Postes clés de l'UE : les Européens peinent à s'entendre, Macron déplore 'une image pas sérieuse'
 


Postes clés de l'UE : les Européens peinent à s'entendre, Macron déplore 'une image pas sérieuse'

Faute d’accord entre les 28 dirigeants européens, les tractations autour du partage des postes clés de l’UE ont été suspendues ce 1er juillet. Une impasse qui a le don d’agacer le chef de l’Etat qui, lui aussi, semble peu enclin au compromis…

Le sommet censé définitivement régler la question du partage des postes de pouvoir au sein de l’Union européenne a viré à l’impasse ce 1er juillet. Réunis pour la troisième fois depuis les dernières élections européennes, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement européens n’ont pas réussi à s’accorder sur les nominations aux postes stratégiques de l’UE, au premier rang desquels figure celui de président de la Commission européenne. Alors qu’il quittera ses fonctions le 31 octobre prochain, Jean-Claude Junker ne connaît toujours pas l’identité de son successeur.

Emmanuel Macron fustige «des réunions trop longues qui ne mènent à rien»

A l’issue de ces tractations infructueuses, Emmanuel Macron n’a pas caché son irritation de voir ses collègues européens ne pas jouer la même partition. Le chef de l’Etat a en effet dénoncé «des réunions trop longues qui ne mènent à rien» et «des heures passées en palabres», non sans ironiser sur «un club de 28 qui se réunit sans jamais se décider».

«Cet échec est lié aux divisions et parfois à des ambitions personnelles qui n'avaient pas lieu d'être autour de la table», a-t-il poursuivi en se refusant de mentionner les personnes auxquelles il faisait référence. «Il faut avoir des réunions mieux préparées. Tout ce processus a été mal pensé.»

Si, pour le locataire de l’Elysée, cet échec conduit à donner «une image pas sérieuse de l’Europe» et ne la rend «pas crédible au plan international», il s’est voulu optimiste sur la suite des négociations dont la reprise est prévue le 2 juillet : «Je reviens demain [le 2 juillet] à 11h et je pense que demain en quelques heures nous pourrons avoir un accord.»

Commission européenne, Banque centrale européenne : la France est-elle réellement étrangère au blocage ?

Bien qu’Emmanuel Macron ait déploré un blocage qui n’a que trop duré, la France n’en est-elle pas également à l’origine ? Depuis les élections européennes du 26 mai dernier, Paris et Berlin s’opposent, entre autres, sur la méthode de désignation du président de la Commission européenne.

Comme le souligne Pierre Lévy, rédacteur en chef du mensuel Ruptures, Berlin défend bec et ongles «la procédure qui a la préférence de l’europarlement : la présidence de la Commission devrait revenir au chef de file du parti européen arrivé en tête» lors des dernières élections européennes, «le spitzenkandidat». Si cette méthode est à nouveau suivie comme en 2014, elle débouchera sur la nomination de l’Allemand Manfred Weber, candidat du Parti populaire européen (PPE, droite), majoritaire au Conseil et au Parlement européen.

Mais Paris ne l’entend pas de cette oreille. Pour Emmanuel Macron, Manfred Weber, qui n’a jamais exercé de responsabilité gouvernementale, manque cruellement d’expérience. 

La dernière option sur la table, soutenue par l’Allemagne et la France, prévoyait l’attribution de la Commission européenne au social-démocrate néerlandais Frans Timmermans. Mais cette entente franco-allemande rencontre l’hostilité de l’Italie et des quatre membres du groupe de Visegrad (la Hongrie et la Pologne, contre qui il a lancé des procédures pour violation de l'Etat de droit, ainsi que la Slovaquie et la République tchèque).

Autre point de friction entre la France et son voisin d'outre-Rhin : le choix de la personnalité qui succédera à Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne. Le 21 juin, en marge du Conseil européen, le président français avait raillé l'opposition de Jens Weidmann – le candidat de Berlin – à l’action de Mario Draghi à la tête de l’institution monétaire européenne. Alors qu’un journaliste lui demandait si Jens Weidmann ferait un bon président de la BCE, il a déclaré : «Il ne m’appartient pas d’être l’arbitre des élégances».

Avant d’ajouter : «Je suis très heureux, mais très heureux, que les membres qui se sont alors fortement opposés, qui ont fait des recours juridiques contre les décisions de Mario Draghi, contre l’OMT, tous les mécanismes mis en place, se convertissent, peut-être sur le tard, mais se convertissent avec vigueur à [l'action de Mario Draghi pour sortir la zone euro de la crise].»

Dans le cas où aucun consensus ne se dégagerait le 2 juillet, les dirigeants européens pourraient à nouveau se réunir dans un peu moins de deux semaines, le 15 juillet, pour de nouvelles tractations. Un nouveau chapitre tumultueux de l'histoire de l'Union européenne qui témoigne du risque réel de fragmentation d'un espace où les désaccords n'ont jamais été aussi nombreux.


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