Cargill : plan social validé à Haubourdin

 Cargill : plan social validé à Haubourdin

Le producteur d'amidon va conduire un plan de sauvegarde de l'emploi, qui pourrait toucher jusqu'à 186 salariés sur 300 dans l'usine nordiste.

Lancé le 21 novembre 2019, le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de l’usine Cargill à Haubourdin (Nord) a été validé par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte). Il est «susceptible de conduire aux licenciements de 186 salariés», selon l’AFP, qui a pu consulter une décision rendue lundi. L’entreprise américaine, qui fait partie des leaders mondiaux dans la production d’amidon, est présente dans la région depuis 2002, après le rachat de Cerestar. Elle emploie plus de 300 personnes.

La direction souhaite abandonner l’extraction d’amidon, son activité principale jusque-là, pour se «repositionner» uniquement sur sa transformation en ingrédient industriel destiné à la pharmacie et à l’alimentation infantile.

La Direccte explique que le projet de licenciement concerne 186 personnes, avec 170 suppressions de postes et 16 modifications de contrat de travail. La direction de l’entreprise parle, elle, de «129 personnes licenciées au maximum». Les chiffres qui apparaissent dans la décision officielle seraient dus à «un problème technique, informatique, côté Direccte», dans un logiciel que la direction de Cargill «n’a pas pu modifier». Du côté des syndicats, on accuse la direction de vouloir «aplatir les chiffres».
«Cargill veut augmenter sa profitabilité»

La décision n’a pas surpris les salariés. Leur avocat, Fiodor Rilov, a déjà exprimé son souhait de suspendre le PSE en saisissant le tribunal administratif et le tribunal judiciaire de Lille. L’objectif ? «Faire interdire l’envoi des lettres de licenciement qui n’ont aucune justification économique valable.» Il continue : «Il n’y a pas besoin de faire d’efforts considérables pour comprendre ce qu’il y a derrière cette restructuration. Cargill veut augmenter sa profitabilité alors que c’est un groupe déjà très prospère.» Dorian Vallois, le délégué syndical CGT, abonde : «L’année dernière, on a même eu le droit à une participation aux bénéfices ! L’usine a fait un chiffre d’affaires d’environ 160 millions d’euros.»

Pendant le confinement, l’usine nordiste a continué de tourner pour fournir notamment des composants pour les poches de glucose utilisées dans les hôpitaux. «80% des salariés ont été appelés à venir travailler», avance Fiodor Rilov. Dorian Vallois se rappelle : «On a stoppé la procédure pour participer à l’effort national. On recevait des messages de félicitations de notre direction. On a pensé qu’on allait être sauvés… mais non.»

Aurore Briffod

Source: Liberation


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