Castaner reçoit la famille de Cédric Chouviat, livreur décédé après son interpellation à Paris
 


Castaner reçoit la famille de Cédric Chouviat, livreur décédé après son interpellation à Paris

Les Chouviat ont été reçus par le ministre de l'Intérieur après la mort de Cédric Chouviat après son interpellation à Paris. Christophe Castaner a promis «toute la transparence» dans cette affaire. Association et syndicat de policiers réagissent.

Les proches du livreur Cédric Chouviat, mort à Paris après son interpellation par des policiers, ont été reçus ce 14 janvier à 12h à Beauvau par Christophe Castaner. A l'issue de cet entretien avec le ministre, les Chouviat ont exprimé leur déception. «On aurait voulu que ces quatre policiers soient suspendus mais là apparemment on attend d'autres choses, ils ne peuvent pas le faire aujourd'hui, je ne comprends pas pourquoi», a déclaré Fatima Chouviat, la mère du livreur. Qui a précisé : «Je ne comprends pas comment on ne peut pas les suspendre [...] On leur a mis un permis de tuer dans les mains et ce jour-là, ils s'en sont servis. J'espère qu'ils seront jugés aux assises».

Christian Chouviat, le père du livreur a quant à lui demandé «solennellement» à Christophe Castaner que les techniques du placage ventral et de la clé d'étranglement soient interdites. Il a toutefois relevé que le ministre avait reçu les proches du défunt pendant plus d'une heure et qu'il avait «parlé avec son cœur». Le père de la famille a encore ajouté : «Je n'en veux pas à la Police nationale, j'en veux à ces quatre individus qui ont tué mon fils.»

Transporté dans un état critique à l'hôpital, il est mort le 5 janvier des suites d'une asphyxie «avec fracture du larynx», selon les premiers éléments de l'autopsie communiqués par le parquet de Paris, qui a ouvert une information judiciaire pour «homicide involontaire».

Le père de famille de 42 ans a été victime d'un malaise cardiaque au moment de sa difficile interpellation, le 3 janvier 2020, sur le Quai Branly à Paris. Il a ensuite été transporté en urgence à l'hôpital Georges Pompidou (XVe arrondissement), où il est décédé dans la nuit du 4 au 5 janvier. Selon les informations fournies très tôt par les avocats de la famille et par le parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire, il est mort d'une asphyxie «avec fracture du larynx». L'inspection générale de la polie nationale (IGPN) a également été saisie.

La famille du livreur a dénoncé une «bavure» et mis en cause la technique du plaquage ventral utilisée pour immobiliser Cédric Chouviat que l'on voyait invectiver les policiers, téléphone en main et casque sur la tête, sur une vidéo devenue virale. Les Chouviat demandent une requalification des faits en «violences volontaires ayant entraîné la mort», un crime jugé en cour d'assises.

Le 8 janvier, le ministre de l'Intérieur a appelé de son côté à ce que «toute la transparence» soit faite dans cette affaire et a assuré que «toutes les sanctions nécessaires» seraient prises, le cas échéant. Il a, par ailleurs, mis en cause la technique utilisée, si elle «peut générer la mort d'un homme».

L'institution police perd pied, elle perd tout repère. La population va finir par haïr cette institution qui était censée la protéger

S'invitant dans le débat de manière inattendue ce 14 janvier depuis Pau où il rencontrait ses homologues du G5 Sahel, le président de la République a également demandé des «propositions» pour «améliorer la déontologie» policière devant les télévisions nationales. Et de dénoncer : «Des comportements qui ne sont pas acceptables ont été ou vus ou pointés». Mais Emmanuel Macron a aussi assuré qu'il ne voulait pas «généraliser», ni que «cela atteigne la crédibilité et la dignité [des] professionnels des forces de sécurité intérieure [et] pour cela il ne faut avoir aucune complaisance.» Le chef d'Etat a encore mis en garde : «En aucun cas, je ne veux que ce sujet vienne cacher la violence profonde qui existe dans notre société et dont les forces de sécurité intérieure sont les premières victimes.»

L'épouse de Cédric Chouviat a, quant à elle, expliqué au quotidien Le Monde qu'elle n'en voulait pas aux fonctionnaires mis en cause. «[Ils] n'ont pas voulu tuer mon mari», a-t-elle assuré, estimant qu'ils n'avaient «pas su maîtriser leur colère» et qu'ils étaient «mal formés».

Le syndicat policier Alliance n'a pas trouvé la nouvelle communication de Christophe Castaner à son goût, et a publié un tract dans lequel il appelle le ministre à changer de discours. «Le signal que vous envoyez, M. le ministre, n'est pas celui que nous attendons !», déplore l'organisation syndicale , avant de poursuivre : «Nous avons besoin d'un soutien ferme et indéfectible et pas d'un soutien mou et édulcoré pour acheter une relative paix sociale.»

Interrogé par RT France, le porte-parole l'association policière UPNI, Jean-Pierre Colombies, a pour sa part dénoncé l'attitude de l'intégralité du gouvernement : «On va vers une crise profonde, irrémédiable, ces types nous y entraînent. S'il y a d'autres flics qui subissent des agressions directes, comme celui qui est mort à Bron, volontairement fauché par une camionnette, ce sont les Castaner, les Lallement et les Morvan qui seront comptables, avec leurs déclarations provocatrices. Nous avons un ministre de l'Intérieur qui ne commande rien et qui ne donne pas des instructions cohérentes. Par ailleurs, ils ont donné l'impression que tout était permis pour les policiers... Et maintenant, ils disent l'inverse ? C'est gravissime, l'institution police perd pied, elle perd tout repère. La population va finir par haïr cette institution qui était censée la protéger.»

Et l'ancien commandant de police d'enfoncer le clou : «Entre le ministre perdu, la hiérarchie de technocrates, le DGPN démissionnaire et le préfet de police exalté qui a choisi son camp... on est mal. Ces personnes déstructurent la société et Shakespeare me vient à l'esprit à ce stade : "Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark." Le pouvoir fait la fête pendant que les forces sont sur le terrain, Castaner n'a pas de ligne et il va jusqu'à mentir, comme lors de l'épisode de la fausse invasion de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, quand il ne commet pas des bourdes, comme après l'attaque d'Harpon à la préfecture de police de Paris. Pour résumer, c'est un pompier incendiaire. Entre ses incapacités et ses déclarations péremptoires, le mieux ce serait qu'il démissionne. Ce sont eux qui nous mettent en danger, pas les policiers.»


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