Dogan Presse Agence France | Actualite | Politique | Journal
 


L'Etat français va injecter 10,5 milliards d'euros dans six grandes banques

Christine Lagarde a fait cette annonce lundi soir. Les six plus grandes banques françaises doivent bénéficier de ces fonds afin de financer suffisamment l'économie et se placer au niveau de leurs concurrents européens.

L'Etat français s'est dit prêt, lundi soir 20 octobre, à injecter 10,5 milliards d'euros dans le capital de six grandes banques françaises pour renforcer leurs fonds propres et leur permettre de rouvrir le robinet du crédit aux ménages, aux PME (petites et moyennes entreprises) et aux collectivités locales, grippé par la crise financière. En vertu de ce plan, l'Etat s'engage à souscrire d'ici à la fin de l'année à des titres de dette subordonnée émis par les banques concernées avec un taux d'intérêt supérieur d'environ 400 points de base au taux utilisé pour des prêts "sans risque".

Le Crédit agricole recevra la somme la plus importante, soit 3 milliards, BNP Paribas 2,55 milliards, la Société générale 1,7 milliard, Crédit Mutuel 1,2 milliard, les Caisses d'épargne 1,1 milliard et les Banques populaires 950 millions.

A l'issue d'une rencontre avec les banquiers, la ministre de l'économie, Christine Lagarde, a indiqué que l'Etat était prêt à maintenir ce guichet ouvert et à souscrire, "si les tensions de marché venaient à persister", "à une nouvelle tranche d'un montant équivalent en 2009".

Ce plan s'inscrit dans le train de mesures exceptionnelles de nationalisation et de recapitalisation des établissements financiers décidées en Europe, aux Etats-Unis et dans d'autres pays pour répondre au séisme financier des dernières semaines.

"La souscription aux émissions de dette se fera via la société de prise de participation de l'Etat (SPPE)", a déclaré Christine Lagarde. La dette subordonnée entre dans les fonds propres éligibles pour le calcul du ratio tier one, qui mesure la solvabilité des banques ; ce ratio traduit l'obligation faite aux banques de conserver un certain montant de capitaux propres, compte tenu des risques qu'elles prennent en accordant des crédits.

RESTAURER LA CONFIANCE DES MARCHÉS
Grâce à cette injection de capital, le ratio des banques françaises participant à l'opération devraient ainsi être relevé d'environ 50 points de base et se situer de ce fait dans la moyenne européenne de 8,5 %. Les titres des banques françaises ont été vivement attaqués en Bourse au cours des derniers jours en raison de la faiblesse relative de leur ratio face à leurs homologues européennes, dont certaines, comme le groupe néerlandais ING ou la banque suisse UBS, ont fait récemment l'objet d'une recapitalisation massive par leurs gouvernements respectifs.  Ces mesures de recapitalisation pourraient ainsi contribuer à restaurer la confiance des marchés à l'égard des banques françaises assurées d'être recapitalisées.

Par ailleurs, Bercy a souligné qu'indépendamment de ces nouvelles mesures, l'Etat restait prêt à intervenir "le cas échéant en capital" si un établissement venait à connaître des difficultés majeures, comme ce fut le cas avec la banque Dexia,  qui a bénéficié fin septembre d'un plan de recapitalisation d'urgence de 6,4 milliards impliquant les Etats belge, français et luxembourgeois.

"Depuis le début de la semaine dernière, le marché avait exercé une pression sur les banques françaises dont les ratios de solvabilité tier one et 'core' tier one apparaissaient nettement en dessous de la moyenne européenne", a déclaré à Reuters Eric Vanpoucke, analyste bancaire chez Sal. Oppenheim.

Une étude de Merrill Lynch avait relancé, lundi, les craintes d'insuffisance des fonds propres des banques européennes en estimant que si son scénario récessionniste le plus défavorable se réalisait, ces banques – dont Socgen, BNPP et Crédit agricole – auraient un besoin supplémentaire de capital de 73 milliards d'euros.

La Banque de France a souligné, lundi soir, dans un communiqué, que les six groupes bancaires concernés par le plan présentaient actuellement un niveau de fonds propres "tout à fait satisfaisant, conforme ou supérieur à ce qui a été demandé par la commission bancaire à chaque établissement, en fonction de la nature de ses activités et de son profil de risque". Elle a ajouté que les banques françaises "se comparent très favorablement aux autres banques européennes".

Cette aide de l'Etat aux banques, qui doit encore recevoir l'aval de la Commission européenne, s'inscrit dans le plan de soutien de la France à son système bancaire, annoncé le 13 octobre dernier, d'un montant total de 360 milliards d'euros. Ce plan comporte deux volets : une garantie de l'Etat au refinancement des banques plafonné à 320 milliards et une structure visant à leur fournir des fonds propres, dont la garantie est plafonnée à 40 milliards et où seront puisés les 10,5 milliards en question. En contrepartie de ces aides, les banques doivent faciliter le crédit aux PME, aux collectivités locales et aux ménages, en mettant l'accent pour ces derniers sur les crédits relais pour l'immobilier, qui ont souffert du retournement du marché. Au total, les banques ont fixé un objectif de progression de leurs encours de l'ordre de 3 % à 4 % dans ces différents types de financement de l'économie.

Autre contrepartie et non la moindre : les banques se sont engagées à respecter des principes "éthiques" de gouvernance en interdisant notamment les parachutes dorés en cas d'échec des dirigeants.


:

Photos de l'article

Video de l'article

Articles similaires

 

France

Politique

Economie

Jeunesse

Culture

Technologie

Cinema Guichet

Valence ville

Drome

SPORT

Sante

Vidéos les plus vues

Monde

LE TOP 6 DES ARTICLES