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Désinformation étrangère : où en est le «système d'alerte rapide» mis en place par l'UE ?

En amont des récentes élections européennes, l'UE a voulu se prémunir contre les «tentatives coordonnées d'acteurs étrangers» en matière de désinformation. Où en sont les résultats du dispositif européen particulièrement focalisé sur la Russie ?

Au mois de décembre 2018, l'UE annonçait la mise en place de son «système d'alerte rapide», avec l'objectif affiché de permettre aux Etats membres de partager des informations sur les «tentatives coordonnées d'acteurs étrangers», en amont des élections européennes.

Sept mois plus tard, le dispositif a-t-il porté ses fruits ? Les résultats sont très mitigés selon The New York Times, qui a consacré le 6 juillet un article à ce sujet. «Le système n'a généré aucune alerte et il risque désormais de disparaître», commente en effet le quotidien new-yorkais avant de rapporter une blague qui circulerait en interne au sein des institutions européennes à propos dudit système d'alerte rapide : «Ce n’est pas rapide. Il n'y a pas d'alertes. Et il n’y a pas de système», plaisanterait-on ainsi à Bruxelles...

    La plupart des pays n’ont même pas apporté leur contribution, le réseau est devenu un fouillis d’informations non analysées

De fait, affirmant avoir recueilli les témoignages de «plusieurs responsables européens» et consulté des documents internes, The New York Times décrit un dispositif «parsemé de désaccords». Certains hauts responsables expliqueraient ainsi que sans changement majeur, «le système pourrait rapidement devenir obsolète». «Les archives montrent que la plupart des pays n’ont même pas apporté leur contribution, le réseau est devenu un fouillis d’informations non analysées», commente encore le quotidien américain.

    Crier à la désinformation est incontestablement bon pour la démocratie

Evoquant un système particulièrement vigilant concernant «la menace russe», The New York Times rapporte les confessions de certains responsables européens qui reconnaîtraient en privé ne pas pouvoir prouver que leurs efforts ont spécifiquement dissuadé la propagande russe, avant d'ajouter : «Mais ils disent que crier à la désinformation est incontestablement bon pour la démocratie.»

Enfin, rappelant les «exigences» de l'Union européenne vis-à-vis des géants des réseaux sociaux, ainsi que sa volonté de trouver de nouveaux moyens de lutter contre la désinformation, le journal américain estime que l'UE s'est montrée «plus agressive que Washington» à bien des égards. Une politique qui, selon The New York Times, aurait poussé l'Union européenne à s'aventurer dans «des zones épineuses où interagissent la liberté d'expression, la propagande et la politique nationale».

Le 5 décembre 2018, la Commission européenne annonçait qu'elle comptait «plus que doubler» le budget 2019 de sa cellule chargée de lutter contre la désinformation et de sensibiliser l'opinion. Deux mois plus tôt, Facebook, Twitter, Google et la compagnie Mozilla (à l'origine du navigateur Firefox) signaient un «code de bonnes pratiques», non contraignant, où ils s'engageaient notamment à distinguer clairement contenus publicitaires et informations, ainsi qu'à fermer plus rapidement de faux comptes actifs.


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