'Résilience' : Vaste opération militaire ou campagne de communication gouvernementale ?

La ministre des Armées a précisé les contours de l'opération Résilience, décidée afin d'intégrer l'armée dans la lutte contre le coronavirus mais la manœuvre pourrait se révéler être une opération de communication d'un gouvernement en difficulté.

«Résilience» C’est le nom choisi par Emmanuel Macron pour baptiser la nouvelle opération qui mobilisera l’armée afin d’aider la population à face à la pandémie de coronavirus qui touche la planète. Appelant à «l’union» afin de mener «la guerre», le président de la République a annoncé sa mise en place lors de son discours le 25 mars depuis Mulhouse.

D’après la ministre des Armées, Florence Parly, l’objectif de l’opération est de «venir en aide à la population, soutenir l’Etat et les services publics». «Résilience rassemblera un large spectre de missions, mot d’ordre : "agir pour". Nous avons déjà commencé avec plusieurs évacuations aériennes, maritime et la construction d'un hôpital de campagne. Toutes ces missions seront désormais réunies sous une même bannière», a-t-elle fait savoir le 25 mars sur Twitter.

Cependant, on sait pour le moment peu de choses sur les détails précis de l’opération et l’exécutif semble apporter les éléments au compte-gouttes. En effet depuis plusieurs jours, l’armée avait déjà été mobilisée afin de déployer un hôpital de campagne à Mulhouse (Haut-Rhin) et d’assurer le transport de matériel médical ou encore de transférer des patients intubés d’un hôpital vers un autre. Florence Parly a souligné le 26 mars sur l'antenne de RTL qu’il s’agissait désormais «d’intégrer l’ensemble de ces missions à l’intérieur d’une opération interarmées».

Une opération de communication déguisée ?

Si les contours précis de l’opération ne sont pas encore connus, l’ancienne directrice générale adjointe d’Air France a précisé sur les ondes que l’armée viendrait en aide à «l'ensemble des pompiers qui œuvrent sur le territoire» ou qu’elle assurerait la surveillance de certains points de stockage de matériel médical par exemple. Une présence jugée «dissuasive» par Florence Parly afin de se prémunir contre les vols.

Evoquant la mobilisation de «quelques milliers» de militaires, la ministre a indiqué que le Dixmude et le Mistral, deux porte-hélicoptères amphibies de la Marine nationale, seraient déployés en Outre-mer, le premier dans les Antilles françaises et en Guyane et le second dans l’Océan Indien à proximité de La Réunion et de Mayotte.

Toutefois, pas question pour les militaires d’effectuer des missions de maintien de l’ordre ou de dresser des contraventions. «Les armées n'ont pas vocation à dresser des contraventions en cas de non-respect du confinement, tout simplement parce que les militaires ne disposent pas de pouvoir de police judiciaire», a rappelé l’ancienne secrétaire d’Etat.

Mais cette initiative aura-t-elle un réel effet ? Ou est-elle simplement une réponse, censée être comprise comme forte, d’un gouvernement de plus en plus critiqué ? «Nous n’avons pas encore la moindre idée du contenu du plan annoncé par le gouvernement. Pour le moment c’est une opération de communication», décrypte pour RT France Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans les questions militaires chez nos confrères de L’Opinion.

L’annonce d’Emmanuel Macron intervient alors que certains membres de son gouvernement se retrouvent au cœur de toutes les critiques. En effet, une pétition circulant en ligne et ayant recueilli, le 26 mars, quasiment 250 000 signatures, appelle à soutenir le collectif de soignants C 19, dont trois médecins avaient saisi la Cour de justice de la République (CJR) à propos de la gestion de crise décidée par Edouard Philippe et Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé.


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