Dogan Presse Agence France | Actualite | Politique | Journal
 


4 163 SDF à Toulouse : les vrais chiffres de la misère dans la Ville rose

Mercredi 10 avril 2019, la mairie de Toulouse a publié une enquête sur le nombre de personnes sans domicile fixe dans la Ville rose. Le constat est accablant. Les détails.

« Il faut regarder la vérité en face ». C’est un constat accablant sur le nombre de personnes sans domicile fixe à Toulouse. Et c’est… la mairie, elle-même, en l’occurrence Daniel Rougé, adjoint au maire de Toulouse en charge des politique de solidarité et des affaires sociales, qui le dit en levant ce tabou,

Mercredi 10 avril 2019, le Capitole a publié une enquête sur le nombre de SDF présents dans les rues de la ville. Un travail réalisé dans le cadre du « Plan quinquennal pour le logement d’abord », qui avait été lancé par le chef de l’Etat Emmanuel Macron lors de sa venue à Toulouse en septembre 2017, et réellement mis en application à la rentrée 2018.

Plus de 155 bénévoles mobilisés

Réalisée en partenariat avec le Conseil départemental de Haute-Garonne et différentes associations, cette étude recense pour la première fois le chiffre réel des SDF à Toulouse. 155 bénévoles, dont 75 de la mairie et 80 d’associations toulousaines telles que le Secours catholique, la Croix-Rouge, les Restos du Coeur, la Main Tendue et saint-Vincent de Paul, ont été mis à contribution sur l’ensemble de la ville.

Qu’est-ce qu’un SDF ?
Selon L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), « une personne est considérée sans-domicile un jour donné si la nuit précédente elle a eu recours à un service d’hébergement ou si elle a dormi dans un lieu non prévu pour l’habitation : personnes en situation de rue (espace public, privé, jardins, gares…), vivant en squat ou campement, ou accueillies dans un centre d’hébergement (urgence, insertion, stabilisation) ou dispositif hôtelier) ».
Un sans-domicile fixe est un terme générique, qui comprend les sans-abri, qui dorment dans la rue et ne sont pas protégés du monde extérieur. Un sans-abri est un SDF mais un SDF n’est pas forcément un sans-abri…

4163 sans-domicile fixe à Toulouse…

L’étude a été menée par le service municipal du SIAO (Service intégré d’accueil et d’orientation) dans la nuit du vendredi 15 février 2019, entre 21h et minuit. Ce soir-là, le SIAO a déclaré 1760 personnes en hébergement d’urgence, 1505 personnes résidant à l’hôtel (les nuitées sont payées par la préfecture) et 117 personnes dormant dans des gymnases de la ville mis à disposition des plus fragiles.

Conclusion du SIAO :

    Le 15 février 2019 au soir, sur la commune de Toulouse, en comptant également les personnes de la Halte de nuit, le chiffre total de personnes sans domicile fixe s’établit à 4163 (rue, squats, campements, hébergement, hôtel, gymnase…).

… dont 767 sans-abri

Au-delà d’une simple opération de comptage, l’enquête a pour vocation de savoir qui sont les gens qui dorment dans les rues de Toulouse. En tout, sur les 4163 SDF, 767 sans-abri ont été rencontrés, dont 505 adultes. Parmi eux, 437 ont répondu aux questionnaires des pouvoirs publics.

Ainsi, 70% sont des familles. Sur les 437 adultes sans-abri qui ont répondu, « la forte majorité (66%) sont dans la tranche d’âge 25/50 ans, et 18% ont entre 18 et 24 ans. 15% ont plus de 50 ans, avec une très faible présence de seniors liée à l’espérance de vie qui se situe autour de 50 ans pour les personnes en situation de rue », est-il noté dans le rapport.

Daniel Rougé va plus loin :

    Je pensais sincèrement que le nombre de sans-abri était plus important. La part des jeunes est plus faible que ce que l’on pensait et 52% des personnes ont des ressources financières. C’est plutôt une bonne nouvelle pour le programme de « Logement d’abord ».

Un SDF sur 2 (52%) vit à Toulouse depuis plus d’un an, et 30% depuis moins de six mois. « Chiffre qui s’explique par l’arrivée récente de populations migrantes », décrit la mairie dans ce rapport.

La majorité des sans-abri n’appellent jamais le 115

Cette étude a confirmé la saturation des services d’urgences du 115, qui peuvent recevoir jusqu’à 300 appels par jour. 78% des adultes, soit 341 personnes, n’appellent jamais le 115, et mettent en avant cette absence de réponse ou ne veulent tout simplement pas appeler le numéro d’urgence. En 2015 par exemple, 8500 personnes avaient appelé (une ou plusieurs fois) le 115 à Toulouse selon les chiffres du service.

L’enquête sera renouvelée tous les ans

Une deuxième enquête est prévue en 2020 avec l’objectif de la pérenniser chaque année. Et la volonté de la mairie d’approfondir la question des squats. « Selon nos estimations, environ 500 personnes restent à dénombrer dans les squats et les campements. Il faudra affiner », indique le Capitole.

15 morts de la rue à Toulouse en 2018

La rue fragilise… mais surtout la rue tue. En 2018, selon le collectif Les morts de la rue, 15 personnes sans-domicile fixe sont décédées de la rue à Toulouse. En Occitanie, le bilan s’était établi à 32 morts. « Il faudra donner une utilité à ce travail. L’Etat doit héberger mais les collectivités doivent agir sur l’inclusion sociale », conclut Daniel Rougé.


:

Photos de l'article

Video de l'article

Articles similaires

 

France

Politique

Economie

Jeunesse

Culture

Technologie

Cinema Guichet

Valence ville

Drome

SPORT

Sante

Vidéos les plus vues

Monde

LE TOP 6 DES ARTICLES


siber güvenlik