Bolivie : Vladimir Poutine met en garde contre un scénario libyen
 


Bolivie : Vladimir Poutine met en garde contre un scénario libyen

Lors d'une conférence de presse tenue en marge du sommet des BRICS, le président russe a formulé le souhait de voir la Bolivie retrouver le chemin de la stabilité. Selon lui, l'absence d'autorité fait craindre la répétition du scénario libyen.

Ce 14 novembre, lors d’une conférence de presse animée en marge du sommet des BRICS à Brasilia, Vladimir Poutine est revenu sur la situation en Amérique latine en réponse à journaliste de RT qui lui demandait son avis sur l’origine de la vague de violences qui parcourt dernièrement le continent. Assurant exprimer une position strictement «personnelle», le président russe a estimé que les problèmes de ces pays plongeaient notamment leurs racines dans la non-résolution des «problèmes sociaux», tout en soulignant que chaque pays avait ses propres «spécificités».

    Cela me rappelle la Libye même si la situation est différente

Abordant la situation en Bolivie, il a néanmoins fait part de sa préoccupation : «Le pays est sur le seuil d'un chaos. C'est un signal très alarmant», jugeant la situation dans ce pays «proche d'une anarchie» depuis le départ d’Evo Morales.

Rappelant que les deux premières personnalités censées succéder à Evo Morales avaient également démissionné, Vladimir Poutine a pointé le risque d’une absence d’autorité à la tête du pays : «Cela me rappelle la Libye même si la situation est différente, il n’y a pas de conflit armé [en Bolivie]. En Amérique latine, les choses évoluent rapidement et nous espérons que le bon sens reprendra le dessus sur les intérêts personnels […] et que la tranquillité et la sérénité reviendront dans le pays», a-t-il ajouté.

Il en enfin rappelé l’attachement de la Russie au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d'un autre Etat.

Plus tôt dans la journée, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova avait quant à elle déclaré que la Russie avait «pris note de l'annonce selon laquelle la deuxième vice-présidente du Sénat Jeanine Añez avait pris les fonctions de présidente par intérim» en Bolivie. Celle-ci s'est autoproclamée le 12 novembre présidente par intérim de la Bolivie, devant une assemblée à moitié vide et malgré l'absence de quorum au Parlement. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe avait cependant rappelé qu'il ne s'agissait pas «de reconnaître ce qui s'est passé en Bolivie en tant que processus légitime.»

Dénonçant un «coup d'Etat civil-politique-militaire» avec le concours de groupes violents, Evo Morales a présenté sa démission le 10 novembre. Le président socialiste, dont la réélection est contestée par l'opposition, avait d'abord proposé, en vain, de nouvelles élections pour sortir de la crise et lever les doutes. Toutefois, lâché par l'armée et la police, il a finalement exposé les raisons de son départ lors d'une allocution télévisée.


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