Privatisation partielle de l’Hôpital du Jura bernois
 


Privatisation partielle de l’Hôpital du Jura bernois

Les intérêt privés axés sur les activités jugées rentables étendent leur emprise au coeur du secteur hospitalier jurassien.

Le gouvernement bernois a vendu 35% des parts de la société anonyme Hôpital du Jura bernois (HJB) au groupe privé Swiss Medical Network (SMN, Genolier). Et celui-ci pourrait devenir majoritaire dans trois ans. Il a deux ans pour le proposer et, dans ce cas, le canton de Berne décidera durant la troisième année s’il lui vend encore 17% des actions. C’est la première fois qu’un groupe privé acquiert des participations dans un hôpital appartenant au canton de Berne.

Le fait qu’un service public essentiel passe, au moins en partie, dans les mains d’une société dont le but est le profit a été décidé sans aucun débat parlementaire ou public et dans le plus grand secret, puisque «les impératifs liés à une société cotée en bourse avaient empêché toute annonce précoce» a indiqué le conseiller d’Etat bernois UDC Pierre-Alain Schnegg.

Les réactions dans la région ont été plutôt liées à l’investissement promis par SMN de 25 millions en trois ans sur les sites de Moutier et Saint-Imier, ainsi que sur les conséquences éventuelles sur les travaux de réflexion menés actuellement par l’HJB en collaboration avec l’Hôpital du Jura. SMN et Berne assurent que la nouvelle donne ne remet pas en question les projets actuels.

Sur le principe même de la privatisation, il y a eu peu de réactions dans la région. Evidemment, l’UDC du Jura bernois a applaudi, mais on n’a pas vu de communiqué du PSJB ou du PSA. Le président de ce dernier, Valentin Zuber, conseiller municipal à Moutier, s’en réjouit même par rapport au contexte particulier de Moutier, en ajoutant toutefois: «même si je ne défends pas forcément la privatisation des hôpitaux».

Profit plutôt qu’intérêt du patient

Une réaction plus critique est venue du Parti socialiste du canton de Berne, qui s’inquiète et est surpris par cette vente «alors que la stratégie de la santé cantonale n’a pas encore été discutée par le Grand Conseil. La politique de la santé doit rester une tâche incontournable du service public et ne peut être laissée à des intérêts privés axés sur le profit». Le PS attend du canton qu’il assume ses responsabilités et renonce à toute nouvelle vente.

Joana Chena-Basanta, secrétaire syndicale SSPJura a rappelé dans un courrier de lecteurs du Quotidien jurassien, que «l’arrivée d’un groupe privé dans le secteur de la santé n’est jamais une bonne nouvelle et n’est pas sans conséquence pour le personnel». Et de rappeler le cas de l’Hôpital de la Providence à Neuchâtel. Elle ajoute: «L’offre de SMN est certes alléchante, mais céder la santé à un privé qui doit rendre des comptes à des actionnaires implique que seules les activités rentables seront conservées et que les choix des prestations offertes se feront en fonction du profit et non plus des besoins réels».


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