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Une lettre et … direction bien à droite

On imagine sans peine le tollé qu’aurait provoqué Mme Merkel si elle avait pris « la liberté » d’expédier une lettre aux « citoyens européens ». C’est pourtant ce qu’a commis M. Macron sans beaucoup de succès, même parmi la population de son pays. Ne s’économisant rien sur la grandiloquence, n’hésitant pas sur les mots, les reprises de promesses non tenues et les références historiques, il ne propose rien de moins qu’une « renaissance européenne ». Il devrait revoir ses classiques. L’Union européenne, version rabougrie de l’Europe, n’est devenue que le rabot des droits sociaux et humains, provoquant chômage et pauvreté, sans logis et sans droits, rejetant à la mer des miséreux fuyant les guerres et les misères alors que la Renaissance était une période d’invention de l’humanisme. S’y mêlaient la philosophie grecque et droit romain, lettrés, scientifiques et artistes, tandis que l’Union européenne s’assèche de critères comptables sans cesse rabâchés dans la langue de l’Allemagne et des Etats-Unis dont les grands mastodontes du numérique et leur sous culture sont ici logés et nourris grassement.

Il ne peut y avoir de « renaissance » avec les camisoles que constituent les traités européens et ces traités de libre échange dont on cache les contenus et leurs dramatiques conséquences aux peuples.

Une chose est de faire campagne avec l’argent des contribuables au mépris des règles élémentaires du pluralisme politique. Autre chose sont les actes. Et, les actes ce sont les réunions du Conseil européen où le Président français vote les mêmes textes, les mêmes directives, les mêmes injonctions aux Etats que les premiers ministres italien ou hongrois. Remarquons qu’il ne parle pas du tout de la même façon selon qu’il est à la télévision italienne ou française à propos du gouvernement de Rome. Voilà qui vide de sa substance le prétendu clivage visant à réduire l’élection européenne au faux choix entre « nationalistes » et « progressistes » ou entre « pro-européens » et « anti-européens ». Du reste, le parti de M. Macron a désormais pour principal allié sur le continent le parti libéral espagnol Ciudadanos, qui fait alliance avec la formation d’extrême-droite Vox pour diriger l’Andalousie.

Sarkozy rit sous cape quand il voit son successeur reprendre ses mêmes mots prononcés en 2008 : « Renaissance ». De qui ? Des monstres financiers gorgés de milliards quand l’exploitation du travail et le chômage fait le malheur du plus grand nombre. Au-delà, c’est sa politique qui est défendue, notamment avec la proposition de « remise à plat de l’espace Schengen ». L’ancien président de l’UMP, M. Copé, s’est lui écrié à la fin de sa lecture de la missive macronienne, « je me suis dit que c’est ma famille politique qui aurait dû l’écrire », alors que pris dans cet élan M. Raffarin rejoignait M. Macron. La cheffe de l’extrême droite elle, criait sur les ondes de RTL, qu’elle « avait gagné la bataille des idées » puisque le Président piochait aussi chez elle. Voilà qui en dit long sur cette course à droite.

Le Président aurait la possibilité en ce moment même de montrer son souci des travailleurs, de l’emploi et de la transition environnementale. Face à la récession qui menace à nouveau, la Banque centrale européenne vient en effet de relancer son programme de refinancement à long terme des banques privées. Il consiste à permettre à ces banques d’accéder à des crédits en créant de la monnaie à des taux nuls voire négatifs. Or, les banques privées préfèrent financer des dettes privées et s’enrichir, plutôt que d’investir dans de nouveaux choix finançant le travail ou la formation, les services publics et la transition environnementale, l’aide aux collectivités territoriales. Qu’attend le pouvoir pour réclamer que cet argent serve le bien commun ? Qu’attend M. Macron pour inciter la Banque publique d’investissement à acquérir de l’argent de la Banque centrale pour lancer « la renaissance » de la France et de l’Europe ? Qu’attend-il pour ouvrir la chasse aux paradis fiscaux ? La jeunesse en quête d’avenir l’attend. Autre chose qu’un torrent de mots pour cacher les maux de l’ultralibéralisme.

Patrick Le Hyaric
13 Mars 2019


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