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LBD : 35 ophtalmologues demandent à Macron un moratoire sur son utilisation

Dans une lettre adressée au chef de l'Etat, ils dénoncent une "épidémie de blessures oculaires gravissimes".

Des ophtalmologues se mobilisent contre l'utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD). 35 d'entre eux - hospitaliers de renom, professeurs ou maîtres de conférence à l’université - ont écrit à Emmanuel Macron pour réclamer "un moratoire". Un courrier que publie ce dimanche le "JDD".

"Monsieur le Président, une telle 'épidémie' de blessures oculaires gravissimes ne s’est jamais rencontrée", écrivent-ils. "Notre démarche est uniquement celle de médecins, purement humaniste, avec pour seul but d’éviter d’autres mutilations".
""Les blessures oculaires survenues ces dernières semaines ne sont pas dues au hasard ou à l’inexpérience. Le grand nombre de balles tirées avec une force cinétique conservée à longue distance et l'imprécision inhérente à cette arme devaient nécessairement entrainer un grand nombre de mutilations."

"Une telle 'épidémie' de blessures oculaires gravissimes ne s'est jamais rencontrée", plaident-ils dans cette lettre.

Alors que le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé jeudi que plus de 13.000 tirs de LBD ont été enregistrés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", ces ophtalmologues ont décidé de rendre public leur lettre, faute de réponse de la part du chef de l'Etat.
Un arrêté "symbolique" en Moselle

Malgré les blessures et les polémiques, Beauvau défend constamment l'usage de cette arme dite "intermédiaire" dans les opérations de maintien de l'ordre. En cas de retrait, les forces de l'ordre n'auraient plus que le corps à corps ou leur arme de service pour gérer une situation qui dégénère, argue le ministère.

Fin février, le Conseil de l'Europe avait appelé la France à "suspendre l'usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre" afin de "mieux respecter les droits de l'homme". Le Défenseur des droits réclame lui l'interdiction de cette arme dans l'arsenal du maintien de l'ordre depuis début 2018.

Une pétition contre l'usage de cette arme a également été lancée en janvier par un neurochirurgien de Besançon et totalisait dimanche presque 170.000 signatures. Samedi, pour l'acte 17 des "gilets jaunes", le maire sans étiquette de Phalsbourg (Moselle) a pris un arrêté "symbolique" pour interdire l'usage du LBD sur sa commune.

Depuis le début du mouvement, 2.200 manifestants ont été diversement blessés, et près de 1.500 côté forces de l'ordre, selon l'Intérieur.


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