» sur les cotisations chômage des employeurs en fonction de leur recours aux contrats précaires. Le Medef, la CPME (petites et moyennes entreprises) et l’U2P (artisans et commerçants) avaient été en effet fortement irrités par des déclarations fin janvier d’Emmanuel Macron, qui avait répété sa « détermination » à mettre en place le « bonus-malus », une promesse de campagne.

« Un tiers des CDD ne durent qu’une journée »

Les trois organisations s’étaient brièvement retirées de la table des négociations avant d’être rassurées par des déclarations d'Edouard Philippe sur sa « confiance » dans les partenaires sociaux pour trouver un accord. Idem pour la ministre du Travail Muriel Pénicaud. « Nous, on a une solution. Si les partenaires sociaux en trouvent une meilleure qui a le même effet c’est très bien, mais sinon on la fera », a-t-elle résumé à propos du « bonus-malus ».

A l’heure où « un tiers » des CDD ne durent qu’une journée, il « faut régler cette question de la précarité excessive », a insisté Muriel Pénicaud en visant les employeurs qui « remettent toujours les mêmes personnes au chômage et donc grèvent le coût de l’assurance chômage », de deux milliards par an selon l’Unédic.

Reste à savoir si cela suffira aux syndicats, notamment les « réformistes » (CFDT, CFE-CGC et CFTC). Sans « propositions tangibles sur la taxation des contrats courts, il n’y aura pas de discussion possible », a prévenu Laurent Berger (CFDT). De son côté, FO a fait du « bonus-malus » une « condition » à la signature d’un accord. En cas d’échec des discussions, le gouvernement reprendrait en effet la main et pourrait imposer ses vues par décret.


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