Violences policières ? Pour Macron, la police a avant tout protégé la presse des manifestants
 


Violences policières ? Pour Macron, la police a avant tout protégé la presse des manifestants

Interrogé sur la difficulté pour la presse d'effectuer son travail lors des manifestations, Emmanuel Macron a davantage ciblé la responsabilité des manifestants, le «nihilisme» de certains concitoyens, et a semblé minorer les violences policières.

Dans un propos liminaire lors des vœux présidentiels adressés à la presse, le président de l'Association de la presse présidentielle, Olivier Bost, a interpellé Emmanuel Macron sur la difficulté pour les journalistes d'exercer leur travail durant les manifestations. «Le comportement de certaines forces de l'ordre nous interroge», s'est ainsi inquiété le journaliste de RTL. «Pourquoi des journalistes professionnels, titulaires de la carte de presse, se retrouvent au commissariat, privés de leur protection ou privés de leur matériel de travail ?», a-t-il poursuivi. Un propos faisant notamment écho à l'attitude des policiers à l'encontre du journaliste Rémy Buisine, arrêté avant le départ de la manifestation contre la réforme des retraites le 9 janvier parce qu'il portait un masque à gaz. «Direction le commissariat du 11e pour le port d’un masque à gaz. Matériel saisi par l’OPJ», avait-il twitté le même jour, assurant avoir été retenu par les forces de l'ordre pendant 2h30.

«Nous espérons que le rappel à l'éthique des forces de l'ordre fera cesser ces pratiques», a ajouté Olivier Bost. En réponse, Emmanuel Macron s'est dit «très sensible [...] sur les violences dont les journalistes ont pu faire l'objet».

Il a toutefois assuré ne connaître «aucun policier ou aucun gendarme qui s'engage dans les forces de l'ordre pour être violent». Le président de la République a alors dit souhaiter «remettre les choses au bon endroit et dans le bon ordre», en ciblant avant tout le comportement des manifestants dans la rue : «Il y a une violence de rue qui s'est installée dans notre pays, dont on avait vu les premières traces au moment de l'occupation de Notre-Dame-des-Landes en 2016 [...] et qui s'est largement développée ces derniers mois.»

Des journalistes au moment de la crise des Gilets jaunes ont été protégés par les forces de l'ordre parce qu'ils étaient journalistes

«Il nous faut évidemment la réprimer, la combattre avec beaucoup de clarté, la sanctionner à chaque fois qu'elle existe [...] il nous faut aussi en comprendre les prémices», a encore argumenté Emmanuel Macron, se disant «intraitable» sur le sujet . «Il faut aussi comprendre comment un tel nihilisme peut saisir certains de nos concitoyens», a-t-il poursuivi, précisant : «C'est dans ce cadre que des journalistes ont été attaqués parce qu'ils étaient journalistes.» «Des journalistes au moment de la crise des Gilets jaunes ont été protégés par les forces de l'ordre parce qu'ils étaient journalistes», a-t-il alors soutenu, insistant sur son intention de vouloir «apporter cette clarification».

Confiscation de matériel, coups de matraque : le quotidien difficile des journalistes en manifestation

Si quelques journalistes ont effectivement été pris à partie, notamment au début du mouvement des Gilets jaunes en fin d'année 2018, les violences à leur encontre semblent moindres que le nombre de journalistes pris à partie, empêchés de faire leur travail ou subissant des violences de la part des forces de l'ordre. Dernièrement, un collectif nommé «Reporters en colère» a par exemple recensé «13 atteintes à la liberté d'informer» lors des manifestations des 9 et 11 janvier.

Sur les réseaux sociaux, de multiples difficultés rencontrées par les journalistes afin d'exercer leur métier ont été mises en avant, à l'instar de Wladimir Garcin-Berson du Figaro. Lors de la couverture d'une mobilisation contre la réforme des retraites le 17 décembre, le journaliste a en effet déploré que «les CRS [lui aient] confisqué un masque de protection malgré la présentation de [sa] carte de presse».

Le reporter de RT France Frédéric Aigouy a quant à lui été victime à plusieurs reprises de certains agissements des forces de l'ordre, pris par exemple pour cible par un commissaire de police qui lui a asséné des coups de matraque lors de l'acte 28 des Gilets jaunes à Toulouse le 28 mai 2019 ou encore lors de l'acte 46 dans la même ville. Sous-entendant néanmoins des rapports compliqués entre des journalistes et les forces de l'ordre, Emmanuel Macron a concédé dans ses vœux : «Il y a eu dans le cadre des manifestations, en effet, des violences dans lesquelles les journalistes ont pu être pris à partie et n'ont pas pu parfois faire leur travail comme il se devait. Vous l'avez rappelé. Et je les condamne avec la même clarté.»

Avant d'enchaîner : «Il importe d'exiger [des forces de l'ordre] le respect de toute la déontologie et de l'exemplarité [...] pour que tous les journalistes qui sont dans le cadre d'un événement soient protégés de la violence et puissent faire leur travail comme ils doivent le faire.»


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