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Automobile : des dizaines de milliers d'emplois seraient menacés par la voiture électrique en France

 D'après une étude d'un cabinet de conseil, la filière automobile française pourrait perdre de 15% à 30% de ses emplois en France d'ici à 2030 du fait de l'augmentation des ventes de la voiture électrique.

Se dirige-t-on vers une profonde crise du secteur automobile ? C'est en tout cas la conviction du cabinet de conseil AlixPartners qui vient de publier une étude, selon laquelle l'industrie automobile française pourrait perdre, en fonction des scénarios, entre 46 000 et 87 000 emplois d'ici à la fin de la décennie en raison de la transition accélérée vers les véhicules électriques. 52 000 emplois détruits dans le scénario privilégié par le cabinet de conseil comme le relève le magazine français consacré à l’automobile, L'Argus.

Selon le cabinet de conseil, les véhicules électriques et hybrides rechargeables pourraient représenter 70% du parc automobile français d'ici à 2030.

L'étude commissionnée par La Plateforme Automobile (PFA), une organisation qui regroupe l'ensemble des acteurs de la filière automobile, affirme que les effectifs de l'industrie de la voiture pourraient diminuer en dix ans de 15 à 30 % en France. Selon PFA, la filière automobile représente aujourd'hui 400 000 emplois en France.

L'étude montre par ailleurs que les constructeurs français font face à un dilemme : d'un côté, la demande des véhicules électriques qui ne cesse d'augmenter. De l'autre, le fait que le coût de production des composants d'une voiture électrique reste en moyenne 59% plus élevée que celui d'un véhicule doté d'un moteur à combustion.

Pour rester compétitif, les constructeurs automobiles français pourraient donc être amenés à «internaliser» la production de nombreux composants qui sont aujourd'hui fabriqués par des équipementiers tiers. Afin de limiter les coûts, cette production serait délocalisée dans des pays où la main d'œuvre est moins chère qu'en France – d'où les pertes d'emplois dans l'Hexagone.

Selon AlixPartners, les sous-filières les plus exposées sont le décolletage, l'emboutissage, la forge, le caoutchouc et la fonderie aluminium – filières qui sont déjà en grande difficulté. Par exemple, en juin dernier, la fonderie MBF Aluminium de Saint-Claude (Jura) a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Dijon, entraînant la suppression de 270 postes en CDI, ainsi qu'une trentaine d'emplois intérimaires et de CDD.

La filière automobile française pourrait se développer en investissant dans les secteurs porteurs liés à la voiture électrique

Si le tableau dépeint par AlixPartners est assez sombre, les experts du cabinet de conseil sont d'avis qu'il existe une «opportunité de rebond» pour l'industrie automobile française.

Pour réussir cette transition vers la voiture électrique, la filière automobile française devra, toujours selon cette étude, attirer «des investissements massifs dans les nouvelles chaines de valeur» (batteries, électronique de puissance, hydrogène, connectivité et services associés, économie circulaire, infrastructures de recharge). Toujours selon le cabinet de conseil, les pouvoirs publics devront aider les entreprises et accompagner les salariés affectés pour qu'ils puissent se reconvertir dans un autre secteur.

Les ventes de véhicules électriques en France ont triplé au cours des deux dernières années. En juin 2021, les véhicules électriques et hybrides rechargeables représentaient près de 16% des immatriculations de véhicules légers en France, pour un total de 620 000 véhicules électrifiés roulant sur les routes françaises.


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