Un responsable CGT de PSA Poissy poursuivi pour violences
 


Un responsable CGT de PSA Poissy poursuivi pour violences

Un cadre du constructeur automobile accuse le secrétaire de la CGT de l’usine de Poissy de faits de violence lors d’une action revendicative fin septembre. Pour la CGT, ces poursuites sont révélatrices d’un climat de répression antisyndicale.

Si sur ses lignes de montage, PSA fait défiler des bijoux de modernité, en bord de chaîne, les conditions de travail et le dialogue social semblent d’un autre âge. En traînant vendredi 23 juin au tribunal le secrétaire de la CGT de l’usine de Poissy (Yvelines) Farid Borsali, la direction de Peugeot-Citroën semble s’inscrire dans une longue histoire de répression antisyndicale. Mais depuis la mise en place des milices de la CFT (Confédération française du travail, faux syndicat de salariés au service des intérêts du patronat) dans les années 70 à aujourd’hui, les pratiques du constructeur automobile ont légèrement évolué. Aux règlements de compte musclés, PSA préfère désormais l’univers plus feutré des prétoires et des bureaux de DRH. Jugé ce jeudi 22 juin au tribunal correctionnel de Versailles pour violences, Farid Borsali clame son innocence.

« Le 27 septembre, nous avons mené une action syndicale avec une vingtaine de militants CGT dans le bâtiment B2, qui abrite des lignes de montage, pour alerter sur des manquements en termes de sécurité », explique le secrétaire de la CGT de Poissy. « Certaines barres qui retiennent les bacs de pièces, qui peuvent peser jusqu’à cent kilos, n’étaient pas fixées au sol. Des chariots qui contiennent des pièces qui là encore peuvent peser jusqu’à 100 kilos n’étaient pas équipés de frein, ce qui fait qu’ils pouvaient heurter des opérateurs », poursuit le syndicaliste, précisant que la CGT avait mené une action similaire une quinzaine de jours auparavant au bâtiment B3. « Cette fois-là, la direction avait d’ailleurs reconnu des manquements et mis le matériel en conformité », concède-t-il. « Mais lors de la deuxième action, on s’est heurté à un refus de la direction de régler le problème », assure-t-il.

Une « affaire privée » pour PSA

Les échanges s’enveniment assez rapidement. « Il y a eu des débordements et des violences », accuse un porte-parole de la direction du groupe PSA, qui souligne que le cadre qui a porté plainte contre Farid Borsali a eu « deux doigts retournés ». Le syndicaliste nie les faits qui lui sont reprochés, expliquant ne pas connaître le supérieur hiérarchique qui a porté plainte contre lui. Il accuse en outre deux représentants de la direction d’avoir projeté un chariot sur l’un de ses jeunes camarades, qui aurait porté plainte à son tour. Si PSA affirme que la plainte contre Farid Borsali relève d’une « affaire privée entre deux individus », - le cadre attaquant en justice en son nom propre -, pour la CGT, il s’agit bien là d’une méthode de répression patronale. « La personne qui a porté plainte est un responsable des ressources humaines. Il y a au minimum une complaisance de Peugeot », estime Maître Marie-Laure Dufresne-Castets, avocate de Farid Borsali, qui souligne que le cadre en question est revenu travailler dès le lendemain malgré une prescription de 15 jours d’ITT (incapacité temporaire de travail).

Un cas loin d’être isolé pour la CGT

« Cette attaque de la direction contre un militant CGT n’est pas un cas isolé », insiste la CGT dans un tract, rappelant qu’un jeune militant a en outre été licencié pour avoir participé à l’action du 27 septembre, tandis que 14 de leurs camarades ont été sanctionnés de jours de mise à pied ces derniers mois. Dans une affaire séparée, la direction avait accusé neuf militants CGT d’avoir séquestré mi-février l’un de leurs supérieurs alors qu’ils demandaient à ce que soient respectés les restrictions médicales d’un salarié. PSA avait sur la base de ces accusations demandé l’autorisation à l’inspection du travail de licencier cinq salariés protégés CGT. Une demande rejetée par l’Inspection du travail. Huit d'entre eux devraient être auditionnés au commissariat samedi prochain dans le cadre d’une plainte.

Un climat de tension étrangement concomitant avec la période de campagne des élections professionnelles, qui se sont tenues le 16 mars sur le site de Poissy. «En menant une politique de répression, la direction espérait salir, intimider et démoraliser les militants afin de contenir le résultat électoral de la CGT », clame le syndicat dans un tract, rappelant que cette politique a été un « échec complet : la CGT est passée 1er syndicat chez les ouvriers ». Appelant à un rassemblement de soutien devant le tribunal de Versailles vendredi matin, la CGT a en outre lancé une pétition en ligne qui a engrangé à ce jour plus de 1600 signatures dont celles de Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon (FI), Philippe Poutou (NPA), Nathalie Arthaud (LO), Philippe Martinez (CGT), l’ancien inspecteur du travail Gérard Filoche et l’économiste et sociologue Bernard Friot.

Loan Nguyen


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