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Un terroriste d’extrême droite met le gouvernement allemand sur les charbons ardents

L’attentat contre des personnalités de premiers plans projeté par un officier allemand radicalisé met en lumière un climat délétère au sein de la Bundeswehr et provoque un scandale qui enfle au rythme des révélations de l’enquête au point de prendre la dimension d’une affaire d’Etat.

Les informations qui filtrent depuis quelques jours après l’arrestation d’un officier allemand d’extrême droite, laissent peu à peu apparaître un projet d’attentat qui aurait visé plusieurs personnalités politiques de premiers plans. Le scandale enfle autour de l’impunité dont a bénéficié Franco A., le principal suspect placé en détention provisoire et sur lequel enquête le bureau du procureur fédéral. L’officier était camouflé depuis plusieurs mois dans un centre de demandeurs d’asile dans le sud du pays. Sous une fausse identité il se faisait passer pour un réfugié syrien. Ce qui pourrait laisser apparaître, relevaient plusieurs medias germaniques, un souci de maquiller son forfait en un acte terroriste commis par des migrants liés à la mouvance islamiste.

La xénophobie, le nationalisme et les sympathies fascistes de l’officier incriminé  figurent au cœur du débat. L’homme possédait en effet des antécédents qui n’auraient du laisser aucun doute sur son engagement pour l’extrême droite. Mais les cadres de l’armée allemande, la Bundeswehr, ont fermé les yeux. D’où un emballement de la chronique médiatique outre Rhin alors que ce mercredi 3 mai des craintes de plus en plus fortes se faisaient jour sur « l’existence d’un véritable réseau d’extrême droite au sein de la Bundeswehr », comme l’affirme lui même Henning Otte, spécialiste des questions de défense au sein de la CDU.

Ces révélations en cascade ont d’ores et déjà pris l’ampleur d’une affaire d’état. Sur la liste des personnalités que voulait «éliminer» le terroriste de la droite ultra apparaissent en effet Jochim Gauck, l’ex président de la république fédérale, Heiko Maas, le ministre de la justice dans le cabinet d’Angela Merkel, Anne Helm, une député Die Linke de  la cité-état de Berlin et Claudia Roth, une ex dirigeante des verts.

La ministre de la défense, Ursula von der Leyen a du annuler ce 3 mai un déplacement prévu de longue date aux Etats-Unis où elle devait rencontrer son homologue de l’équipe Trump, pour se rendre à Illkirch en France, dans la caserne de l’officier incriminé, son Jägerbataillon (bataillon de chasseurs) 291  appartenant à la brigade franco-allemande, stationnée dans la ville alsacienne. Lors d’une perquisition dans la chambre de l’officier des armes fétiches de l’ex Wehrmacht et une croix gammée ont été découverts. 

Les premiers signes indiscutables de la radicalisation de Franco A. étaient  apparus il y a quatre ans, au cours d’un passage en formation au sein de la célèbre académie militaire de Saint Cyr en France. L’ex étudiant avait alors rédigé un mémoire de 140 pages qui ne laissaient aucun doute sur sa « vision du monde » et sa démarche militante. Son titre : « Transformation politique et stratégie de subversion ». Franco A. y évoque un « génocide » de sociétés occidentales qui, à cause de « l’immigration massive », seraient « sur la voie d’un déclin » déjà en germe.

L’un des dirigeants de Saint-Cyr aurait alors adressé une lettre de protestation auprès des responsables de la Bundeswehr. Celle-ci est restée sans aucune suite, Franco A. ayant plaidé que « pris par le temps » il aurait usé de quelques « raccourcis ». Ce qui a suffi pour que le conseiller juridique de la Bundeswehr n’entame pas de sanctions ni de poursuites à son encontre.

Sur la défensive Van Der Leyen s’est déclaré, lors de son voyage à illkirch,  déterminée à faire toute la lumière. Pour faire la démonstration de sa volonté d’agir contre le laxisme des cadres de l’armée, elle a limogé le général Walter Spindler, responsable de la formation au sein de la Bundeswehr. La chancelière Angela Merkel a du, elle-même, monter au créneau pour défendre sa ministre, souvent présentée par ailleurs comme l’une des figures de la CDU qui pourraient lui succéder au poste suprême.

Anne Helm, la jeune députée de Die Linke élue depuis décembre dernier au parlement (Landtag) de la cité-état avait déjà été la cible de l’extrême droite. En tant que Fenem, elle avait participé en effet en 2014 à une action seins nus, pour dénoncer le traditionnel rassemblement de la droite et de l’extrême à Dresde à l’occasion de l’anniversaire du bombardement de la ville par les alliés à la fin de la seconde guerre mondiale. Beatrix Von Storch, la vice-présidente de la formation d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD),  l’avait accusée alors publiquement d’un comportement « honteux ». Une troupe de théâtre et d’artistes progressistes de Berlin, baptisée « Centre pour la beauté politique » (Zentrum für die politische Schönheit) figureraient également dans le viseur de Franco A. et de ses conjurés. Elle s’est rendue célèbre par ses multiples hapennings culturels contre le racisme et pour l’accueil décent des migrants.

Bruno Odent


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