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L'audience pour statuer de l'extradition de Julian Assange aura lieu en février 2020

La justice britannique a annoncé ce 14 juin que l'audience pour décider du sort de Julian Assange concernant la demande d'extradition vers les Etats-Unis se déroulera en février 2020.

Le tribunal de Westminster à Londres a annoncé ce 14 juin que l'audience  pour statuer sur l'éventuelle extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis aura lieu en février 2020. «Une audience de cinq jours aura lieu en février, probablement à partir du 24», a déclaré un porte-parole du parquet. Entre-temps, une audience aura lieu fin octobre pour décider entre autres quel tribunal étudiera la demande américaine.
Une audience se tenait ce 14 juin au matin devant le tribunal londonien pour examiner les éléments juridiques relatifs à la demande déposée par les Etats-Unis qui accusent le lanceur d'alerte d'espionnage. Le 23 mai, Washington avait annoncé 17 nouveaux chefs d'inculpation contre Julian Assange pouvant entraîner jusque 170 ans de prison.

Le ministre britannique de l'Intérieur, Sajid Javid, a révélé avoir signé le 12 juin une demande d'extradition du fondateur de WikiLeaks vers les Etats-Unis. Une décision qui doit être soumise à la justice avant d'être appliquée ou pas par les autorités.

L'audience devait surtout avoir trait à des éléments de procédure, avec le dépôt des preuves à l'appui de cette demande d'extradition, avait déclaré le 11 juin le rédacteur en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson lors d'une conférence de presse. Toutefois, la «première vraie confrontation des arguments», entre la défense et les autorités américaines, aura lieu dans plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon lui.

Une précédente audience prévue fin mai avait été reportée, les avocats de l'Australien, actuellement détenu dans la prison de Belmarsh (sud-est de Londres) faisant valoir qu'il était en mauvaise santé.

Réfugié pendant près de sept ans à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il a bénéficié de l'asile politique, Julian Assange, 47 ans, en a été extrait le 11 avril par la police britannique avec l'aval de Quito. Il a été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Washington accuse l'Australien de 47 ans d'espionnage et a formellement requis son extradition le 11 juin. Les Etats-Unis lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250 000 câbles diplomatiques et d'environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Ils l'accusent également d'avoir «comploté» avec l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite sans précédent. Julian Assange est soupçonné d'avoir «aidé» et «incité» le soldat Manning «à obtenir des informations confidentielles en sachant qu'elles pouvaient être utilisées au détriment des Etats-Unis et à l'avantage d'une nation étrangère», a indiqué fin mai le ministère américain de la Justice, en révélant dix-sept nouveaux chefs d'inculpation. Le lanceur d'alerte n'est pourtant pas ressortissant américain.

    La législation anti-espionnage invoquée par la justice américaine relevait d'un «cadre juridique archaïque» qui «n'a jamais été utilisé contre un éditeur et un journaliste auparavant»

La lecture «de l'acte d'accusation est très révélatrice de la nature de toute cette affaire», a estimé Kristinn Hrafnsson, en soulignant que la législation anti-espionnage invoquée par la justice américaine relevait d'un «cadre juridique archaïque» qui «n'a jamais été utilisé contre un éditeur et un journaliste auparavant».
«C'est une question de vengeance»

Cette affaire constitue un «moment décisif pour la préservation du journalisme et pour la liberté de la presse», a estimé le patron de Wikileaks. L'avocat Christophe Marchand, membre de l'équipe juridique qui défend Julian Assange, craint que si le lanceur d'alerte «pose le pied sur le territoire américain, il ne quitte jamais le pays. Il restera en prison toute sa vie parce que c'est une question de vengeance» pour les Etats-Unis, a-t-il déclaré lors de la conférence de presse du 11 juin.

Amnesty International partage ce constat et demande aux autorités britanniques de ne pas accéder à la demande d'extradition américaine car Julian Assange «court un risque réel et grave d'atteintes à ses droits s'il y est envoyé». «Le Royaume-Uni doit respecter son engagement de ne pas l'envoyer dans des endroits où il pourrait être soumis à la torture, à des mauvais traitements ou à la peine de mort», a déclaré Massimo Moratti, directeur adjoint d'Amnesty International pour l'Europe, cité dans un communiqué de l'ONG.


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