Blocage des lycées : Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, défend sa présence auprès des mobilisés
Interrogé sur la légitimité de sa présence sur les lieux de blocage d’établissements de sa ville, où il s’est rendu en début de semaine, l’édile a défendu, sur Franceinfo, son rôle lors de tels événements.
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (La France insoumise, LFI), a justifié, jeudi 1er octobre, sa présence auprès des lycéens mobilisés dans sa ville, estimant que « c’est la place d’un élu » d’être présent, en réponse aux accusations d’instrumentalisation politique du mouvement de la part de l’exécutif et des opposants au parti.
Interrogé sur la légitimité de sa présence sur les lieux de blocage d’établissements de sa ville, où il s’est rendu en début de semaine, l’édile a défendu, sur Franceinfo, son rôle lors de tels événements « comme quand il y a des sans-papiers qui sont concernés (…). Comme je l’étais d’ailleurs dans les grandes mobilisations pour le service public », a-t-il ajouté, assurant que sa « responsabilité en tant qu’élu » est « d’apprécier l’ensemble quasiment de la population, les lycéens en font partie. » L’élu s’est rendu lundi et mardi au lycée Paul-Eluard de sa ville, dont une partie du portail principal a été renversée lors des actions de blocage.
Jeudi, cet établissement était « exceptionnellement fermé » pour la journée, a déclaré l’équipe de direction dans un courriel adressé aux élèves et aux personnels et consulté par l’Agence France-Presse (AFP). « Cette mesure vise à garantir les meilleures conditions de sécurité pour l’ensemble de la communauté scolaire et à permettre la finalisation des travaux de remise en état du portail principal », est-il précisé dans ce courriel.
« Appel au calme »
Mercredi, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a saisi la justice contre Bally Bagayoko pour « des faits présumés de provocation à commettre un délit », entendant dénoncer, selon son entourage, « les propos » et « l’attitude » de l’édile, « susceptibles de contribuer à banaliser, auprès des jeunes mobilisés, des comportements violents ou des dégradations ».
Il y a eu « des violences qui ont été commises » de la part des forces de l’ordre, s’est défendu le maire de Saint-Denis sur Franceinfo, jeudi. « Moi-même, j’ai été aspergé de gaz lacrymogène » en début de semaine, a-t-il dénoncé, demandant aux autorités d’« appeler au calme ». « Calmer, c’est aussi (…) passer des consignes précises à la police nationale », a-t-il estimé.
Le mouvement de contestation lycéen, qui a débuté la semaine dernière, a pris une dimension politique à sept mois de l’élection présidentielle, avec un bras de fer opposant le gouvernement et LFI. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a dénoncé lundi sur le réseau social X une « surenchère irresponsable » d’élus de LFI qui « appellent à étendre » le mouvement de blocage des lycées. Le leader « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, a reproché à l’exécutif d’avoir « ordonné la répression ».
Le Monde avec AFP








