'Supprimer les avocats militants' : un syndicat policier revient sur le tollé suscité par son tweet
 


'Supprimer les avocats militants' : un syndicat policier revient sur le tollé suscité par son tweet

Répondant à un avocat ayant évoqué la suppression de l'IGPN au profit d'«une commission à majorité non policière», le syndicat des commissaires de la police nationale avait estimé qu'il fallait «supprimer les avocats militants», avant de s'expliquer.

Le syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) s'est exprimé ce 5 août sur Twitter au sujet de la polémique provoquée par sa récente publication adressée au cabinet d'avocats Arié Alimi – connu entre autres pour défendre certains Gilets jaunes comme Jérôme Rodrigues ou Geneviève Legay.

De fait, répondant à un tweet dans lequel le cabinet d'avocats avait, sur fond de rebondissements dans l'affaire Steve, évoqué la suppression de l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) afin de remplacer ses services par «une commission à majorité non policière», le syndicat de commissaires avait alors écrit que «toute administration a[vait] son inspection».

Et de poursuivre : «Vos idées de commissions externes ne servent que vos intérêts partisans. Il faudrait surtout supprimer les avocats militants pour apaiser le climat nauséabond auquel vous contribuez.»

Précisant ultérieurement qu'«il ne s'agi[ssait] évidemment pas d’un appel au meurtre», le SCPN a donc souhaité rappelé l'objectif visé par sa première publication.

«Le verbe "supprimer" est utilisé en réciprocité au tweet du [cabinet d'avocats] Arié Alimi [...] Le rôle des avocats est primordial dans la chaîne pénale», écrit notamment le syndicat policier avant de conclure : «Rappelons que parmi les principes essentiels de la profession d’avocat figurent également ceux de modération et de prudence.»

A l'origine de cette clarification, c'est peu dire que la publication initiale du SCPN n'est pas passée inaperçue. Parmi les nombreuses réactions qu'elle avait provoquées, plusieurs hommes de loi étaient monté au créneau sur le même réseau social. Dénonçant «un syndicat d’officiers de police en pleine dérive», Cedric Mas, avocat et président de l'institut Action Résilience, avait par exemple appelé à «un recadrage immédiat du gouvernement».

«L’avocat devient militant dès sa prestation de serment», a pour sa part expliqué Régis de Castelnau, avocat à la Cour et auteur du blog Vu du droit. «Supprimer les avocats, la police en rêve, mais plus grave, une partie de la magistrature aussi», a-t-il ajouté.

L'avocat pénaliste Raphaël Kempf a de son côté souhaité s'exprimer en tant qu'«avocat de Me Arié Alimi». «Je vous signale des propos tenus par des commissaires de police appelant à la "suppression" de mon client, lequel envisage de déposer plainte pour provocation au meurtre», a-t-il tweeté.

Quelques heures avant la publication du double tweet de précision du SCPN ce 5 août, Arié Alimi lui-même a publié une tribune intitulée «Avocat et militant», sur son blog Mediapart. S'il affirme ne pas pouvoir «[se] résoudre à penser que [...] des cadres policiers afficheraient publiquement leur intention homicide sur [s]a personne ou sur celles et ceux que l’on définit comme des avocats militants», il dénonce toutefois dans son texte «une attaque d'une violence effrayante nourrie d’une méconnaissance crasse du rôle de l’avocat dans l’institution judiciaire et plus généralement dans le débat démocratique».


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