Procès d'Hasan Altay: De 1 à 7 ans de prison pour quatre Tchétchèn

De 1 à 7 ans de prison pour quatre Tchétchènes impliqués dans un meurtre d'un Décinois

L’avocat général avait requis 15 ans de réclusion contre les quatre hommes accusés d’avoir causé la mort d’un père de famille décinois d’origine turque en 2017, balayant la thèse de la légitime défense. En face trois avocats réclamaient l’acquittement.

Il aura fallu quatre heures de délibérations aux jurés pour rendre leur verdict ce mardi soir. Elbek Kantaev, Artur Baissarov, Aboubakar Khadjimouradov et Rustam Isayev âgés d’une trentaine d’années, accusés de coups mortels sur Hasan Altay , un père de famille turc de 46 ans ont été condamnés à des peines individualisées : le premier a écopé de 7 ans d’emprisonnement, les trois autres d’un an pour « violences délictuelles ». Leur peine a été pour chacun assortie d’une interdiction de port d’arme d’une durée de 5 ans.

La question de la légitime défense

Dans la matinée, l’avocat général Tristan Boffard avait requis une peine beaucoup plus lourde et identique pour les quatre videurs de la soirée franco-turque (15 ans de réclusion criminelle) estimant qu’on était « dans une scène unique de violences » de 18 secondes où chacun a été actif, l’un immobilisant la victime, l’autre donnant des coups de couteau, le troisième des coups de madrier et le quatrième tenant les renforts à distance. « En participant tous, ils ont répondu au code de l’honneur tchétchène. Ces hommes ne respectent que la force ! ».

Les faits de la nuit du 1er  avril 2017 dans un local associatif à Saint-Priest révèlent « un monde parallèle souterrain, sans règles, du côté tchétchène comme du côté turc ». Un monde sans limites qui a abouti à la mort d’un homme pour une addition à régler. Peut-on invoquer la légitime défense ? Non, affirme le représentant du ministère public, jugeant que « la riposte n’était pas immédiate et disproportionnée ».
Trois accusés sont ressortis libres

« L’immédiateté ? Elle est incontestable ! », a asséné Me David Letiévant, l’avocat de Kantaev. « En 18 secondes, il y a eu trois coups de couteau d’un côté et trois coups de madrier de l’autre ! La riposte était proportionnée ! ». Avec son confrère Me Romaric Château, il a avancé un autre mobile que l’addition : il fallait sauver l’ex garde du corps Khadjimouradov qui était en danger de mort après avoir été poignardé à trois reprises à la tête et au flanc.

Roksana Naserzadeh, conseil de ce dernier, a plaidé l’acquittement pour son client, contestant le fait qu’il ait frappé la victime. Elle a campé le contexte de la soirée où les quatre Tchétchènes qui travaillaient au noir pour une misère avaient dû se défendre face...

Trois des quatre accusés sont sortis libres des assises ayant effectué pour deux d’entre eux près de quatre ans de détention. Seul Elbek Kantaev a été incarcéré.

Par Annie DEMONTFAUCON

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