Jusqu’où la Turquie respecterait-elle ses engagements pris envers la Russie ?
 


Jusqu’où la Turquie respecterait-elle ses engagements pris envers la Russie ?

Au cours des sept prochaines semaines, le président turc Recep Tayyip Erdogan devra faire face à deux grands défis : le second tour des élections municipales d’Istanbul le 23 juin, et l’avertissement lancé samedi par les États-Unis mettant en garde contre l’achat par Ankara de S-400 russes, a écrit Abdel Bari Atwan, éditorialiste de Rai al-Youm.

L’analyste s’est précisément penché sur le second défi que le président turc devrait surmonter et qui est l’achat des S-400 russes en quoi les États-Unis disent voir un danger sécuritaire pour leurs propres armements largement déployés à travers tout le territoire turc. Atwan évoque des raisons pour lesquelles le président turc a décidé de se doter des S-400 russes :

« Le refus de l’Union européenne d’accepter l’adhésion de la Turquie, un défi lancé à l'encontre des Américains qui imposent souvent des conditions fort humiliantes à leur clientèle fût-ce leurs plus proches alliés. A ceci s'ajoute cette méfiance systématique des occidentaux à l'encontre de la Turquie laquelle réduit toujours Ankara au rang de "supplétif"que ce soit en Europe ou au sein de l'OTAN. 

À ne pas oublier non plus que le président turc a largement perdu sa confiance en les États-Unis, en tant qu’allié stratégique, après le coup d’État militaire de l’été 2016, où la CIA  n’a non seulement refusé de le tenir informé, mais encore elle y était aussi pour quelque chose. Mais il existe une autre raison qui semble avoir convaincu Erdogan à se procurer des S-400 russes :  la Syrie. Sans le jeu tramé tout atour de ces missiles antimissiles la Russie aurait depuis longtemps pris Idlib pour cible de ses raids aériens.

Outre la Syrie, l’accord conclu entre la Turquie et la Russie aurait un double avantage pour le président turc. Tout d’abord, il pourrait permettre à la Turquie d’accéder à une technologie de production d’armes de pointe, ce qui renforcerait le secteur militaire turc et puis Erdogan pourrait profiter de cet accord comme d'une monnaie d’échange pour parvenir à de meilleures conditions dans des futures négociations qui devraient avoir lieu avec les États-Unis au sujet de l’achat de missiles Patriot et de F-35.

Mais ce pari pro-russe d'Ankara tiendra-t-il définitivement?

« Le président truc a annoncé, le 4 juin dernier, que son pays ne reculerait devant aucune pression US et qu'il maintiendrait l'accord sur les S-400 russes, surtout en raison des considérations d’ordre éthique ; il a de surcroît précisé qu’une offre des États-Unis de vendre des missiles Patriot à la Turquie n’était pas aussi alléchante que l’offre russe. Ceci dit Erdogan nous a bien habitué a des virages a 180 degré quand cela est dicté par ses intérêts ou les intérêts de son parti au pouvoir. Ceux des analystes  qui suivent de près les vicissitudes de la politique d’Erdogan, jugent tout simplement possible que ce dernier revienne sur le contrat d'achat des s-400 signé avec les Russes si jamais les Américains faisaient miroiter  une proposition encore plus séduisante que celle de la Russie. A Idlib Moscou commence à en tenir compte.»


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