Dogan Presse Agence France | Actualite | Politique | Journal
 


À quoi va ressembler la 'grève mondiale' des lycéens pour le climat?

L'Education nationale refusant de le faire, les syndicats lycéens organisent leur propre décompte des absents et appellent à la "désobéissance civile".

Faire grève ou débattre, il faudra choisir. Ce vendredi 15 mars, tous les lycéens de France sont appelés à participer à la "grève mondiale" pour le climat portée par la jeune suédoise Greta Thunberg. En réaction à cette initiative inédite, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a improvisé le même jour des débats sur l'environnement dans tous les lycées de France, entre 16h et 18h.

Une "manoeuvre malhonnête intellectuellement" que les syndicats lycéens, qui relayent le mot d'ordre de grève générale dans les établissement, appellent à boycotter. "Le but de la grève mondiale, c'est de dénoncer l'inaction climatique des gouvernements. Soit Blanquer n'a rien compris, soit ces débats sont de la poudre aux yeux", raille Jules Spector du syndicat lycéen la FIDL.

Inutile de compter non plus sur un coup de main du ministère pour établir un décompte officiel des lycéens qui auront séché les cours pour le climat ce vendredi. Une source ministérielle jointe par Le HuffPost confirme que l'Education nationale ne procède jamais à un comptage hexagonal des absences des élèves du secondaire. "Rien n'a été prévu de particulier pour ce vendredi", assure cette même source.

Conséquence, pour installer un rapport de force en cette journée de convergence nationale pour le climat qui intervient à la veille d'une série de "marches du siècles" pour la planète, les syndicats lycéens ont prévu d'organiser leur propre décompte des absents. Dans les établissements où ils sont présents, les référents FIDL et du Mouvement national des lycéens (MNL, ex-UNL-SD) feront remonter dans la journée leurs propres feuilles d'absences.

Encore faut-il savoir ce qu'est un lycéen gréviste? Au MNL, "on comptera comme lycéen gréviste toute personne manquant la première heure de cours", explique le secrétaire général Julien Delohen. Une procédure artisanale et difficile à recouper, d'autant que les deux syndicats, qui coordonneront leurs chiffres, ne sont pas représentés dans l'intégralité des 4200 lycées publics, privés et technologiques de France.

Grève ou désobéissance le matin, manif l'après-midi

Côté organisation, chaque syndicat entend mobiliser ses troupes à sa manière. A la FIDL, les lycéens sont appelés à se retrouver le matin devant les grilles de leur établissement et à ignorer ostensiblement la sonnerie de la rentrée. Au lieu d'aller en cours, l'objectif est de s'organiser en AG pour préparer la manifestation de l'après-midi. A Paris, les grévistes partiront en manifestation sauvage pour converger vers le point de départ de la manifestation déclarée à Panthéon.

Côté MNL, le scénario est identique même si les organisateurs espèrent lancer des mots d'ordre de désobéissance civile, centrés sur la cause environnementale. "Les gens vont se mobiliser dès 8h devant les bahuts mais nous comptons prolonger cette journée de convergence nationale par des actions locales et ciblées", explique Julien Delohen.

Au menu: occupation des cantines, voire "vol des couverts" pour réclamer le 100% bio, boycott des établissements où la présence d'amiante est avérée, ou encore sit-in devant les mairies ou les préfectures pour réclamer des transports en commun.

Dans chaque syndicat, chacun parie sur "plusieurs centaines de lycées" touchés et des milliers de lycéens dans les manifestations. "C'est le moment de passer à la vitesse supérieure", plaide le MNL en pointant les mobilisations étudiantes constantes (bien qu'encore limitées) des #GreenFridays qui se réunissent pour le climat chaque vendredi depuis un mois.

Un mouvement qui cible ouvertement la politique environnementale d'Emmanuel Macron, accusé de "greenwashing" et de vouloir récupérer la mobilisation de la société civile sans passer concrètement aux actes que réclame à leurs yeux la transition écologique. "Même les Jeunes avec Macron appellent à manifester pour le climat, ironise Jules Spector. C'est du délire".


:

Photos de l'article

Video de l'article

Articles similaires

 

France

Politique

Economie

Jeunesse

Culture

Technologie

Cinema Guichet

Valence ville

Drome

SPORT

Sante

Vidéos les plus vues

Monde

LE TOP 6 DES ARTICLES


siber güvenlik