«Temps de guerre» : l'épidémie de coronavirus fait plus de 720 morts, dont un premier non Chinois
 


«Temps de guerre» : l'épidémie de coronavirus fait plus de 720 morts, dont un premier non Chinois

L'épidémie du nouveau coronavirus, dont le bilan dépasse les 720 morts, a fait sa première victime non chinoise, un Américain. Hong Kong commence à imposer des mesures drastiques de quarantaine pour tenter d'endiguer la propagation de la maladie.

Un Américain de 60 ans, porteur du virus, est décédé dans un hôpital de Wuhan, à l'épicentre de l'actuelle crise sanitaire, a révélé l'ambassade des Etats-Unis à l'AFP, sans fournir davantage de détails.

Un Japonais sexagénaire est également mort de pneumonie dans un hôpital de la ville, a indiqué le ministère japonais des Affaires étrangères, mais celui-ci a précisé qu'il était «difficile» de dire si sa maladie était due au coronavirus.

Le nouveau coronavirus a déjà contaminé plus de 34 500 personnes et tué 722 patients en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) – soit 86 décès supplémentaires en 24 heures, le plus fort bilan quotidien depuis le début de l'épidémie –, ont annoncé le 8 février les autorités sanitaires.

L'épidémie continue de se propager ailleurs dans le monde. Plus de 320 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires. Jusqu'à présent, seuls deux décès liés au coronavirus ont été enregistrés hors de Chine continentale : un à Hong Kong et un aux Philippines. Il s'agissait de citoyens chinois.

Hong Kong en quarantaine

Le bilan humain de l'épidémie approche désormais celui du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), qui avait tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

Cette situation alarmante a poussé Hong Kong à imposer une mesure drastique : à partir du 8 février, toute personne en provenance de Chine continentale devra s'isoler deux semaines chez elle, à l'hôtel ou dans tout autre hébergement. Les récalcitrants encourent six mois de prison.

Cette initiative draconienne vise à freiner l'épidémie sur le territoire chinois semi-autonome. Hong Kong, où des habitants font des achats paniques de papier toilette et de denrées, a déjà fermé la quasi-totalité des postes-frontières avec le reste de la Chine.

Les mesures de confinement restent par ailleurs strictes dans de nombreuses villes chinoises, où des dizaines de millions de personnes doivent rester calfeutrées chez elles. En visite cette semaine à Wuhan, la vice-Première ministre Sun Chunlan a ordonné aux autorités locales d'adopter des mesures de «temps de guerre» pour rechercher les habitants atteints de fièvre en ratissant les quartiers.

La ville, où est apparue en décembre l'épidémie de pneumonie virale, et la province environnante du Hubei sont coupées du monde depuis deux semaines par un cordon sanitaire.

Paquebot bloqué

De nombreux pays musclent leurs mesures restrictives à l'encontre des personnes en provenance de Chine, et déconseillent les voyages dans ce pays. La plupart des compagnies aériennes internationales ont par ailleurs interrompu leurs vols vers la Chine continentale.

Dans le même temps, d'autres pays poursuivent l'évacuation de leurs citoyens de Wuhan: 213 Canadiens sont arrivés sur une base militaire de l'Ontario, où ils resteront isolés deux semaines. Et des milliers de voyageurs et membres d'équipage restent consignés sur deux navires de croisière en Asie.

Au Japon, le nombre de personnes contaminées sur le paquebot Diamond Princess continue d'augmenter, grimpant samedi à 64 cas. Quelque 3 700 personnes à bord demeurent cloîtrées dans leurs cabines.

A Hong Kong, 3 600 personnes subissent un sort similaire sur le World Dream, dont huit anciens passagers ont été testés positifs. Le Japon a interdit à un autre navire de croisière, où un passager est soupçonné d'être contaminé, d'aborder dans l'archipel.

Fureur populaire

En Chine, l'épidémie a pris un tour politique avec la mort, le 7 février, du docteur Li Wenliang, ophtalmologue de Wuhan qui avait donné l'alerte fin décembre après l'apparition du virus, avant de le contracter lui-même.

Accusé de propager des rumeurs et réprimandé par la police, il fait désormais figure de héros national et de martyr face à des responsables locaux accusés d'avoir caché les débuts de l'épidémie. L'émotion et la colère restaient vives sur les réseaux sociaux chinois, où le mot-dièse «Nous demandons la liberté d'expression» a fait florès avant d'être censuré. Secoué par la fureur populaire, Pékin a annoncé une enquête sur «les circonstances» du décès du docteur.

La municipalité de Wuhan a accordé à sa famille 800 000 yuans (104 000 euros) au titre de «l'assurance couvrant les accidents au travail», selon l'agence Chine nouvelle.

Dans des structures médicales débordées, les personnels soignants restent très vulnérables au virus : 40 employés d'un même hôpital universitaire de Wuhan ont été contaminés en janvier, selon une étude parue vendredi dans la revue médicale Jama.

L'épidémie paralyse l'activité en Chine, où beaucoup d'entreprises et usines resteront fermées jusqu'à lundi au plus tôt. Elle devrait plomber l'économie mondiale en raison du poids du géant asiatique – puissance manufacturière exportatrice et moteur de la consommation mondiale.


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