Victor Hugo, l’humanité des hommes en étendard


Victor Hugo, l’humanité des hommes en étendard

A partir du 8 juillet, « Le Monde » republie l’œuvre de l’écrivain dans l’édition de référence de 1881, enrichie de gravures, de textes posthumes et d’éclairages historiques.


Victor Hugo écrivait debout. Comme un marin dans la tempête, comme un plaideur au tribunal, debout, il faisait front. Sa vie et son œuvre portent l’empreinte de ses rages, de ses élans, de ses amours. Le voici tout entier. Plus vivant que jamais, tant ses combats perdurent, tant son verbe juste et clair demeure impérissable.

Pierre-Jules Hetzel, son ami et éditeur complice, imagina pour lui un écrin à sa mesure, une édition de référence qui fera autorité. C’est lui qui, en 1881, l’année même où Victor Hugo honore de son nom une avenue parisienne, publie sous le contrôle de l’auteur, alors au faîte de sa gloire, l’édition d’exception qui allait porter sa légende. La voici aujourd’hui restituée et enrichie pour les lecteurs du Monde. Luxueusement habillée de cartonnages et de dorures au fer, elle sert la même exigence esthétique et éditoriale, sous l’œil attentif et curieux d’Erik Orsenna, qui parraine et préface la publication.

Augmentant la version originale des gravures des grands maîtres de l’époque, de textes posthumes, d’éclairages historiques, l’édition du Monde nous rapproche d’un homme et d’une œuvre que l’on croit connaître. Car, à l’instar de Notre-Dame de Paris, l’œuvre hugolienne n’est pas qu’un hiératique monument dont on n’oserait franchir le seuil. Au contraire ! Ses portes s’ouvrent sur notre histoire, tissant avec l’actualité de troublants parallèles, comme le souligne Arnaud Laster, président de la Société des amis de Victor Hugo. Car, depuis son siècle, Hugo nous parle du nôtre et de sa permanente actualité. Son élan humaniste épouse la musique des mots pour saisir les beautés du monde autant que les noirceurs de l’âme. Et ses Misérables disent hier, mais hélas aujourd’hui également.
Energie tonitruante et tendre douceur

Aussi, venir ou revenir à lui, c’est sonder nos mystères, nos compromis, nos paradoxes. C’est braver le risque, mesurer le choix. Plus qu’un témoin, Hugo est une conscience. Des passions humaines qu’incarnent avec lyrisme Hernani ou Ruy Blas aux profondes Contemplations d’un père qui pleure sa fille disparue, Hugo porte en étendard l’humanité des hommes, sombre et lumineuse. La liberté est son drapeau, l’égalité son socle, la fraternité son élan. Qui mieux que lui incarne la devise de cette république qu’il prône et défend ? Son verbe vient sonner, comme tintent les clochers, avec l’énergie tonitruante de l’orage et la tendre douceur d’un murmure. « Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. La main du songeur vibre et tremble en l’écrivant… », clame-t-il.

Le lire, le dire, c’est pour Guillaume Gallienne « jouer dru », comme le conseillait Jean-Luc Boutté aux comédiens du Français. Tout Hugo est là ! Restant à explorer, à sentir, à transmettre. A cet écrivain qui n’oublia jamais d’être homme, auréolé de gloire et de doute, d’émotion et d’espoir, dont la reconnaissance dépasse les honneurs, il fallait, mieux qu’un hommage ou un monument, une demeure riche de ses livres : une adresse universelle. Elle se veut aussi généreuse et remarquable que celle qu’utilisaient ses contemporains pour lui écrire, indiquant simplement sur l’enveloppe : « A Monsieur Hugo, en son avenue, Paris ».

Retrouvez la collection Victor Hugo publiée par « Le Monde » sur le site qui lui est consacré.

Source: Le Mondei


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