Notre peuple ne permettrait jamais que ce pays redevienne une colonie

Notre peuple ne permettrait jamais que ce pays redevienne une colonie

Aujourd'hui, me semble-t-il, nous avons des idées assez claires sur la façon dont nous devons construire le socialisme, mais nous avons besoin de beaucoup d'idées très claires et de beaucoup de questions qui vous sont adressées, à vous qui êtes les responsables, sur la façon dont nous devons préserver ou sur comment sera préservé le socialisme à l'avenir.

Je vous demande à tous, sans exception, de réfléchir : un processus révolutionnaire peut-il être ou non irréversible ? Quelles seraient les idées ou le niveau de conscience qui rendraient impossible le renversement d'un processus révolutionnaire ?
Il est du devoir de tout stratège et tacticien révolutionnaire de concevoir une stratégie et une tactique qui mèneront à l'objectif fondamental de changer le monde réel. Aucune tactique ou stratégie qui désunit ne serait bonne.
Le monde a désespérément besoin d'unité, et si nous ne parvenons pas à concilier le minimum de cette unité, nous n'arriverons à rien.
J'ai beaucoup réfléchi au rôle de l'éthique. Quelle est l'éthique d'un révolutionnaire ? Toute pensée révolutionnaire commence par un peu d'éthique, par un peu de valeurs inculquées par les parents, inculquées par les professeurs, il n'est pas né avec ces idées, de même qu'il n'est pas né en parlant, quelqu'un lui a enseigné à parler. L'influence de la famille est également très grande.
Lorsqu'un peuple en arrive à la même disposition au sacrifice que n’importe lequel de ceux qui, avec loyauté et sincérité, tentent de le diriger et de le conduire vers un destin, cela n'est possible qu'à travers des principes, à travers des idées.
Aujourd'hui, me semble-t-il, nous avons des idées assez clairessur la façon dont nous devons construire le socialisme, mais nous avons besoin de beaucoup d'idées très claires et de beaucoup de questions qui vous sont adressées, à vous qui êtes les responsables, sur la façon dont nous devons préserver ou sur comment sera préservé le socialisme à l'avenir,
Je vous préviens que notre société sera en réalité une société entièrement nouvelle. Et dans cette course de fond, nous avons déjà pris de nombreuses longueurs sur ceux qui nous sont les plus proches. Il n'y aucun mérite à cela, le mérite revient à l'empire, la menace qu'il a fait peser sur nous était trop grande, de même que le défi qu'il nous a imposé. Les mérite est en eux, la seule chose que notre peuple noble, généreux, courageux et intelligent a faite est de répondre ; et aujourd'hui il répond, avec la grande force de nombreuses intelligences développées.

Les révolutions sont-elles vouées à s'effondrer, ou les hommes peuvent-ils faire en sorte que les révolutions s'effondrent ? Les hommes peuvent-ils empêcher ou non les révolutions de s'effondrer ? La société peut-elle ou non empêcher les révolutions de s'effondrer ? Je pourrais immédiatement ajouter une question : croyez-vous que ce processus révolutionnaire, socialiste, peut ou non s'effondrer ? Y avez-vous déjà pensé ? Y avez-vous déjà réfléchi en profondeur ?

Mais nous y venons – je suis venu, et  il y a longtemps – à nous poser cette question, face à cet empire tout puissant qui nous traque, nous menace, a des plans de transition et des plans d'action militaires, à certain moment historique.
Ils ont des tanks en quantité, et nous n'en avons pas de trop, aucun !  Toute leur technologie s'effondre, c'est de la glace à midi au milieu d'un parc surchauffé. Et de nouveau, comme lorsque nous avions sept fusils et peu de balles. Aujourd'hui, nous avons bien plus que sept fusils, nous avons tout un peuple qui a appris à manier les armes ; tout un peuple qui, malgré nos erreurs, est doté d’un tel niveau de culture, de connaissances et de conscience qu'il ne permettrait jamais que ce pays redevienne une colonie pour eux.

Fidel Castro Ruz

(Extraits du discours prononcé à l’amphithéâtre de l'Université de La Havane, le 17 novembre 2005)


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