Souvenirs de première journée (3/5): Quand Guingamp (et Drogba) infligeaient une remontada au grand Lyon de Juninho
 


Souvenirs de première journée (3/5): Quand Guingamp (et Drogba) infligeaient une remontada au grand Lyon de Juninho

Toute la semaine avant la reprise, 20 Minutes vous invite à vous remémorer les grands souvenirs de 1ere journée dans l'histoire de notre championnat. Aujourd'hui, les cinq minutes de folie entre Guingamp et Lyon (3-3) en 2002

C’est sans doute quand elle n’est pas là qu’on se rend compte à quel point on l’aime. La Ligue 1 est de retour et, pour fêter le plus beau week-end de l’année, 20 Minutes a décidé de revenir sur les premières journées de notre championnat qui sont restées dans les mémoires. De lundi à vendredi, nous allons revenir ensemble sur un souvenir marquant de la reprise… Aujourd’hui, retour sur une fin de match de folie au Roudourou lors d’un Guingamp-Lyon historique en août 2002.

En Italie, un tag devenu célèbre sur les réseaux sociaux disait « Sei bella come un gol al 90 ! » (« Tu es belle comme un but à la 90e minute »). Quoi de plus beau comme compliment ? Pour peu qu’on aime le football, bien évidemment. Il y a dans cette pensée de comptoir quelque chose de profondément vrai : la sensation de voir son équipe renverser un match sur le fil, au bout du bout du bout, et de passer de l’enfer au paradis en l’espace d’une milliseconde a quelque chose d’électrisant.

Ce ne sont pas les Guingampais qui diront le contraire. Ce but, cette folie, ils y ont eu droit un soir de première journée de championnat en août 2002, alors que leur équipe recevait le grand OL champion de France en titre et qu’elle était menée 3 buts à 1 à la 89e. Cinq minutes plus tard, l’En Avant écrivait son histoire et  Didier Drogba le début de sa légende.

Les poids lourds lyonnais au Roudourou

« Le Roudourou a probablement vécu ce soir-là l’une de ses plus belles soirées, raconte Bertrand Marchand, qui faisait alors ses grands débuts sur le banc des Costarmoricains. D’autant qu’il faut bien se rappeler que c’était le grand Lyon. On pourrait presque la comparer au PSG d’aujourd’hui. » Toutes proportions gardées, le coach n’est pas très loin de la vérité. Même si Lyon n’en est alors qu’au début de son règne, il faut voir la tête que font les défenseurs adverses quand Juninho ou Sonny Anderson se présentent face à eux. Le début de match est d’ailleurs conforme à ce constat et la logique est respectée. L’équipe de Paul Le Guen mène 3-1 au bout de 51 minutes de jeu et rien ne semble pouvoir enrayer la machine rhodanienne.

« On est entré sur le terrain sur la pointe des pieds, ne sachant pas trop où on allait avec notre équipe. Elle s’était maintenue sur le fil la saison précédente, lors de l’ultime journée de championnat, et même si on a recruté quelques joueurs d’expérience comme Christophe Le Roux ou Nestor Fabbri, on avançait un peu à tâtons », admet Marchand. Mais après le troisième but, celui du break, Lyon finit fatalement par baisser de pied, ce qui donne des idées aux Bretons.

Bertrand Marchand décide alors de lancer Didier Drogba, inconnu du grand public à l’époque. Un choix qui va définitivement faire basculer le match, même si, à l’époque, un supporter guingampais présent en tribune n’aurait pas misé un kopek sur lui. « Drogba est le troisième choix en attaque, personne ne pense qu’il va devenir ce qu’il est devenu cette saison-là. Quand il entre en jeu, c’est pas vraiment un vrai plus pour l’équipe », explique le twittos Marek Jovial. Sauf que c’est tout l’inverse qui va se produire. Sur un long ballon de Claude «Coco» Michel à destination de la tour de contrôle ivoirienne, Drogba contrôle de la cuisse et laisse intelligemment à Bardon, qui remet Guingamp dans le match. 2-3, 89e minute de jeu.

