Frida et Carilda, le pouvoir de leurs battements de cœur

Les deux artistes, à travers leur travail créateur, ont mis leur cœur à nu et développé une œuvre intime, car leur propre création fut liée à tout moment à leur vie respective.

Imparfaites, résilientes, rebelles, différentes comme elles décidèrent de l'être en des temps de machisme débordant, Frida Kahlo (1907-1954) et Carilda Oliver Labra (1922-2018) perpétuèrent ce 6 juillet comme le jour où naquirent deux femmes dont la force intérieure et la volonté de vivre suffirent à faire battre plus intensément le cœur de l'Amérique latine et du monde.
Les deux artistes, à travers leur travail créatif, ont mis leur cœur à nu et développé une œuvre intime, car leur propre création fut liée à tout moment à leur vie respective. Chacune exalta ses racines : l'une du Mexique, l'autre de Cuba.
Elles, que les amours brisées ne purent pas détruire, transformèrent leur douleur en art, leurs passions en art, leurs peurs en art. Dans les autoportraits de la Mexicaine passionnée par la bière et qui refusait de se raser les sourcils abondants et la moustache, et dans les vers de la Cubaine à l'allure altière et aux yeux qui n’’étaient que poème, on sent encore les vibrations d'existences marquées par les angoisses et les absences, les aventures et les naufrages.
Elles partagèrent également, sans s'en douter, le fait d'avoir redimensionné les manières de comprendre et de vivre la réalité féminine : Frida rompant avec les conceptions et les tabous qui existaient à l'époque sur la sexualité et les canons de beauté de la femme, tandis que Carilda était l'évocation même de l'érotisme, de ce mystère, de l'instant où « la chair devient âme », de cette santé colérique / avec laquelle la faim d'un autre corps nous tue.

Elles furent leurs propres muses. Elles, qui vécurent remplies d’amours et d’amants, irrévérencieuses, polémiques et authentiques, invitent les femmes à se rebeller contre l'hypocrisie qui entoure l'amour.  
Personne ne leur ressemble car elles ne furent jamais ce que les autres attendaient d’elles, c'est pourquoi il semblerait qu'elles aient brisé leur dimension temporelle pour vivre dans des temps qui sont encore à venir. Incomprises et attaquées par certains, admirées et vénérées par la plupart, elles sont considérées comme des mythes. Or, Frida Kahlo et Carilda Oliver Labra ne furent que des femmes sûres que le bonheur, c’est décider d’être heureux.
QUELQUES TEXTES de Carilda
Prélude lyrique, maisons et marché (1943)
Au sud de ma gorge (1949)
Hymne au drapeau, pliable (1950)
Hymne à Marti (1953)
Hymne à Matanzas (1955)
Mémoire de la fièvre (1958)
La poussière disparaît (1984)
Quatorze poèmes d'amour (1987)
Los huesos alumbrados (1988)
Sonnets (1990)
J'ai perdu un homme (1991)
Discours d'Eva, Anthologie poétique. Madrid, Hiperion (1997)
Avec l'encre d'hier (1997)
Sonnets (1998)
Cahier d'une jeune mariée (1998)
Une femme écrit. Éditions Matanzas. (2013)


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