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En liberté surveillée, Carlos Ghosn va pouvoir peaufiner sa défense

L'ex-PDG de Renault-Nissan est depuis ce mercredi sous le régime de la résidence surveillée. Il devrait maintenant se focaliser sur la riposte à chacune des accusations dont il fait l'objet, en agitant notamment la thèse du traquenard.

Une sortie réglée au millimètre. Après le paiement d’une caution de 7,9 millions d’euros, Carlos Ghosn a quitté mercredi le centre de détention de Kosuge, dans une voiture mise à sa disposition par l’ambassade de France à Tokyo. Direction une résidence qui sera placée sous haute surveillance, tant pour les visites que pour les communications. Le nouvel avocat de Carlos Ghosn, Junichiro Hironaka, a tenu à fournir le maximum de garantie à la justice japonaise en échange de cette libération conditionnelle. D’autant que l’accusation a ferraillé jusqu’au dernier moment pour le maintien de Ghosn en détention. Le parquet a en effet fait appel de la décision de mise en liberté, avant de voir sa requête rejetée.

Durant cette liberté relative, l’ex-PDG de Renault-Nissan va vraisemblablement travailler sa riposte aux trois chefs d’accusation dont il fait l’objet : la non-déclaration d’une partie de ses revenus perçus entre 2011 et 2015, pour un montant estimé de 35 millions d’euros ; la compensation, par Nissan, de pertes personnelles après la crise financière de 2008 (il y en aurait, selon le parquet japonais pour 13,2 millions d’euros) ; enfin l’achat et l’aménagement de deux résidences à Rio et Beyrouth par une filiale de Nissan et utilisées par Carlos Ghosn.

La thèse du complot

Sa stratégie de défense pourrait consister à pointer le fait que la déclaration de ses revenus n’a rien dissimulé dans la mesure où il s’agissait de revenus différés. C’est-à-dire versés plusieurs années après que leur principe et leur montant en aient été acquis. Quant à l’aménagement coûteux des appartements qui lui est reproché, son avocat parisien Jean-Yves Leborgne estime qu’il s’agit «de résidences mises à disposition du dirigeant». La défense de Carlos Ghosn devrait également revenir sur la thèse du complot, ourdi par Nissan, puisque les éléments nécessaires à la mise en cause de l’ancien dirigeant ont été fournis à la justice directement par la firme. Enfin, les conditions et la durée de détention dont il a fait l’objet constituent également un axe de défense. Une requête a d’ailleurs été déposée en ce sens devant le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU par l’avocat de la famille de Carlos Ghosn, François Zimeray.

L’objectif est ainsi, pour ses défenseurs, d’arriver au procès, qui se tiendra dans quelques mois, avec le maximum d’éléments de contre-offensive. Notamment ceux de nature à démontrer que leur client est tombé dans un traquenard, tendu par ceux-là mêmes qui ont validé les revenus et les dépenses aujourd’hui reprochés à Carlos Ghosn.

Franck Bouaziz


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