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Quand des parlementaires français se rendent au Yémen... grâce à l'Arabie saoudite

Alors que le Yémen est le théâtre d'une guerre entre la coalition arabe menée par l'Arabie Saoudite et les rebelles Houthis, six parlementaires français se sont rendus sur place dans un voyage financé par... l'Arabie saoudite.

Depuis 2014, le Yémen vit une guerre civile qui a fait près de 10 000 morts, plus de 55 000 blessés et provoqué, selon l'ONU, «la pire crise humanitaire du monde». Elle oppose la coalition arabe commandée par l'Arabie saoudite, soutenant Abd Rabbo Mansour Hadi, le président du pays en exil, et les rebelles chiites Houthis, initialement proches de l'ancien président Ali Abdallah Saleh (qu'ils ont fini par tuer le 4 décembre 2017 après un retournement d'alliance de celui-ci).

Fin mai, la sénatrice UDI de l'Orne, Nathalie Goulet a mené une délégation diplomatico-humanitaire au Yémen en compagnie de Michel Amiel (sénateur La Force du 13), Fabien Gouttefarde (député LREM), André Reichardt (sénateur LR), et Xavier Iacovelli (sénateur PS) et Hervé Maurey (sénateur UDI). Certains de ces parlementaires ont posté leur escapade sur les réseaux sociaux.

Sauf que la polémique est née lorsque, le 30 mai, Le Point a révélé que ces élus de la République s'étaient rendus dans cette région en conflit, en répondant favorablement à l'invitation de la coalition arabe, menée par les Saoudiens, qui est allée jusqu'à financer le voyage. Or, selon l'ambassade française de Riyad, cette délégation s'est aussi rendue en Arabie saoudite à la rencontre des autorités saoudiennes, principaux belligérants dans la guerre. En outre, l'ambassade saoudienne à Paris n'a pas hésité à relayer une vidéo de propagande après ce voyage.

Une visite qui peut être perçue comme un pied de nez à l'Iran, ce dernier soutenant (au moins moralement) les Houthis. Alors que la France tente de sauver l'accord nucléaire iranien, la position française semble donc être floue sur la politique officielle à mener au Moyen-Orient. Une vision pas forcément partagée par le député LREM Fabien Gouttefarde, interrogé par Le Point : «Je pense que l'on peut, comme le fait d'ailleurs l'Elysée, jouer sur les deux tableaux . D'un côté, être favorables à l'accord sur le nucléaire avec l'Iran ; de l'autre, trouver un moyen pour que le conflit yéménite baisse d'intensité.»

Avec ce voyage, la France a-t-elle été instrumentalisée par l'Arabie saoudite ?
Toutefois, autre problème posé : le 6 juin France 2  atteste que les parlementaires ont eu un point de vue uniquement saoudien après «la visite de deux centres d’accueil saoudiens pour les populations qui ont fui le conflit» et la rencontre d'une «organisation saoudienne qui prend en charge d’anciens enfants soldats». Interviewé par France 2, le député LREM Michel Amiel avoue que «le but était d’essayer de se rendre compte d’une partie de la réalité tout en étant parfaitement lucide et conscient sur le fait que ce n’était qu’une partie de la réalité».

En ce sens, alors que, d'après France 2, le Quai d’Orsay était au courant de ce déplacement, Sébastien Nadot, député LREM de Haute-Garonne, également interviewé par la chaîne publique, estime que ce voyage n'aurait pas dû être validé : «L’Arabie saoudite se sert de cette visite des parlementaires pour dire en gros : "Regardez le pays des droits de l’Homme est dans notre camp" et ça sert l’impunité de l’Arabie saoudite, qui, ne l’oublions pas, est accusée par l’ONU de crimes de guerre.»


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