Décès de Georges Monsonégo...

                                                  Communiqué de presse du des communistes du Bas-Rhin

C’est avec une profonde tristesse que je vous informe du décès de Georges Monsonégo dans sa 88ème année.

Au nom des communistes du Bas-Rhin, je salue la mémoire d’un camarade de haute valeur.

Son abnégation dans le combat pour la transformation sociale a été d’une constance absolue. Elle force le respect et l'estime de toutes les générations de militant-es communistes qu’il a côtoyées durant ses 69 années de militantisme au sein du Parti Communiste Français.
D'une modestie rare, sa douceur, son sens de la discussion, son brio intellectuel étaient alliés à une grande fermeté de principe.
Né en 1933 au Maroc, Georges y grandit, dans une société marquée par le racisme colonial à l’égard des populations dites « indigènes ». Une expérience de vie qui forgera sa conscience de classe pour l’émancipation humaine.

Lycéen, il rencontre Abraham Sarfaty, leader communiste indépendantiste, surnommé plus tard le « Nelson Mandela » marocain en raison de sa lutte opiniâtre contre Hassan II.
Etudiant à Bordeaux, Georges adhère au Parti Communiste Français en 1952 au plus fort de la guerre froide, dans un monde bipolaire rongé par le colonialisme.
C’est à cette époque qu’il rencontre Simone, sa future femme et notre camarade, avec laquelle il partagera 62 ans de vie commune.
Georges soutient son doctorat de Physique Théorique Nucléaire dans le laboratoire de Frédéric Joliot Curie à Orsay, avant son service militaire à Alger de 60 à 62.
En Algérie, Georges est mis à l’index par les services de l’armée en raison de ses opinions communistes. Fidèle à son engagement internationaliste, il entretient des liens clandestins avec les milieux œuvrant pour la paix et la décolonisation.

Après la guerre d’Algérie, Georges arrive à Strasbourg et peut enfin se concentrer sur sa passion : les sciences.
Georges devient directeur de recherche au CNRS en physique théorique et travaille au Centre de Recherche nucléaire de Cronenbourg.
Professeur d'université reconnu, Georges se spécialise pendant près de 20 ans dans le calcul intensif, un domaine scientifique utile au développement technologique. Il fonde et dirige le Centre de Calcul, laboratoire du CNRS de Strasbourg.

Georges est nommé délégué régional à la recherche et à la technologie, de 1981 à 1992, puis conseiller de différents ministres de l’Éducation et de la Recherche.
Il s'investit tout particulièrement dans la promotion des Contrats Etat-Régions et dans différents dispositifs de valorisation de la recherche en direction des PME. A cet égard, il instigue les Centres Régionaux de Recherche et de Transfert de Technologies.
Durant les années 80, il devient le porte-parole de la mobilisation, inégalée, de la communauté scientifique locale pour l'installation d'un synchrotron à Strasbourg et organise les Assises de la recherche et de la technologies en Alsace dont il rédige un Livre Blanc.
Très estimé bien au-delà du Parti communiste français, Georges est décoré de l'Ordre National du Mérite et de l'Ordre des Palmes Académiques en reconnaissance de ses contributions exceptionnelles en faveur du service public et de l’État.
Militant sur son lieu de travail, il dirige pendant plus de 10 ans la Section Universitaire qui regroupe 8 cellules PCF de l'université.
Nationalement, il est le proche collaborateur de Jean-Pierre Kahane et de René Leguen fondateur de l'UGICT CGT en charge de la Commission Nationale Sciences, Recherche, Technologie et Société avec qui il contribue à fonder le journal du Parti "Avancées".
Il est naturellement investi au sein de la Commission Nationale Enseignement Supérieur du Parti.

Membre du Conseil départemental de notre Fédération pendant près de quatre décennies, Georges est un esprit libre au regard vif, dont les apports politiques sont précieux.

En 2006, son engagement est également marqué par son investissement pour relancer une activité communiste dans la jeunesse de notre département, prélude à la relance de la JC, une première après plus de 20 ans.

Farouchement attaché à l’amitié entre les peuples, Georges s'investit jusqu’à son départ, comme représentant du PCF dans le comité de vigilance antifasciste Justice et Libertés.
Attaché au développement de l’esprit scientifique en ces temps où l’obscurantisme progresse, il relance activement l’Université Nouvelle, association d’éducation populaire, en 2015, marchant ainsi dans les pas de notre regrettée camarade Paulette Fischer.
Retraité en 2002, Georges nous conseille jusqu'à peu sur les questions politiques contemporaines, restant militant jusqu’à son dernier souffle.

A sa famille et singulièrement à son fils Pierre, à sa fille Hélène, je présente toutes mes condoléances, en mon nom et en celui des communistes de notre Fédération.

Fraternellement,

Hülliya TURAN
Secrétaire départementale


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