Transparence : Delevoye déclare finalement 13 mandats... et plaide une erreur «réparée»
 


Transparence : Delevoye déclare finalement 13 mandats... et plaide une erreur «réparée»

Les révélations embarrassantes se suivent et se ressemblent pour le «Monsieur retraites» du gouvernement. Dans sa déclaration d'intérêts revue et corrigée, Jean-Paul Delevoye aurait déclaré 10 mandats de plus que dans la version originale. Un oubli ?

Le feuilleton n'en finit plus. Le Monde révèle ce 14 décembre que Jean-Paul Delevoye, empêtré dans une vague de révélations en cascade, aurait légèrement revu sa déclaration d'intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Et pour cause, le quotidien, qui révélait déjà plus tôt dans la journée que le Haut commissaire aux retraites avait «omis de déclarer deux autres mandats, toujours actifs, d’administrateur bénévole», affirme que Jean-Paul Delevoye a finalement déclaré 13 mandats au total, dont 11 toujours actifs.

Cela représenterait donc 10 mandats de plus que les trois initialement déclarés le 15 novembre dernier à la HATVP. Des salaires auraient par ailleurs été revus à la hausse dans la nouvelle déclaration que Le Monde affirme avoir pu consulter.

Soupçonné de conflit d'intérêts pour des manquements dans sa déclaration initiale, celui qui porte le projet de réforme des retraites se défend, en évoquant sa déclaration de patrimoine qu'il dit avoir scrupuleusement remplie. «J’avoue ne pas avoir porté la même attention à ma déclaration d’intérêts, sans doute parce que j’avais le sentiment de ne pas avoir de conflits d’intérêts et parce que j’étais obnubilé par ma déclaration de patrimoine», assure-t-il ce 14 décembre au Monde, plaidant «une erreur» qu'il estime désormais «réparée».

Tandis que le projet controversé de réforme des retraites a généré l'un des mouvements de grève les plus importants de ces dernières années en France, Jean-Paul Delevoye explique vouloir «continuer à défendre et soutenir ce projet [de réforme] dans le souci du dialogue social et dans une démarche d'apaisement de notre société».

Jean-Paul Delevoye : une «bonne foi» totale ?

Ce qui a rapidement été rebaptisé le «DelevoyeGate» sur les réseaux sociaux avait débuté le 8 décembre dernier, lorsque Le Parisien révélait que Jean-Paul Delevoye avait omis, dans sa déclaration d'intérêts, de signaler son mandat bénévole au sein d'une structure de formation des professions de l'assurance (Ifpass), dont il était l’administrateur depuis 2016. Selon une source proche du dossier citée par Le Parisien, Jean-Paul Delevoye, chargé de la réforme des retraites depuis 2017, était de ce fait «étroitement lié au monde de l’assurance». Aussi, son mandat au sein de l’Ifpass pouvait constituer, selon la source interrogée par le quotidien, un conflit d’intérêts majeur vis-à-vis de la réforme des retraites en projet, «notamment parce que l’ensemble du secteur est intéressé par la réforme».

Le 10 décembre, après de nouvelles révélations, il avait dû démissionner de son poste de président d’honneur du think tank Parallaxe. L’ancien ministre de Jacques Chirac avait perçu, depuis deux ans, plus de 5 300 euros par mois pour un poste de président d’honneur dudit think tank, en plus de son salaire de fonctionnaire en tant que haut-commissaire aux retraites. Selon CheckNews, Jean-Paul Delevoye se serait engagé à rembourser cette ardoise dépassant la centaine de milliers d'euros.

Le 13 décembre, le magazine Capital relevait que Jean-Paul Delevoye siégeait par ailleurs depuis 2016 au conseil d’administration de la Fondation SNCF, chargée d’orchestrer les actions de mécénat du groupe, qui se place par ailleurs au cœur de la réforme des retraites.

Le 14 décembre, Le Monde ajoutait à cette liste d'«irrégularités» un mandat de président de l’Observatoire régional de la commande publique des Hauts-de-France. Selon le quotidien, cette structure est reliée au préfet de région et doit «améliorer et contrôler la transparence des marchés publics». «Un poste où il est question de commandes et de marchés publics», d'après Le Monde. Le deuxième poste serait un mandat au conseil d’orientation de l’Institut de recherche et débat sur la gouvernance (IRG), un think thank philanthropique qui «finance par l'octroi de dons ou de prêts des recherches et des actions qui concourent au progrès de l'homme par les sciences et le développement social».

Dans des propos publiés par Le Parisien le 14 décembre, avant les deux dernières salves de révélations du , le Premier ministre Edouard Philippe avait apporté un soutien marqué au Haut commissaire : «Je pense que la bonne foi de Jean-Paul Delevoye est totale. Il s'en est expliqué. Quand il a eu la certitude que quelque chose dans sa déclaration n'allait pas, il a à la fois démissionné des mandats pour lesquels il n'était pas rémunéré, et s'est engagé à rembourser immédiatement les sommes en question.»


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