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'L’Algérie se révolte contre le système' : marée humaine à Alger contre Bouteflika

Pour le troisième vendredi consécutif de mobilisation, les Algériens ont été encore plus nombreux à braver les mises en garde des autorités. Et à dire « non » à un 5e mandat de l’inamovible chef de l’État.

La troisième marche pour dire non au cinquième mandat de Bouteflika a attiré ce vendredi une véritable marée humaine, impossible à dénombrer. C’est la plus grande mobilisation depuis le déclenchement de la contestation le 22 février.

Dès le début de l’après-midi, toutes les rues et places ont été prises d’assaut dans une ambiance de kermesse géante. Roses blanches ou rouges en mains, les femmes, très nombreuses, se sont donné rendez-vous sur la place la Grande Poste, au centre de la capitale, deux heures avant le début de la marche.

En haïk, le voile blanc des Algéroises, ou en tenue de sport, elles ont répondu massivement à l’appel lancé sur les réseaux sociaux. « Nous fêtons le 8 mars à notre manière », confie Razika, chef d’entreprise. « Nous ne voulons pas du vieil homme », crie une dame entre deux âges, applaudie par les jeunes hommes qui l’entourent. « Dégage ! » insiste-t-elle.

Meriem, une médecin, s’est déplacée avec ses deux sœurs. « Marcher à Alger, c’est déjà une victoire. Il y a une année, ce n’était pas possible », dit-elle souriante. À deux pas, Kamel, 23 ans, look à la Bob Marley, attend avec impatience le départ de la marche vers la place du Premier-Mai. Écrite en anglais, sa pancarte en carton reprend un tube du roi du Reggae, « Get up, stand up for yours rights » (« Lève-toi pour tes droits »).

«Vous avez détruit le pays, bande de voleurs»

« L’Histoire nous dira peut-être pourquoi les Algériens, en ce mois de mars 2019, ont décidé de se soulever. Ce que je sais, c’est que le bilan de Bouteflika et de sa famille est désastreux. Nous voulons qu’ils partent tous ! C’est tout ! » confie Kamel, le regard mélancolique.

Sous un arbre, Farida, Mounir et Amokrane préparent à la hâte les slogans écrits en arabe, en anglais et en français. L’un d’eux invite « les spectateurs » à se joindre au cortège. « C’est bien que les habitants du centre d’Alger nous lancent des bouteilles d’eau. Ce serait encore mieux qu’ils se mêlent à la manifestation. Il y va de l’avenir de leurs enfants », martèle Mounir.

Souhila, journaliste, est titillée entre son travail de couverture de la manifestation et son envie de se mêler à la foule en colère. « Ce moment était attendu depuis longtemps. Il fallait qu’un jour le peuple explose. » Le pouvoir, pour elle, n’a plus les moyens d’acheter « la paix sociale » après l’effondrement des cours pétroliers. « Vous avez détruit le pays, bande de voleurs », scande, comme en écho, un groupe de jeunes, repris par la foule.
Bouteflika prévient contre le «chaos»

Comme à Oran ou Constantine, les habitants d’Alger ont été encore plus nombreux à défier le régime, malgré les mises en garde sur les risques de chaos lancées par Abdelaziz Bouteflika, inamovible président depuis 1999, qui a également pointé de mystérieux « ennemis insidieux » à l’oeuvre pour « conspirer contre l’Algérie.

La santé chancelante du vieil homme tranche cruellement avec la jeunesse du pays où 45 % de la population n’a pas encore 25 ans. Les rumeurs enflent, évidemment, sur les intentions du pouvoir. « Attention, ils vont payer des casseurs pour s’en prendre aux banques », avait alerté un appel lancé la veille sur Facebook. Malgré quelques échauffourées, la marche s’est déroulée sans incident majeur.

« Aujourd’hui, l’Algérie se révolte contre le système, contre l’injustice et contre la corruption. Il est n’est plus possible de revenir en arrière », souligne Khaled, cadre bancaire venu avec son épouse et ses deux filles. « Il n’y aura pas de cinquième Bouteflika, il n’y aura pas, tu entends ! » chantent soudain des manifestantes, couvertes du drapeau algérien. « Ils ont les millions, nous sommes des millions », proclame une pancarte. « Pas un jour de plus ! » tranche enfin Narimane, leader du groupe.


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