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Chine : Alibaba écope d'une amende de 2,78 milliards de dollars pour pratiques monopolistiques

 Le groupe de commerce en ligne a été accusé d'exiger l'exclusivité des commerçants souhaitant vendre leurs produits sur sa plateforme, en évitant ainsi les sites rivaux. L'amende correspond à 4% de son chiffre d'affaires de 2019.

Les autorités chinoises ont infligé au groupe de commerce en ligne Alibaba une amende géante de 18,2 milliards de yuans (2,78 milliards de dollars) pour abus de position dominante, ont rapporté ce 10 avril plusieurs médias chinois. Cette amende record représente presque trois fois le montant de près d'un milliard de dollars infligé à Qualcomm en 2015, selon Bloomberg. Elle fait suite à une enquête entamée contre Alibaba en décembre 2020, selon l'agence Chine nouvelle.

Alibaba a été reconnu coupable d'exiger l'exclusivité des commerçants souhaitant vendre leurs produits sur sa plateforme, pénalisant ainsi les sites rivaux de commerce en ligne. «Depuis 2015, le groupe Alibaba a abusé de sa position dominante sur le marché» pour obtenir un avantage injuste via l'exigence d'exclusivité, a précisé le régulateur. «Ce comportement a restreint la concurrence et l'innovation dans le secteur et a violé les droits et intérêts des entreprises et des consommateurs», a-t-il ajouté.

Le montant de la sanction a été déterminé après que les régulateurs eurent décidé d'infliger à Alibaba une amende correspondant à 4% de son chiffre d'affaires de 2019, soit 455,7 milliards de yuans, selon Chine nouvelle. «Nous acceptons sincèrement cette sanction et nous nous y conformerons fermement», a brièvement réagi Alibaba dans un communiqué. Le groupe s'est également engagé à mettre ses activités en conformité avec la réglementation «et à mieux assumer» ses «responsabilités sociales».

Tensions entre Jack Ma et Pékin

Alibaba et d'autres grandes entreprises de technologie chinoises font face à des pressions dans un contexte d'inquiétude croissante quant à leur influence en Chine, où les consommateurs utilisent ces plateformes de premier plan pour communiquer, faire des achats, payer des factures, réserver des taxis, contracter des prêts et toute une série d'autres tâches quotidiennes.

Alibaba, en particulier, fait l'objet d'un examen minutieux depuis octobre 2020. Son co-fondateur Jack Ma avait alors accusé les régulateurs chinois d'être en retard sur leur temps pour avoir exprimé leur inquiétude quant à l'expansion de la branche financière d'Alibaba, Ant Group, dans les domaines des prêts, de la gestion de patrimoine et de l'assurance. La Chine cherche à freiner l'endettement personnel et les prêts chaotiques, et l'importance grandissante de Ant – ainsi que plusieurs critiques publiques de Jack Ma – ont été considérées comme un défi à la sphère financière dominée par l'Etat central dans le pays.

Les géants du commerce électronique Alibaba et JD.com, ainsi que le colosse de la messagerie et des jeux Tencent, ont profité de l'essor du numérique dans la vie des Chinois et de l'interdiction par le gouvernement des principaux concurrents américains sur le marché intérieur pour devenir certaines des entreprises les plus cotées au monde. Mais en novembre 2020, les régulateurs chinois avaient stoppé in extremis une colossale introduction en Bourse à 34 milliards de dollars d'Ant Group, la filiale d'Alibaba pour le paiement en ligne, avant de lui ordonner de revenir à ses compétences premières de fournisseur de services de paiement en ligne.

Les actions des principaux acteurs technologiques ont souffert de l'intensification du contrôle des grandes plateformes technologiques. Le Wall Street Journal a rapporté en mars qu'Alibaba était également poussé à se défaire d'un large éventail d'actifs médiatiques, y compris une vente potentielle du South China Morning Post de Hong Kong.


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