1er mai 2017 : désunion syndicale face au Front National
 


1er mai 2017 : désunion syndicale face au Front National

Faute d’entente sur les mots d’ordre, la traditionnelle Journée internationale des travailleurs n’a pas soudé comme en 2002 où Jacques Chirac et les syndicats ont marché côte à côte contre Marine Le Pen pour dire « non » au Front National. Également moins de manifestants qu’il y a quinze ans où 1,3 million de personnes défilaient dans les rues, dont 400 000 à Paris.

En ce premier mai 2017, à six jours du deuxième tour des élections présidentielles, avait lieu à la mi-journée à Villepinte (Seine-Saint-Denis) le meeting de Marine Le Pen et Emmanuel Macron de son côté, organisait un grand rassemblement à la Villette.

Parallèlement à cela, et comme le veut la tradition du parti frontiste, Jean-Marie Le Pen commémorait Jeanne d’Arc en organisant, dès 7 h 30 à Paris, une marche allant de la place du Palais Royal pour rejoindre la rue de Rivoli et s’arrêter place des Pyramides dans le premier arrondissement. Il a ensuite prononcé un discours au pied de la statue de la Pucelle d’Orléans sous les acclamations des quelques sympathisants présents où l’on a pu malgré tout entendre « Islam hors d’Europe » de la part de quelques extrémistes radicaux.

De son côté, en fin de matinée, Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste a lancé un rassemblement « contre le FN et les politiques libérales » devant le métro parisien Saint-Sébastien Froissard près de la place de la République dans le troisième arrondissement.

Syndicats en ordre dispersé
Les syndicats, eux, se sont dissociés en fonction des soutiens : faire barrage à Marine Le Pen, soutenir Emmanuel Macron ou « battre les deux candidats ». Selon la CGT, 80 000 personnes sont descendues dans la rue et 30 000 selon la préfecture contre 70 000 et 16 000 l’année passée. Au total, on peut comptabiliser dans l’ensemble du pays 311 rassemblements ayant regroupés 280 000 participants. Mais nous sommes très loin des chiffres de 2002…

Dans la capitale, dès 11 heures, les syndicats CFDT, Unsa et Fagne se retrouvaient place Stalingrad dans le 19eme arrondissement de Paris. On pouvait y voir un certain nombre de banderoles comme « Pour Marianne, votons contre Marine », « Je ne veux pas grandir avec Marine Le Pen » ou des pancartes affichant : « La jeunesse emmerde le Front National », « Non à Lep’Haine », « Touche pas à ma France ! ». À la tribune, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT a appelé à voter pour Emmanuel Macron et a lancé : « nous refusons l'ambiguïté, l'abstention c'est une demi-voix pour Marine Le Pen » car il faut « rejeter la vision réactionnaire et identitaire du Front National ». 
Et selon Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « Marine Le Pen maintient la même ligne politique que son père ». Entre 200 et  300 personnes étaient présentes pour ce meeting qui s’est terminé vers 14 heures.

Quant à eux, les syndicats, CGT (Confédération générale du travail), Force Ouvrière (FO), Solidaires et la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) ont organisé une marche partant de la place de la République à 14h30 pour aller jusqu’à Nation dans le douzième arrondissement de Paris. Rappelant son opposition à la loi du travail, la CGT a appelé à « faire barrage » à Marine le Pen sans inviter à voter pour Emmanuel Macron tout en appelant à des revendications sociales et à la défense du progrès social : « il faut battre le FN pour le progrès social. Le FN est un parti raciste, xénophobe, anti-femmes et libéral ». Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, n’a cependant pas encouragé l’option « ni-ni » (ni Macron ni Le Pen) car « ce n’est pas la position de la CGT. Cela veut dire qu’il faut aller voter, c’est clair ».
En revanche, FO ne donne pas de consigne de vote mais Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, précise que le Front National est « contre les reculs sociaux, terreau de l’extrême droite » . Et Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, rappelle qu’« on ne peut pas faire abstraction du fait qu’Emmanuel Macron représente tout le quinquennat : le travail le dimanche, le CICE, la loi du travail, c’est lui ». Mais certains, appelleront tout de même « à battre les deux candidats » comme Romain Altman, secrétaire général CGT Info’Com : « nous sommes contre le fascisme et contre la finance ».

Affrontements en marge du défilé
Pour le rassemblement appelant à dire « Non » à Marine Le Pen, et qui était appelé à mobiliser le plus de monde, 9 000 policiers, gendarmes et militaires Sentinelle étaient présents de la place de la République à la Nation. Outre un certain nombre de sorties de métro fermées au public, des contrôles et pré-filtrages ont été mis en place par la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation (DOPC).
Aux environs de 14 h, alors que le cortège commençait à quitter la place de la République, 150 personnes cagoulées et placées en tête devant les syndicats ont été repérées et encadrées par les forces de police. Vers 15 h, place de la Bastille, les heurts ont débuté entre Black Bloc (activistes autonomes ) et forces de l’ordre. Les CRS ont répliqué aux jets de cocktails Molotov par des tirs de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Les affrontements se sont intensifiés boulevard Beaumarchais vers 16 heures où des vitrines ont été endommagées et la vitre d’un abribus cassée.
Selon le dernier bilan de la préfecture de police de Paris, six policiers dont trois CRS ont été blessés : deux CRS légèrement blessés dont un suite à des brûlures, un CRS sérieusement brûlé « au niveau du visage et d’une main », deux policiers de la CSI (compagnie de sécurisation et d’intervention) de la préfecture de police légèrement blessés après des jets de cocktail Molotov, un fonctionnaire de la CSI blessé à la main lors de la manipulation d’une grenade. Quatre interpellations ont eu lieu pour port d’arme prohibé, dégradations et violences à agents de la force publique.

En ce lundi 1er mai 2017, des rassemblements ont eu lieu partout en France. À Strasbourg, Lille, Angers, Poitiers ou Nantes, les défilés se sont multipliés avec les mêmes divergences de mots d'ordre, partagés entre les opposants au FN et les partisans du « ni-ni ». Selon la police 4 000 personnes ont défilé à Nantes, 1300 Lille, 3 000 à Valence et 4 800 à Marseille. À Toulouse, les manifestants étaient entre 6 000, selon les forces de l'ordre, et 15 000 selon les organisateurs, entre 5 000 et 8 000 à Lyon et entre 1 800 et 4 000 à Strasbourg.

Béatrice Taupin
Dogan Presse


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