Virus : l’Allemagne restreint les passages à la frontière françai

Virus : l’Allemagne restreint les passages à la frontière française

L’Allemagne va restreindre les passages à sa frontière en provenance de France, après avoir classé le département de la Moselle en zone covid à haut risque. Un test, PCR ou antigénique, avec prélèvement de moins de 48 heures, sera désormais obligatoire.

L’Allemagne a classé, ce dimanche, en zone à haut risque la Moselle, un des départements français les plus touchés par l’épidémie de covid-19, et va, en conséquence, renforcer ses contrôles dans la zone frontalière. « Le département français de Moselle sera considéré, à partir du 2 mars à 0 h, comme zone affectée par les variants » du virus de la covid-19, soit la catégorie la plus élevée dans l’échelle de risque en Allemagne pour le coronavirus, qui en compte trois, a indiqué, ce dimanche, le ministère allemand de la Santé.

16 000 travailleurs frontaliers concernés

Concrètement, un test, PCR ou antigénique, avec prélèvement de moins de 48 heures, sera obligatoire sans aucune exception à partir de ce mardi, à 0 h, pour pénétrer en Allemagne depuis la Moselle, a annoncé, ce dimanche, la préfecture de ce département, dans un communiqué. « Une obligation de déclaration électronique à chaque entrée sur le territoire allemand » sera également obligatoire, a ajouté la préfecture.

« Les frontaliers devront être en capacité de présenter une preuve papier ou électronique » en cas de contrôle en Allemagne, a-t-elle détaillé, invitant ceux qui travaillent en Allemagne « à s’adresser à leur employeur allemand pour qu’il fasse pratiquer le test » qu’ils pourront, le cas échéant, réaliser en France.

Les élèves scolarisés en Allemagne doivent, eux, « se renseigner auprès de leur établissement », a poursuivi la préfecture. Quelque 16 000 travailleurs frontaliers mosellans sont concernés par ces mesures.

La préfecture a également annoncé que « les entreprises publiques et privées de transports collectifs ne pourront plus franchir la frontière », bus et tram entre la Moselle et la Sarre étant « interrompus ».

Les modalités précises de mise en œuvre seront précisées ultérieurement, les discussions entre les autorités allemandes et françaises se poursuivant « afin que la vie quotidienne soit affectée le moins possible dans ce bassin frontalier étroitement interconnecté ».

Éviter toute fermeture des frontières

D’ores et déjà, il a été « convenu que les contrôles de ces nouvelles mesures » ne doivent pas créer « d’attente aux points frontières ». « Les autorités françaises et allemandes se sont accordées sur la nécessité d’éviter toute fermeture de la frontière et continueront à échanger dans les jours à venir pour évoquer tous les moyens possibles d’alléger ces restrictions », a indiqué la préfecture.

Pour l’entrée en France, a-t-elle spécifié, les règles restent inchangées. « Les personnes qui résident à moins de 30 km de la frontière et entrent en France pour moins de 24 heures, les personnes qui franchissent régulièrement la frontière pour leur travail et les chauffeurs routiers devront toujours présenter un document justifiant leur passage mais sont dispensés de l’obligation de test PCR de moins de 72 heures », a rappelé la préfecture.

« Je regrette cette décision allemande parce qu’elle implique un certain nombre de ralentissements, de difficultés aux frontières pour non pas des mouvements touristiques mais de travail », avait commenté, un peu plus tôt, sur France Inter, le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune. Le président de la région Grand-Est, qui inclut la Moselle, Jean Rottner, s’était dit, lui, « surpris » par une « décision extrêmement brutale ».

Pas de contrôles systématiques

Une chose est pourtant acquise : l’Allemagne n’a pas l’intention d’introduire à sa frontière avec la Moselle des contrôles de douane permanents, contrairement à ce qu’elle avait fait, au printemps 2020, au début de la pandémie à la frontière française, ce qui avait créé des tensions avec Paris et entre les populations locales.

Contrairement aussi à ce que Berlin a déjà mis en place, en février, avec la République tchèque et la Tyrol autrichien.

« La frontière ne sera pas fermée », avait indiqué, ce dimanche, un porte-parole du ministère de l’Intérieur, notamment car les régions allemandes limitrophes de la Moselle, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, ne l’ont pas demandé.

Les contrôles policiers doivent être aléatoires et à l’intérieur du territoire allemand dans la zone frontalière, a-t-il précisé.

Des critiques en Autriche

Les contrôles mis en place par l’Allemagne avec la République tchèque et la région autrichienne du Tyrol l’ont été pour les mêmes raisons que la Moselle : la crainte d’une nouvelle vague de contamination à la covid-19 liée aux variants britannique ou sud-africain du virus, ce qui a suscité des critiques en Autriche notamment mais aussi de la part de l’Union européenne.

La Commission européenne s’est ainsi émue de voir la libre circulation à l’intérieur de l’UE remise en cause et tente, depuis, de promouvoir une approche commune entre pays. À la frontière avec la Moselle, « il faut donner l’exemple et revenir à un dispositif plus allégé », a plaidé Clément Beaune, en arguant d’un « esprit franco-allemand coopératif » pour « éviter de revenir à ce qu’on a vécu douloureusement » au début de la pandémie.

Ce traitement privilégié a pourtant déjà suscité des commentaires amers du chancelier autrichien Sebastian Kurz.

« Il y a en Allemagne, en fonction des directions géographiques, des différences de rigueur en matière de règles à la frontière », a-t-il ainsi regretté, ce week-end, dans une interview au quotidien allemand Merkur.

« Il est tout à fait approprié en période de pandémie de tendre un filet de sécurité avec des tests, des masques, etc. Mais ce n’est, à mon avis, pas le cas pour des mesures qui mettent en danger le marché intérieur (européen), qui impliquent que les gens ne puissent se rendre sur leur lieu de travail ou que des familles soient séparées », a-t-il souligné.


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