Lima 2019 : faire mieux est un objectif, pas une prévision
 


Lima 2019 : faire mieux est un objectif, pas une prévision

Notre délégation vise environ 36 médailles d'or ou une place au-dessus de la quatrième au tableau des médailles, voire les deux, ce qui améliorerait la performance de Toronto-2015.

UN mois avant le coup d’envoi des 18e Jeux panaméricains à Lima, je reprends et je vous invite à réfléchir à un concept qui se veut un hommage à celui qui l'a énoncé il y a huit ans, au moment où une délégation sportive s’apprêtait à participer à un rendez-vous sportif similaire à celui de Guadalajara. Face à la pression que nous imposaient le Brésil, le Canada et le pays siège, en l’occurrence le Mexique, sur le tableau des médailles, le président de notre Comité olympique, José Ramon Fernandez, le « Gallego », fit cette observation : « Nous ne nous sommes pas fixés une prévision, mais un objectif ».

À cette compétition, les prévisions se sont révélées en deçà de la réalité avec la deuxième place qui fut finalement remportée par notre délégation. Il y a en effet une différence entre objectif et prévision. Le premier, contrairement au second, n'a pas grand-chose à voir avec la forme apparente préalable à la compétition, les conditions, les qualités techniques ou tactiques d'un concurrent, les garanties, les circonstances logistiques ou les avantages économiques qui sous-tendent un résultat sportif. Un objectif dépend aussi de la volonté d'atteindre un but, aussi difficile soit-il. La Révolution cubaine, qui a fait germer et a donné au monde le puissant mouvement sportif qui fait la fierté de cette Île, en est la preuve la plus éclatante.

Bien qu’elle ait perdu une grande partie de ses médecins au lendemain de la Révolution, en 1959, Cuba est devenue une puissance de la santé pour ses habitants et pour le monde ; l’Île s’est proposé de devenir un pays d'hommes et de femmes de science et son niveau scientifique et technique est reconnu dans le monde entier. L'analphabétisme fut éradiqué grâce à la Campagne d’alphabétisation en 1960, et aujourd’hui l’éducation pour tous est l’une des principales réalisations de la Révolution. Ces performances ont déjoué toutes les prévisions des politologues et « prophètes » qui annonçaient que, face au criminel blocus économique, commercial et financier imposé par la plus grande puissance impériale qu’ait connu l'histoire de l'humanité, avec ses lois extraterritoriales, ses mensonges et ses agressions en tout genre, la Révolution s’effondrerait. L'histoire a montré combien pèse l'objectif des enfants d'un peuple résolu à vaincre et à aller de l’avant dans leur développement.

Lorsque nos sportifs affirment qu'ils tenteront de faire mieux à Lima, il ne s’agit pas d’une prétention d’obtenir des résultats, mais plutôt de se battre dans cette saine émulation pacifique et fraternelle qu'est la compétition sportive avec cette volonté de tout donner, en rivalisant d’ardeur pour inscrire haut le nom de leur pays. Il s'agit, comme le faisait Yipsi Moreno, d'aller dans l’aire de lancer du marteau, telle une lionne, quel que soit le résultat, pour envoyer l’engin le plus loin possible ; ou Anier Garcia, à l’épreuve du 110 haies à Sydney-2000 ; ou la judokate Driulis Gonzalez aux Jeux olympiques d’ Atlanta-1996, de retour d’une sérieuse blessure cervicale ou encore de l’athlète Ana Fidelia Quirot aux Championnats du monde de 1995 et 1997, avec ses deux médailles d'or après s’être rétablie à la suite des graves brûlures subies lors d’un accident. Ou comme nos spectaculaires volleyeuses en 2000 qui s’imposèrent à une redoutable équipe russe pour remporter leur troisième titre olympique consécutif.

Ces exploits ne répondaient pas à un pronostic. Ils furent la confirmation de l'objectif que s’étaient fixé ces héroïnes et ces héros, et leurs entraîneurs, auxquels Fidel fit référence dans ses réflexions « Médaillé d’or : l’honneur », datées du 24 août 2008. C’est de cet honneur que nous parlons lorsque nous affirmons que nous allons à Lima pour faire mieux.

Notre délégation vise environ 36 médailles d'or ou une place au-dessus de la quatrième au tableau des médailles, voire les deux, ce qui améliorerait la performance de Toronto-2015, même si ce sont deux objectifs très ambitieux. L'analyse des spécialistes de l’Institut national des sports, de l’éducation physique et des loisirs (INDER) nous confirme déjà que le Brésil compte 20 sports avec des options de titre, tandis que le Canada en compte 14, et le Mexique, la Colombie et Cuba 13 ; que la délégation cubaine sera absente dans 149 des 419 disciplines, et que les possibilités de victoire identifiées sont de l’ordre 44 titres, ce qui oblige nos sportifs à faire preuve d’une efficacité de plus de 80% dans chaque finale.

C'est un autre défi qui passe par l'engagement très fort des sportifs envers leur peuple et qui, à notre avis, pourrait se traduire par une moisson de 39 médailles d’or. Selon José A. Miranda, directeur du sport de haute performance de l’INDER, lors la Table Ronde télévisée du 11 juin, telles sont plus ou moins les prévisions des spécialistes.

André Kolechkine, un Belge au cœur cubain qui a introduit le judo dans notre pays, disait à ses élèves : « Pour voir de beaux paysages, il faut escalader de très hautes montagnes. » Les montagnes de Lima sont aussi raides et hautes que celles du Machu Picchu, c'est pourquoi nous devrons les escalader avec les meilleures armes : le but et la volonté de voir la vallée.

 Oscar Sanchez Serra


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