Grèce : vingt nouvelles arrestations dans une affaire de fraude aux subventions agricoles européennes
L’enquête concerne le détournement de subventions agricoles de l’Union européenne à des agriculteurs grecs, pour un préjudice estimé à plus de 19 millions d’euros. En octobre, des dizaines de personnes avaient déjà été arrêtées dans tout le pays.
La police grecque progresse dans le dossier du détournement présumé de millions d’euros de subventions agricoles européennes dans le pays. Après une première vague d’interpellations, en octobre 2025, elle a annoncé, lundi 25 mai, avoir procédé à vingt nouvelles arrestations en Crète.
L’opération policière a débuté lundi matin dans la région d’Héraklion, chef-lieu de l’île, mais aussi dans les villes moins peuplées de Réthymnon et Lassithi. Parmi les personnes interpellées figurent deux comptables et trois responsables de centres de gestion des demandes de subventions agricoles dans l’île.
Si l’enquête préliminaire avait estimé que le préjudice global s’élevait à plus de 19 millions d’euros, le montant de la fraude dans ce volet est évalué à trois millions d’euros, selon la police. Dans cette affaire, un grand nombre de dossiers litigieux concerne, en effet, la Crète, plus grande île du pays, où l’agriculture est, avec le tourisme, l’une des principales activités économiques.
Le camp de Kyriakos Mitsotakis éclaboussé
L’an dernier, le parquet européen avait annoncé enquêter sur une fraude « massive et systématique » et des « activités de blanchiment d’argent » en lien avec l’octroi de subventions agricoles de l’Union européenne à des agriculteurs grecs. Onze députés, tous affiliés à la Nouvelle Démocratie (ND), le parti du premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, ont depuis vu leur immunité levée dans le cadre de ces investigations.
Le scandale a conduit le gouvernement à annoncer la dissolution de l’organisme chargé du versement des aides agricoles européennes, l’Opekepe, par le biais duquel les fonds européens ont été détournés. Trois ministres et plusieurs vice-ministres du gouvernement de M. Mitsotakis ont, par ailleurs, été contraints de démissionner.
Le Monde avec AFP








