Les Etats-Unis reprochent à l'Union européenne de freiner l'adhésion de nouveaux membres à l'OTAN
 


Les Etats-Unis reprochent à l'Union européenne de freiner l'adhésion de nouveaux membres à l'OTAN

L'UE bloque l'ouverture des négociations d'adhésion de la Macédoine du Nord et de l'Albanie à l'OTAN, suscitant l'ire de Washington. A l'origine de ce blocage, la France tente-t-elle un exercice d'«en même temps» entre gaullisme et atlantisme ?

L'élargissement de l'OTAN pourrait connaître un coup d'arrêt inattendu. Et pour cause, les négociations visant à permettre l'adhésion de la Macédoine du Nord et de l'Albanie à l'alliance militaire emmenée par les Etats-Unis sont au point mort, bloquées par l'Union européenne.

Ce blocage de Bruxelles a fortement irrité les autorités macédoniennes et albanaises, suscitant également de vives critiques outre-Atlantique. Cité par l'AFP, l'émissaire américain pour les Balkans, Matthew Palmer, a en effet déploré, lors d'une visite officielle en Serbie, une «erreur historique et un mauvais message pour toute la région». Et de poursuivre : «L’Amérique souhaite une perspective européenne pour les Balkans occidentaux et nous ferons notre possible afin de convaincre l'UE de changer sa position.»

Paris à la base du blocage

A l'origine de ce blocage, la France, mais également les Pays-Bas et le Danemark. Les trois pays s'opposent à tout élargissement de l'Alliance atlantique jusqu'à nouvel ordre. Un moyen pour Emmanuel Macron de consolider sa tentative de normalisation des relations entre la France et la Russie, sans pour autant faire trop de vagues par rapport à Washington ?

Tandis que Moscou voit d'un mauvais œil tout élargissement du bloc militaire, qui multiplie les déploiements aux frontières de son territoire, Donald Trump n'est pas le plus fervent défenseur de l'OTAN parmi les présidents américains. S'il n'a pas remis en cause la participation de son pays à l'alliance dans les faits, le futur président qualifiait celle-ci d'«obsolète» lors de sa campagne en 2016, avant de nuancer son discours, une fois élu.

«Si, par exemple, le Monténégro est attaqué, pourquoi mon fils devrait-il aller au Monténégro pour les défendre ?», lui demandait encore un journaliste de la chaîne Fox news le 17 juillet 2018. Ce à quoi le dirigeant américain avait répondu : «Je comprends ce que vous dites, j'ai posé la même question.» Donald Trump avait même fait part de sa crainte que la clause d'assistance mutuelle (qui dispose que si un membre de l'OTAN est attaqué, tous les autres se doivent de lui prêter assistance, ne mène vers une «troisième guerre mondiale».
L'OTAN, structure «d'intégration» ou de «subordination» ?

L'OTAN (acronyme pour Organisation du Traité de l'Atlantique nord) a été créée en 1949 dans un contexte de guerre froide. Rassemblant à l'origine 12 pays de l'hémisphère Nord alliés des Etats-Unis, elle se présente comme un organisme de sécurité collective et d'assistance militaire mutuelle. Dans les faits, elle permettait aux Etats-Unis de déployer troupes et missiles nucléaires à portée de l'Union soviétique, qui réplique en 1955 par la création du Pacte de Varsovie, organisation rivale.

Suite à l'effondrement de l'URSS en 1991, le Pacte de Varsovie cesse d'exister, mais l'OTAN n'est pas dissoute et sera même, au contraire, élargie, au grand dam de Moscou. Cette politique d'élargissement vers l'Est contredit pourtant les promesses faites à l'Union soviétique, et est, encore aujourd'hui, régulièrement dénoncée par la Russie.

La France, elle, a eu une relation tumultueuse avec l'Alliance. En 1966, Charles de Gaulle avait en effet ordonné le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN, souhaitant marquer son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Il fustigeait alors une «subordination qualifiée d'intégration» qui «remet notre destin à l'autorité étrangère». Il encourageait également la France à «recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés». Les militaires américains n'avaient eu d'autre choix que d'évacuer leurs bases et de quitter le pays. A l'heure actuelle, la France ne compte aucune base américaine sur son sol, à la différence de la quasi-totalité des autres pays européens. Admirateur des Etats-Unis, Nicolas Sarkozy reviendra sur la décision du général de Gaulle et réintégrera le commandement militaire intégré de l'alliance.

Entre gaullisme et atlantisme, Emmanuel Macron se livrerait-il à un nouvel exercice d'«en même temps» ?


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