Piotr Pavlensky : 'Je pensais que la France était le pays de la liberté d’expression'
 


Piotr Pavlensky : 'Je pensais que la France était le pays de la liberté d’expression'

Interpellé le 15 février, Piotr Pavlensky a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire avant d'être libéré le 18 février au soir. A sa sortie du palais de justice, l'activiste a exprimé son point de vue sur la liberté d'expression en France.

Mis en examen le 18 février par un juge d'instruction parisien et placé sous contrôle judiciaire, l’artiste et opposant russe Piotr Pavlensky – au cœur du scandale des vidéos à caractère sexuel ayant poussé Benjamin Griveaux à renoncer à la campagne municipale de la mairie de Paris – a été libéré le même jour dans la soirée où il a notamment déclaré dans une vidéo filmée par Sputnik France : «Il n’y a aucune liberté d’expression.»

Déjà condamné en 2019 pour avoir incendié en octobre 2017 la façade d'une succursale de la Banque de France place de la Bastille à Paris, l'activiste russe a assumé, dans un français approximatif, la diffusion des vidéos de l'ancien porte-parole du gouvernement, à sa sortie du palais de justice de Paris.

«J’espère que je pourrai continuer parce qu’après trois jours, ce projet, ce site porno, a été bloqué», a indiqué Piotr Pavlensky. Et de continuer : «C’est une monstrueuse situation parce que je pensais que la France était le pays de la liberté d’expression. Mais c’est pas du tout [le cas, ndlr]. Il n’y a aucune liberté d’expression, si déjà je ne peux rien faire contre un grand mensonge et contre une grande et monstrueuse hypocrisie [de Benjamin Griveaux, ndlr]», qui «a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris» selon lui.

Réfugié en France depuis mai 2017, Piotr Pavlensky, qui revendique la publication des vidéos à caractère sexuel attribuées à Benjamin Griveaux, est ensuite revenu sur son implication dans la vie politique française. «Maintenant je participe à cette élection municipale. Parce que si l’on parle de la démocratie, elle dit que chaque citoyen peut prendre part à la vie politique. Maintenant, c’est l’élection et bien sûr cela me concerne aussi parce que je suis Parisien. Je n’ai vu que ces personnes… c’est foutu, ils font de graves hypocrisies, donc je voulais faire quelque chose», a-t-il expliqué sans donner de précision sur d’autres vidéos. L'activiste russe a conclu ses propos à la presse en indiquant qu'il soutient «les Gilets jaunes, bien sûr».

Deux informations judiciaires ouvertes contre Piotr Pavlensky et sa compagne

Piotr Pavlensky a été mis en examen pour «atteinte à l'intimité de la vie privée» et «diffusion sans l'accord de la personne d'un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même».

Sous la menace d'une incarcération – réclamée par le parquet – dans une autre information judiciaire ouverte le 17 février concernant des violences avec arme commises le 31 décembre 2019, il a finalement été remis en liberté en début de soirée.

Dans cette procédure, le magistrat instructeur n'a pas encore questionné le Russe de 35 ans et l'a convoqué dans quelques jours pour un interrogatoire, selon plusieurs sources judiciaires reprises par l'AFP. C'est à l'issue de celui-ci qu'une décision sera prise concernant d'éventuels mise en examen et placement en détention provisoire, requis par le parquet.

Selon le parquet de Paris, la compagne de l'artiste russe a été placée en garde à vue dans la soirée du 15 février pour les mêmes chefs d'inculpation que Piotr Pavlensky, dans le cadre de l'enquête ouverte à la suite du dépôt de plainte de Benjamin Griveaux.

En outre, après s'être entretenu avec Piotr Pavlensky, dont il avait été dessaisi dès l'annonce de sa défense, Juan Branco a annoncé qu'il renonçait finalement à défendre l'activiste russe. L'avocat parisien, lors d'un point presse, a ajouté avoir conseillé à l'artiste et opposant russe de choisir un «nouveau conseil», invoquant «la situation actuelle». Juan Branco a ajouté que Piotr Pavlensky serait désormais défendu par un autre avocat, Yassine Bouzrou.


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