Europol sommée de détruire des milliards de données personnelles

Europol sommée de détruire des milliards de données personnelles

 L'Union européenne veut-elle éviter un scandale similaire à celui de la NSA ? Le CEPD donne un an à Europol pour effacer des milliards de données personnelles sur des citoyens n'ayant pas commis de crime.

Dans une décision rendue le 21 décembre, mais publiée le 10 janvier, le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) a demandé à l'agence Europol de supprimer ses pétaoctets (10 puissance 15 octets) de données sur des individus n'ayant pas commis de crime.

L'agence Europol est vouée à la lutte contre le crime organisé et les activités terroristes dans les Etats de l'Union européenne (UE).

Les données visées par le gendarme européen de la vie privée sont surtout issues de failles de sécurité exploitées sur des services de téléphonie cryptée, mais également dans le cadre d'investigations et dans le cadre de l'exploitation de données au sujet des demandeurs d'asile qui n'auraient pas commis de crime, selon les informations du Guardian.

Objectif : éviter un scandale à la NSA ?

Selon l'analyse du site spécialisé Gizmodo.com, Europol est actuellement soupçonnée de construire une gigantesque base de données dans une démarche similaire à celle de l'agence américaine de la NSA, elle-même éclaboussée par le scandale des révélations d'Edward Snowden en 2013.

Le CEPD accorde donc une année à Europol pour se mettre en conformité avec sa décision : l'agence aura encore le droit de récolter des informations relatives à des personnes n'ayant pas commis de crime, mais elle ne pourra plus les stocker de manière indéfinie et respecter un droit à l'oubli au bout de six mois.

Le CEPD a également fait savoir qu'il avait tenté de négocier avec Europol pour développer une stratégie décidée en concertation, mais les deux agences ne sont pas parvenues à un accord, ce qui a mené à cette décision unilatérale de la part du contrôleur au pouvoir indépendant de l'UE.


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