'Arrêtez de viser les yeux' : au Liban, une campagne en ligne contre la répression des forces de l'ordre
 


'Arrêtez de viser les yeux' : au Liban, une campagne en ligne contre la répression des forces de l'ordre

Les internautes ont posté des selfies avec une main couvrant l'un des deux yeux, en solidarité avec les protestataires sur lesquels les policiers ont tiré notamment des balles en caoutchouc.

Une campagne en solidarité avec les manifestants blessés au niveau des yeux par des tirs des forces de l'ordre lors des heurts des deux derniers jours dans le centre-ville de Beyrouth faisait le buzz lundi sur les réseaux sociaux, sous le hashtag : "Arrêtez de viser les yeux".

Cette campagne consiste à poster des selfies avec une main couvrant l'un des deux yeux, en solidarité avec les protestataires sur lesquels les forces de l'ordre ont tiré notamment des balles en caoutchouc. Selon un dernier bilan, au moins quatre personnes ont perdu la vue.

"Les forces de sécurité et ceux qui les dirigent ont visé les yeux, les têtes et les visages des protestataires. Ceux qui aveuglent la jeunesse libanaise sont des criminels injustes et brutaux", a notamment écrit le réalisateur Lucien Bourjeily sur son compte Twitter, dans un message accompagné par une photo de lui, un oeil couvert.

"Les révolutionnaires de Nabatiyé se solidarisent avec les révolutionnaires qui ont perdu un œil", écrit cette utilisatrice de Twitter.

Des ONG et défenseurs des droits humains ont également dénoncé un usage excessif de la force par la police, Human Rights Watch l'accusant d'avoir "tiré des balles en caoutchouc en visant les yeux".

Samedi et dimanche, la police anti-émeute déployée à l'entrée d'une avenue menant au Parlement dans le centre-ville de Beyrouth, a tiré des balles en caoutchouc, des grenades lacrymogènes et utilisé ses canons à eau pour repousser les manifestants. Ceux-ci leur ont lancé pierres, pétards et parfois panneaux de signalisation.

Au moins 546 personnes, des manifestants mais aussi des policiers, ont été blessées ces deux jours, selon les bilans de la Croix-Rouge libanaise et de la Défense civile. Des violences sans précédent depuis le début le 17 octobre d'une contestation dirigée contre la classe politique jugée corrompue et incapable de sortir le pays du marasme économique.


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