Un dernier ballon avant l’explosion

« Ça faisait un petit moment qu’on essayait de revenir, qu’on se créait des occasions, se rappelle le capitaine emblématique de cette équipe guingampaise. Et après le but de Bardon je me souviens qu’on s’est senti porté par le public. Peut-être que les Lyonnais étaient un peu trop sûrs d’eux à ce moment-là… ». « On sentait de la fébrilité dans les rangs lyonnais », confirme Marchand. En effet, les guibolles des Gones commencent à trembler.

A raison, puisqu’après une ultime remontée de balle express initiée par Ronan Le Crom, Michel, encore lui, lance Drogba dans la surface adverse. Contrôle poitrine, plat du pied, Coupet est battu et le Roudourou chavire. « Avec une finale de Coupe d’Afrique jouée au Caire devant 100.000 personnes, ça reste le match le plus merveilleux que j’ai vécu en tant qu’entraîneur », tranche Bertrand Marchand.

Didier Drogba, c’est qui ça ?

Peut-on parler de ce match comme l’acte de naissance officiel de Didier Drogba aux yeux des amateurs de foot ? « Ah mais bien sûr », répond Coco Michel. « Sans aucun doute », embraye Marchand. Arrivé au club sur la pointe des pieds six mois plus tôt en provenance du Mans, Drogba n’est pas devenu tout de suite la coqueluche du Roudourou et la terreur des défenseurs.

    Bertrand Marchand : « Je n’avais pas voulu le faire débuter contre Lyon car, physiquement, il lui manquait encore quelque chose. Il avait eu du mal à enchaîner des matchs complets durant la prépa, j’avais donc décidé d’en faire un joker en début de saison. Et malgré ce match, il a gardé ce rôle durant les mois d’août et de septembre. Ensuite il s’est blessé et on lui a laissé le temps qu’il fallait pour qu’il se prépare au mieux. A son retour de blessure, entre octobre et novembre, il était devenu le Didier Drogba qu’on connaît et il n’était plus question de le sortir du onze type. »
    Claude Michel : « Quand il est arrivé, c’était en janvier 2002, déjà on ne le connaissait pas vraiment, et surtout, faut dire ce qui est, il n’était pas bon. Il ratait à peu près tout ce qu’il tentait. Sur le travail devant le but, il forçait trop ses frappes et il mettait tout à côté. Il a vraiment eu six mois compliqués. Et quand il a commencé à marquer, il a pris confiance et ce match a pu jouer un rôle sur le plan mental. A partir de là, tout ce qu’il avait raté précédemment avant aux entraînements, ça rentrait à chaque fois. Sur la fin, il aurait pu tirer les yeux fermés, ça serait rentré. »

Un match annonciateur d’une saison formidable

En plus de Drogba, c’est tout l’effectif guingampais qui a pris conscience de ses qualités et de sa force ce soir-là. « Après le match, on s’est dit « putain, si on est capable de revenir contre le champion de France en titre, y’a moyen de rééditer ça face à d’autres grosses équipes », confie Michel. « C’était les prémices d’une grande saison », confirme Marchand. Il est vrai qu’avec un duo Drogba-Malouda « qui se trouvait les yeux fermés », Guingamp a réalisé la plus belle saison de son histoire dans l’élite en terminant à la 7e place et en réalisant quelques exploits monstrueux (victoire à Lyon 4-1, à Nantes 4-0, à Marseille 2-0).

« Ce premier match a donné l’envie aux supporters de revenir nous encourager à la maison. Après, on était quasiment tout le temps à guichets fermés. Ça venait d’un peu partout pour voir la bande à Drogba. Les championnats, c’est un peu comme un feuilleton: quand le premier épisode met l’eau à la bouche, derrière les gens ont envie d’y revenir. » EAG saison 2002-2003 > Game Of Thrones saison 8, donc.


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